‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 69 sur 155 · PSS TIR EST TT · texte numérisé non relu

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L'année suivante, en 1836!, figurait à l'exposition /e Lion et le Serpent de 1833 fondu en bronze par Honoré Gonon: « Nous devons féliciter la liste civile d’avoir fait couler en bronze ce chef-d'œuvre, dit /' Artiste, mais il nous fait peine de penser que cette main si habile, si hardie, si large dans ses mouvements est absorbée par quelque ouvrage de luxe qui sera caché aux regards publies et à ceux des artistes et perdu pour l'art. Quand on possède un talent comme celui de Barye, il faut travailler surtout pour le peuple, pour la civilisation nationale, pour l'histoire, il faut faire de la sculpture monumentale; c'est le devoir du gouvernement de ne pas détourner de sa direction un artiste si puissamment organisé, »

Parmi les comptes rendus du salon de 1836 qui lui furent consacrés, il en est un qui dut lui inspirer quelque fierté, c’est celui d'Alfred de Musset dans la Revue des Deux Mondes. Voici le passage du grand poète :

« Le lion en bronze de M. Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! ce lion rugit, ce serpent siffle. Quelle rage dans ce mule grincé, dans ce regard oblique, dans ce dos qui se hérisse ! Quelle puissance dans cette patte posée sur la proie ! et quelle soif de combat dans ce monstre tortueux, dans cette gueule affamée et béante ! Où M. Barye a-t-il donc trouvé à faire poser

de pareils modèles ? Est-ce que son atelier est un désert de l'Afrique, ou une

forêt de l'Hindoustan *? »

Me permettra-t-on de faire suivre cette citation de ces lignes éloquentes,

toutes chaudes d'enthousiasme écrites hier par 1

» peintre Bonnat à cinquante trois ans de distance *

« Regardez plutôt son groupe des Tuileries. Un lion passait, un boa lui barre le passage : la terrible griffe s'abat, et tandis que le serpent, pris comme dans un étau, se replie sur lui-même, éperdu de douleur, et dans un effort suprême essaye, mourant, de se venger, la puissante bête reste impassible devant son perfide ennemi : à peine si elle daigne détourner sa tête gigantesque et légèrement hérisser sa crinière, tout au plus oppose-t-elle un sourd grognement aux sifflements désespérés de son ennemi. Mais la griffe travaille, cette griffe

merveilleuse, et tout est là. Admirez-la, les poils se sont écartés, pour laisser aux

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