‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 120 sur 155 · TIGRE MARCHANT · texte numérisé non relu

TIGRE MARCHANT

le temps pressait. Que faire dès lors? Barye vissa sous le socle des petites barres

d'argent de grosseur suflisante pour obtenir le juste poids.

Quelques années plus tard, à la mort de M. de Lagrange, il fut procédé à la

vente des objets d'art dont son écurie l'avait gratifié. Le lion en argent se trouva au

nombre de ceux qui passèrent sous le marteau du commissaire-priseur. L'acquéreur! de cette pièce unique s'en fut trouver Barye qu'il connaissait personnellement et lui fit part du résultat des enchères.

« Les barres y sont-elles encore? » demanda Barye au premier mot. Et comme

4. Cet acquéreur était M. Lucas qui, bien que de nationalité américaine, est passionné d’art français, et en particulier de Barye, au génie duquel il a voué une sorte de culte. II a beaucoup connu le grand statuaire et possède une admirable collection de ses plus belles œuvres. C'est lui qui m'a conté cette anecdote, ainsi que beaucoup d'autres : il a bien voulu me communiquer de nombreux renseignements, m’autorisant à reproduire plusieurs bronzes. Les lettres que j'ai citées m'ont été prêtées par lui. Je me fais un devoir de lui exprimer ma très vive reconnaissance.

Le Lion qui marche, en argent, appartient actuellement à M. Walters de Baltimore, le grand admirateur de Barye, on portrait par Bonnat et a fondé la galerie Corcoran, au Musée de Washington, composée

qui a fait exécuter des œuvres de Ba

le visiteur ne comprenait pas la question, il fut mis, séance tenante, au courant de l'aventure. Rentré chez lui, il s'empressa de vérifier si les barres y étaient toujours : on n'y avait fait nulle attention, peut-être avait-on cru qu'elles avaient un but pratique de solidité?

L'année 1866 causa à Barye un désappointement qu'il ne dut complètement oublier que deux ans après.

Suivant un proverbe, le diable devenu vieux se fait ermite :

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