C. Barbus
Haud amplius deprsedico illius dotes, Quas aemulor, frustraque persequor versu.
Ce portrait se rencontre rarement, surtout beau d'épreuve, parce que la gravure en étant peu profonde n'a pu tenir longtemps à l'impression. C'est au velouté des barbes et à la saleté du fond de la planche, particulièrement dans les coins, que se reconnaissent les premières épreuves1.
Hauteur, 0,277; largeur, 0,181.
BARTSCH, 280. CLAUSSIN, 277. WILSON, 282.
1. Wilson dit au sujet de cette planche que la plus belle épreuve qu'on en connaisse était celle que possédait lord A.ylesford. Il ajoute que cette épreuve avait appartenu à Sylvius lui-même, et qu'elle était passée des
Voici ce que nous savons, du reste, des diverses phases du ministère de Jean Corneille Sylvius. En 1593, il devint proponent, et fut appelé à ïiemmarum et à Firdgum ; en 1597, à Balc et à Harich; l'année suivante à Minnertsga ; en 1602, il passa à Sloten en Frise, et deux ans après à Sloten en Sloterdijck. C'est en 1610 qu'il fut ministre prédicant dans les églises d'Amsterdam ; il avait commencé les fonctions de son ministère à l'hôpital de cette ville. Il y mourut à l'âge de soixante-quatorze ans, en 4638, quatre ans après le mariage de sa cousine avec Rembrandt.
D'après ce que nous avons dit à l'article précédent, c'est le second portrait de Jean Corneille. Projetant
mains de sa famille dans celles de M. de Bosch, à la vente duquel elle fut achetée par Josi. Mais il est impossible qu'une épreuve du second portrait de Sylvius lui ait appartenu à lui-même, car ce portrait fut gravé par Rembrandt de souvenir, ou peut-être d'après une peinture, sept ans après la mort de Sylvius. Quoi qu'il en soit, nous dirons un mot ici de la collection de lord Aylesford, dont nous avons parlé en plusieurs endroits de cet ouvrage. Bien des fois nous avons entendu des amateurs demander le catalogue de la vente Aylesford, et nous-mème nous l'avions longtemps cherché; mais nous avons su enfin que la vente de cet amateur n'avait jamais été faite publiquement. L'œuvre de Rembrandt seul, et il était bien loin d'être complet, fut vendu par lord Aylesford pour la somme de trois mille livres sterling (75,000 francs) au fameux marchand d'estampes Woodburn, celui-là même dont la vente s'est faite à Londres au mois de juillet 1854.
Croirait-on que cet habile marchand, qui était aussi un fin connaisseur, revendit à M. Holford, pour trois mille cinq cents livres sterling, dix-sept pièces seulement de l'œuvre de lord Aylesford! Parmi ces pièces se trouvait une épreuve du Juif à la rampe avec la bague noire. Il importe d'ajouter que M. Holford est trente ou quarante fois millionnaire.
l'ombre de sa tête et de sa main sur les bords de la fenêtre ovale qui l'encadre, ce portrait semble sortir de l'estampe ; mais ce n'est pas seulement par l'énergie du clair-obscur et par la délicatesse du travail qu'il est supérieur au premier, c'est par un sentiment admirable d'humilité chrétienne et d'onction, qui semble traduire ces mots gravés sur le cadre : Spes mea Chris tus.