CAVALIER AFRICAIN SURPRIS PAR UN SERVENT
scène où la figure humaine joue un rèle. Figurez-vous un cavalier drapé dans un burnous dont le capuchon retombe sur sa tête; il est monté sur un de ces petits chevaux arabes, bêtes nerveuses et fines. Un énorme serpent à surpris cette double proie et, comme un cäble vivant, il s’est noué autour d'elle, De sa queue il enserre le cheval sous le ventre, et il monte droit, tout droit jusqu'à l'extrémité du groupe qui est Ja tôte du cavalier. Celui-ci, vu de face, se renverse en arrière ainsi que sa monture, mais il est saisi à la gorge par la gueule du monstre ; et la minute présente est celle qui précède la chute des trois êtres enchevètrés. Ce n'est pas sans motif qu'il faut voir là une des premières œuvres de Barye ; la facture, en effet, et la silhouette n’ont encore, ni l’une cette plénitude, ni l'autre cette envergure qui seront de règle plus tard. Mais l'émotion du spectacle est poi-
gnante, et ce qu'il y a de mouvement est prodigieux ! mouvement désordonné,
vuu
dat
MULMUL
instinctif d'une surprise et d’une lutte pour la vie. Les lignes ont l’emportement éloquent d'un tableau de Delacroix. Il est intéressant d'observer combien là le statuaire se rapproche du peintre. Si Delacroix avait fait de la sculpture, il n’eût pas fait autrement; et ce bronze pourrait être signé de lui.
Parcourons le catalogue des bronzes de Barye alors qu'il habitait rue de Boulogne, 6 (chaussée d’Antin) (sic), où il avait établi à ses frais une fonderie
spéciale pour ses bronzes. Ce catalogue est vraisemblablement le premier, il