AIGLE SUR ROCHERS, TENANT UN HERON
dun
de bronze de plus de vingt mètres, les ailes déployées et représenté comme s’abattant, à bout de vol, sur un amas de trophées, de canons, d’écussons de villes, de dépouilles opimes, devait couvrir le sommet de l'arc de triomphe. Le roi et M. Thiers accucillirent avec enthousiasme ce beau projet. »
Cette description mieux que les autres me semble donner l'impression d’une œuvre de Barye. J'inclinerais donc à la croire exacte. Toutefois il ne s'ensuit pas que l'idée de l'aigle doive être attribuée à Barye.
On sait que M. Thiers avait à cœur l'achèvement de l'arc de triomphe. N'appartenait-il pas à l’auteur de l'Æistoire du Consulat et de l'Empire de rendre hommage aux gloires impériales? Étant ministre, il s'occupa avec ardeur de la décoration
de ce monument, Il se mit en rapport avec bien des artistes, les consulta, leur fit
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des ouvertures, € promettant, dit Gustave Planche, le même trophée, le même
bas-relief, le même couronnement à douze sculpteurs, qui tous devaient le croire
sincère, et dans cette loterie, les travaux ne furent pas échus aux plus capables. »
A propos de Gustave Planche, on ne peut s'empêcher de sourire en lisant
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aujourd'hui le jugement qu'il porta sur la Harseillaise de Rude, ce chef-d'œuvre
de tous les temps : « Quant au génie de la guerre qui pousse le cri d'alarme et désigne l'ennemi du bout de son glaive, il m'est impossible d'y voir autre chose qu'une femme des halles, que la colère suffoque et dont les cris inarticulés ne sauraient encourager personne, sa bouche hideuse et tournée est ignoble sans être terrible’. » S'il revenait dans ce monde, que donnerait Gustave Planche pour n'avoir pas écrit cela ?
Mais revenons à M. Thiers. Sait-on l’idée pour le moins étrange qui hanta ge q
son esprit? IL avait imaginé de confier les groupes de l'arc de triomphe à Rude
et à Barye. Jusqu'ici, il n’y a rien d’extraordinaire en vérité. Il fit donc venir ce
dernier, et lui proposa de partager le travail avec Rude,
Barye acceptait d'enthousiasme, lorsque M. Thiers, s’expliquant plus claire-
ment, lui donna à entendre, qu'il n’exécuterait que les chevaux, et que Rude serait chargé des cavaliers ! On devine la réponse de Barye, et de quelle façon il dut accueillir un projet de collaboration qui semblait le confiner, qui le confinait dans une spécialité : il refusa net.
M. Thiers, toutefois, poursuivit son dessein d'employer le talent de Barye comme animalier ; et l'aigle étant l'emblème impérial, il n'est pas déraisonnable
de supposer que des offres furent faites sur cette donnée au statuaire.
1. Gustave Planche, Portraits d'artistes, tome 11, « Are de triomphe de l'Étoile », p. 129.
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IL ébaucha, dit Charles Blane, un aigle aux ailes déployées qui aurait eu vingt-trois mètres d'envergure, » Mais il dut chercher plusieurs esquisses dont il se servit plus tard pour ses œuvres personnelles, soit dans l'A igle tenant un héron, soit dans l'aigle les ailes étendues soit dans l'Aigle le bec ouvert. Puissants modèles, que le bronze reproduisit, et qui furent édités.
L'affaire traina en longueur, La commande ne sortit pas des pourparlers plus