‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 79 sur 155 · RER · texte numérisé non relu

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vie éternelle et tranquille, dans ce haut-relief grand comme un symbole, exact comme une expression de la nature elle-même! L'esthétique de la décoration sculpturale a là un de ses plus nobles exemples. De loin, comme de près, l'œil saisit la plénitude de la forme et l'intensité du sentiment, oui, je dis bien, du senti ment, car ce lion, qui semble faire le tour du piédestal d’un monument élevé à la mémoire de glorieux combattants, est bien, selon la belle expression de Charles Blanc, « l'image du peuple gardant ses morts ». Il a rugi hier ; aujourd'hui, il a conscience et fierté de sa mission.

«Il se détache en entier sur l'une des deux faces du piédestal; sa tête reparait dans les colliers qui partagent le füt de la colonne comme pour indiquer les trois journées glorieuses”, »

Quelle différence, quel chemin parcouru entre ce lion de la colonne de Juillet, et le Lion de 1833, ou le Tigre dévorant un crocodile de 1831. Comme le faire est devenu plus fort, plus large, comme le modelé est plus magistral! La solidité est la même, mais la souplesse est plus grande. Dans cet intervalle, que l'artiste a grandi!

La pose de la première pierre de la colonne de la Bastille eut lieu le 27 juillet 1831, et l'inauguration du monument le 29 juillet 1840. Mais l’œuvre si imposante de Barye lui causa, paraît-il, certaines tribulations au cours de l’exécution même. Due, l'éminent architecte du monument, usant de son droit de maitre de l'œuvre, lui demanda plusieurs modifications successives qui

eurent pour conséquence des repris

totales du travail, les proportions ne

semblant pas satisf

isantes. Après tout qu'importent ces dires? En présence du résultat, on ne peut qu'honorer et l'architecte qui a su indiquer, et le statuaire qui a su comprendre.

Les coqs qui sont aux quatre coins du piédestal sont de Barye également. Ils se perdent un peu dans l'ensemble de l'édifice à cause de l'exiguité de leurs dimen-

sions, exi

guité contre laquelle le statuaire protesta vainement. Il voulait en effet, et il était dans son rôle, que ses coqs fussent plus amples de silhouette. L'architecte resta dans le sien, en se refusant à augmenter l'importance de ce qu'il ne considérait

que comme un motif décoratif. Mais Barye, d'après des témoignages dignes de foi,

en fut peiné toute sa vie. A propos de la Bastille

» il parlait toujours avec regret de

ses coqs trop petits.

En cherchant des renseignements sur les circonstances de ce travail, j'ai

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