DROMADAIRE HARNACHÉ
Un artiste a souffert de la tradition classique conservée par l'Académie ; il a lutté contre elle, ne ménageant pas les sarcasmes, proclamant son dédain, affirmant sa volonté bien arrêtée de ne jamais pénétrer dans ce foyer de réaction, de préjugés et de partis pris. Mais, mis en lumière par une série de ces succès qui font une renommée, ayant mérité et obtenu bien des honneurs, entouré de cette considération universelle qui, pour les vivants, est plus que la célébrité, déjà presque la gloire, il ne refuserait plus, au soir de la vie, d'entrer à « l’ermitage ». Il se laisserait bien donner, le cas échéant, la consécration dernière :
l'Académie. Il deviendrait ainsi l'égal de ceux vis-à-vis de qui, aux yeux du
publie, il est en situation d'infériorité. Puis l'artiste a grandi, et le voilà maintenant de taille d'atteindre les raisins qui ne sont plus verts.
Barye à l’âge de soixante-dix ans fit comme les autres : s'il manquait à l'Institut, l'Institut lui manquait. Il céda aux instances de ses amis, et se présenta pour succéder au sculpteur Jalais. Le 14 juillet 1866, l'Académie des beaux-arts
entendait la lecture de cette lettre de Barye posant sa candidature :