‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 196 sur 202 · II · texte numérisé non relu

II

parmi les précieuses peintures de M. Schneider. L'un et l'autre sont peints d'une touche attentive , et ils ont beaucoup de puissance et de relief, sans avoir encore ces rudes épaisseurs qui ont rehaussé plus tard toutes les lumières du peintre. Cependant le portrait d'Elison est traité d'une main plus virile que le portrait de sa femme. Celui-ci. d'un faire souple et fondu, réunit la fermeté qui accentue les plans à la finesse qui adoucit les passages. La fraise empesée projette sur le visage des reflets qui le font encore mieux tourner, et le chapeau à grands bords couvre le front d'une légère ombre qui, étendant son voile sur les yeux, prête une certaine poésie au regard, et sauve ce qu'il y a de vulgaire dans la physionomie du modèle , et de peu attrayant. Comme il sied à la femme d'un ministre de l'Église anglicane, la dame Elison est vêtue de noir. Son mari, qui est également tout en noir, n'a sur la tête qu'une calotte. Il porte une grande barbe grise et blanche, qui donne un peu de distinction à sa tête courte et massive. Une main sur sa poitrine, il dirige sur le spectateur des yeux pleins de pensées, et il semble lui faire une exhortation pieuse. 11 est assis dans un fauteuil en forme de pliant. Près d'une table sont des livres ouverts et d'autres posés sur la tranche. Ces vieux livres usés , ces manuscrits fatigués par l'étude, sont modelés comme ils doivent l'être par un peintre d'histoire, sans minutie, mais avec une vérité

admirable, qui indique les cassures du parchemin, les froissements, les plis du papier, et l'impression, et l'écriture. Il va sans dire que ces accessoires n'ont qu'une importance modérée, et qu'ils laissent triompher* la tête vivante du personnage et ses mains déjà ridées, mais chaudes, halitueuses, détachées de la toile.

Galerie de feu M. de Pourtalès-Gorgier. — Portrait d'homme. Il est vu jusqu'aux genoux, presque de face. Il a la tôle couverte d'un chapeau à larges bords, et sur son pourpoint de soie noire, enrichi d'aiguillettes, se détache une grande collerette de dentelles. La main gauche avancée et le mouvement du personnage, qui paraît se lever de son siège, indiquent un homme qui parle ou qui va parler. Le portrait vient du cabinet de lord Ashburnam, dit le Catalogue; il a été photographié dans l'ouvrage publié, chez Goupil, sur la Galerie Pourtalès.

Collection de M. le baron James de Rothschild. — Le Porte-drapeau. C'est sans doute celui que nous avons décrit à la page 430 du présent volume, comme ayant appartenu à Georges IV et à lady Clarke. L'exécution est fière jusqu'à la brutalité. On est saisi et comme heurté par cette peinture violente.

Portrait d'homme, en bonnet et assis. Il retourne fièrement la tête.

Portrait de vieille femme. Elle est assise; la tête penchée, éclairée par des reflets, et peinte avec beaucoup de force, quoique dans les tons clairs. Sans nom ni date. M. de Rothschild l'avait acheté à la vente du cabinet Périer. Il en a orné son château de Boulogne, et c'est, dit-on, la perle de cette richissime demeure.

Galerie de M. Lacaze, rue du Cherche-Midi. — Bethmbëe. C'est le même tableau à peu près que nous avons décrit comme appartenant à M. Van Steingracht, de la Haye; mais, dans celui de M. Lacaze, les figures sont de grandeur naturelle.

Il existe aussi deux portraits de KembrandtchezM.le baron Seillière, où nous les avons vus il y a six ans ; mais n'ayant pu les revoir tout récemment, nous nous abstiendrons de les décrire, dans Ja crainte de faire erreur.

Pour ce qui est de la province , on n'y connaît guère de morceaux bien authentiques de Rembrandt, sauf une Tête de jeune fille envoyée par M. Perret à l'exposition de Marseille, en 1862 , et mentionnée dans les Trésors d'art de la Provence, dont l'intelligent auteur est M. Marius Ghaumelin 4.

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