Rembrandt avec une éc harpe autour du cou
C'est un buste dirigé vers la gauche; mais la tête est retournée vers le spectateur et vue presque de face; elle est coiffée d'une toque un peu penchée sur l'oreille droite. Il porte autour du cou une écharpe qui lui pend derrière le dos. Il est couvert d'un vêtement remarquable par une petite aiguillette attachée sur l'épaule gauche. La tête est dans l'ombre; la lumière vient delà droite. Au bas de l'estampe est ménagée une marge d'environ 12 millimètres, dans laquelle on lit vers la gauche : Rembrandt . f. 1633.
Ce portrait n'est pas rare, si ce n'est dans les toutes premières épreuves. On en connaît quatre états.
Premier état, extrêmement rare. La planche a 11 millimètres de plus sur la hauteur et 13 millimètres de plus sur la largeur. On n'y voit ni le nom ni l'année; le bonnet seul est très-fini et contraste avec l'inachevé du reste de l'estampe, qui est légère et blonde. Il n'existe à notre connaissance qu'une seule épreuve de ce premier état. Elle est au Musée d'Amsterdam.
Deuxième état. Ce qui le distingue du premier, c'est que la planche est réduite aux dimensions de 132 millimètres en hauteur
au lieu de 143, et de 103 millimètres en largeur au lieu de 11 G. Cet état est aussi rare que le premier. Nous ne l'avons vu ni à Amsterdam, ni à Londres, ni à Paris. Nous le décrivons sur le témoignage de Bartsch, de Claussin et de Wilson.
Troisième état. Le nom de Rembrandt et l'année 1 633 ont été ajoutés dans la marge du bas.
Quatrième état. La planche, qui se trouve encore dans le commerce, a été assez rudement reprise, principalement au visage et sur le bonnet.
Hauteur, 0,132; largeur, 0,103.
BARTSCH, 17. CLAUSSIN, 17. WILSON, 17.
Quand on regarde ce portrait dans les épreuves ordinaires, on le trouve d'un travail dur et grossier ; mais dans les épreuves anciennes, lorsqu'elles ne sont pas trop essuyées, il présente un excellent effet de clair-obscur; le visage, quoique tout entier dans l'ombre, s'y modèle avec beaucoup de relief, de rondeur et de chaleur. L'expression de la tête est celle d'un bandit, et si elle ressemble un peu à Rembrandt, c'est que ce peintre avait l'habitude d'observer dans sa propre figure les innombrables variantes de la physionomie humaine.