L'Artiste
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Deux pièces basses, qui se trouvaient de chaque côté de la pièce principale, devaient être surmontées de deux groupes de forme allongée. Le premier, qui
comprenait trois figures et sept animaux, représentait des cavaliers espagnols du
xv° siècle donnant la chasse à un taureau sauvage, à l'aide de dogues de grande race : c'était la Chasse au taureau. — Xe second, animé de deux figures et de cinq
animaux, mettait en lutte des cavaliers bédouins défendant un buffle blessé contre un lion et une lionne: c'était la Chasse au lion.
L'ensemble se terminait par deux groupes encore, mais de forme arrondie, placés sur les deux temples qui terminaient le surtout. Imaginez d’un côté deux Tartares montés sur des chevaux suivis de grands chiens mâtins, qui poursuivent et tuent des élans ; de l’autre, des chasseurs en costume allemand du xvi° siècle, livrant, avec des dogues, bataille à des ours, vous aurez la description sommaire de la
Chasse à l'élan, et de la Chasse aux ours.
« Heureux qui possède les C'Aasses de Barye! », disait Charles Blanc. Hélas ! où sont-elles? Elles ont été dispersées par les événements, ou dans le feu des enchères.
En 1863, M"° la duchesse d'Orléans vendait la galerie du due'. M. Barbedienne
possède quelques-uns des modèles, Je me suis rendu, en prévision de ce volume, au château d'Eu, où se trouve un fragment qui appartient à M. le comte de Paris, mais les autres bronzes courent l'Europe et même l'Amérique !
Je ne puis mieux faire ici que de céder la parole à Gustave Planche qui, témoin oculaire, a vu les cinq Chasses toutes ensemble le lendemain du jour où elles furent renvoyées de l'exposition et nous en à laissé une impression minutieusement exacte?
« Les sujets choisis par M. Barye, se distinguent à la fois par la richesse et par la variété... Dans le premier de ces groupes, la Chasse au tigre, les chasseurs indiens sont placés sur un éléphant, et brandissent le javelot, De chaque côté de l'éléphant, un tigre s’élance et monte à l'assaut, car la monture des chasseurs ressemble à une place forte. Une opinion généralement accréditée déclare l'éléphant éternellement laid, quelle que soit sa couleur et son âge. Je n’entreprendrai pas de le réhabiliter en le comparant au tigre, au lion, à la panthère ; ce serait pure folie. Il n’a certainement ni leur souplesse, ni leur élégance, et pourtant, quoi qu'on puisse dire, il a sa beauté propre, la beauté attachée à l'expression de la force, Pour traduire ce genre de beauté, il faut s'être préparé à cette tâche difficile par de solides études, il faut
1. M. Demidoff acquit la Chasse au tigre au prix de 4,100 francs, et la Chasse à l'élan, 4,900 francs. La Chasse à l'Ours, 7,100 francs. La Chasse au taureau fut adjugée à M. Lutteroth pour 4,500 francs, etla Chasse au lion 3,000 francs
à M. Montessier 1. Gustave Planche. Portraits d'artistes, volume 1, « M. Barye », p. 150. à 19
MUMNUNANUHN