‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 101 sur 155 · FAISAN · texte numérisé non relu

FAISAN

Il faut lui tirer à force de sympathie les paroles une à une, ou connaître à peu près d'avance tous les détails qu'on vient lui demander, Un observateur superficiel le prendrait pour un homme aigri, égoïste et dissimulé ; loin delà, c'est tout simplement une nature forte, loyale et pudique, ennemie des discours inutiles, fléaux de notre temps. Il cause quand il lui plait avec beaucoup de facilité, de tact et de netteté, et il saurait railler à l'emporte-pièce, si sa bonté naturelle ne le retenait dans les bornes de l'ironie, Je crois que, poussé à bout, il serait implacable et terrible comme un homme sans peur et sans reproche qui met toujours le droit de son côté. Caractère libre, intègre et désintéressé; observateur, naïf, studieux et profond; praticien consommé dans les procédés de l’art, savant naturaliste, homme sensible et non sentimental, invinciblement convaineu de sa valeur, mais supérieur à toute vanité; n'ayant rien de léger dans ses affections et n'oubliant jamais ni amis, ni ennemis; bienveillant pour autrui et dur envers lui-même : voilà

Barye. »

A la suite de ce portrait très étudié, je livre toutes vives à l'impression dans

leur pittoresque prime-sautier ces notes qu'a bien voulu me communiquer M. A, Jac-

quemart, l'éminent statuaire qui à travaillé avec Barye et vécu dans son intimité « Physiquement, il était grand, élancé, quoique solidement charpenté, beaucoup de tenue, presque élégant et rasé de près. « Il avait le front découvert, les mâchoires puissantes, le menton plein et énergique, la bouche grande, mince, et serrée ; la lèvre inférieure débordant un peu à droite, dans une contraction devenue habituelle même au repos, l'œil tou-

jours à l’affüut. Cet organe, que j'ai souvent observé chez lui pendant le travail,

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