‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 44 sur 155 · PRE SERRE PR ST RER · texte numérisé non relu

PRE SERRE PR ST RER

En somme, cette première année de Salon avait été bonne pour Barye. Il ne pouvait se plaindre ; il n'avait pas de raison de partager les lyriques indi-

gnations de Gustave Planche, et les théories égalitaires de M. Schæœlcher ne

pouvaient le toucher qu'agréablement par leur conclusion. Les jugements louan-

geurs où acerbes qu'il provoqua l'avaient tiré, en quelques mois et pour toujours,

de cette mas

d'indifférence lourde contre laquelle se débattent tant de prédestinés. Il n'était peut-être pas devenu populaire auprès du « bon publie » lent à comprendre. Mais tout ce qu'il y avait de connaisseurs, d’intéressés d'arts, avaient été attirés à lui par la nouveauté de son talent,

La preuve manifeste de son succès, on la trouve dans la commande qu'il reçut du portrait du roi. J'extrais cette note parue dans le journal /'Aruiste : «M. Barye est chargé du buste du roi, M. Antoine Moine de celui de la reine. Ces deux ouvrages feront partie de l'exposition de 1832. »

Jusqu'alors les expositions n'étaient pas régulièrement annuelles. Louis- Philippe, à la séance de la distribution des récompenses de 1831, avait fait des promesses formelles pour modifier cet état de choses.

« Le roi a ensuite pris la parole, dit un document officiel, et annoncé qu'animé constamment du désir de favoriser les arts et de contribuer à soutenir la gloire de l'École française, il avait ordonné que, dorénavant, l'exposition publique des objets d'arts au Musée aurait lieu tous les ans.

« À peine S. M. avait proféré ces paroles que les cris de Vive le roi ! se sont fait entendre dans toutes les parties de la salle. Le roi s'est retiré au

milieu des acclamations réitérées des artistes et de toute l'assemblée !. »

1. En conséquence de cet ordre du roi, M. le directeur général des Musées, dans un avis inséré au Moniteur du 20 août 1831, a prévenu MM. les artistes que l'exposition publique de leurs productions aur les ans dans le palais du Louvre, à l'époque du 1° avril.

Le

1! n’en sera admis aucun pendant le cours de l’exposition, dont la duré

lieu désormais tous

ouvrages sans aucune exception devront être déposés à la direction du Musée du 20 février au 1° mars.

sera de deux mois. (Annales du Musée des beaux-arts et Landon.) La mesure était nouvelle : elle ne devait pas être appliquée encore en 1833.

On sait ce qui arriva : le Salon de 1832 ne devait pas s'ouvrir, La faute er fut à l'épidémie du choléra qui sévissait alors. Le 15 avril, malgré une protestation d'une partie de la presse, une note du directeur des musées rovaux informait « le public et MM. les artistes que l'exposition annoncée pour le 1% mai était ajournée. »

Mais une autre exposition organisée par « M. Paillet au profit des indi-

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