‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 68 sur 155 · Livret du Musée royal de · texte numérisé non relu

Livret du Musée royal de

BARYE, 4l, RUE DES NOYERS.

Sculpture.

2179. Un tigre en bronze. M. I.

« Ce tigre exécuté en pierre doit être à Lyon, et M. Thiers en possédait le bronze à cire perdue » A. Genevay.

2, L'Artiste, volume X.

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Barye, absorbé par le surtout du prince d'Orléans, ne donnait cette année-là qu'une œuvre, J'extrais ces lignes du compte rendu du Salon publié dans l'Artiste :

« Ce qui n'appartient pas à la petite sculpture, comme les statuettes et les médaillons, c'est la représentation des animaux vivants ou morts, M. Barye y excellait l'an passé, et surtout il y a deux ans; mais depuis ce temps-là, M. Barye n'a plus rien fait: il s'est endormi à côté de ses ours si charmants, à coté de ses lions dévorants. À l’Aeure qu'il est, il est occupé à faire un surtout de table, la belle avance! (sic) Pourtant M. Barye est dans une situation excellente pour faire de beaux ouvrages. Lui seul de ses confrères, soit hasard, soit bonheur, #7 #’étail pas au service du ministre de l'intérieur, il pouvait à son gré faire hennir les chevaux, faire courir les cerfs, faire dévorer la biche tremblante par le lion furieux ; M. Barye n'a rien fait de tout cela, »

Mais il livrait au public une œuvre passée inaperçue, et que l'on ne connait guère, encore qu'elle soit placée devant les regards de tous. Il existe en effet dans l'église de la Madeleine, à la première travée de gauche à partir du chœur, une chapelle qui contient une grande statue en marbre de sainte Clotilde. Combien de gens l'ont vue sans la regarder, et combien savent qu'elle est de zarye ? Oui, en 1835 il termina cette figure qui lui avait été commandée par le gouvernement, ce qui fit dire assez spirituellement à Gustave Planche :

« Un crocodile étouffant un serpent excite l'admiration ; l’auteur est chargé de modeler le buste du duc d'Orléans; un lion réunit tous les suffrages, on demande à l'auteur la statue de sainte Clotilde ! »

L'idée était bizarre en vérité; peut-on l'expliquer par le désir de démontrer la souplesse et la variété du talent de Barye ? Non, je crois plutôt qu'on trouvait plus digne pour l'État de commander une sainte qu’un animal,

Mais, à ce propos, on raconte que Barye avait sollicité lui-même la faveur d'exécuter dans une église la statue de la sainte dont madame Barye portait le nom. La promesse lui en avait été faite, mais ne put être tenue ; alors, Barye désappointé, mais n'osant répondre par un refus à la bienveillance de la Direction des beaux-arts, tailla dans le marbre cette figure, haute de huit pieds, avec un enthousiasme relatif, qui se voit de reste.

De l'œuvre elle-même que dire, en effet, si ce n’est qu'elle est honorable, correcte, qu'elle se soustrait à la critique, qu'il serait injuste d'en mal parler, qu'il est inutile de la vanter ; et qu'enfin si elle venait à disparaitre elle ne manque-

rait pas à la gloire de son auteur?

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