L'Artiste. 183k, ibid
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« L’arc de triomphe de l'Étoile, objet de tant de projets différents, dit /A7— liste, exerce encore en ce moment l'activité des faiseurs du ministère. M. Thiers avait eu d’abord l'heureuse idée de donner pour couronnement au monument un aigle colossal, aux ailes déployées, tenant dans ses serres un trophée composé de divers animaux adoptés pour emblèmes par les nations que la France a combattues pendant vingt années. Cet aigle, qui ne devait pas avoir moins de soixantedix pieds d'envergure, aurait produit à cette hauteur un effet pittoresque, puissant et nouveau, en même temps qu'il aurait personnifié sous une forme déjà
populaire la gloire des armées impériales à laquelle ce monument est principale-
ment consacré. Cependant quoiqu'une esquisse demandée à l’un de nos statuaires eût été reconnue satisfaisante par le ministre, ce premier projet fut abandonné. »
D'autre part, nous trouvons dans le Magasin pittoresque" de l'année 1836 ce
renseignement : « Nous avons déjà 6té une fois l'écho d'un projet original présenté au gouvernement pour le couronnement de l’are de triomphe de l'Étoile. Sur ce
monument consacré à la gloire de l'empire, M. Barye proposait d'élever un aigle
colossal pressant sous sa serre victorieuse le léopard de l'Angleterre, le lion de la Castille, les aigles de Russie et d'Autriche, en un mot les emblèmes naturels de toutes les puissances que l'empire avait abaissées où soumises. On peut voir dans la cinquième livraison de notre année 1835 un autre projet de couronnement*. »
Enfin l'/nventaire des richesses d'art de la France donne cette troisième version : « Le sculpteur Chardigny s'était mis sur les rangs dès 1836, pour placer
au sommet de l'arc un aigle de soixante-dix pieds posé sur une demi-sphère aux
deux pôles de laquelle M. Albert Lenoir conseillait de représenter l'Orient et l'Occident. « L'Orient, écrit Chardigny, figuré sous les traits de l'Égypte vaincue par les armes françaises, l'Occident, représenté par les deux colonnes d'Hercule, limites de la terre, reliées par un vaisseau portant un trophée surmonté du caducée commercial, eussent rappelé ainsi le système continental soutenu par les armes. »
Il n'y à pas à insister sur cette élucubration allégorique dont la simplicité eùt
été le moindre défaut, mais nous voilà en présence de trois documents contradictoires.
L'auteur de la préface du Catalogue des œuvres de Barye exposées en 1875 à l'École des beaux-arts, M. A. Genevay, raconte que M. Thiers fit venir l'artiste
et lui demanda son programme : « Son plan, dit-il, fut bientôt arrèté : un aigle