LION DÉVORANT UNE BICHE
porte la date des années 1847-1848, et sur un exemplaire qu'on à bien voulu
me communiquer j'ai relevé, de la main du maitre, cette mention au
ayon :
1% septembre 1847.
Quatre-vingt-treize modèles de bronzes de toute sorte sont déjà mis en vente avec une indication de prix qui variera par la suite, et onze sont désignés : pour paraitre incessamment.
I n'y a pas à songer à décrire toutes les œuvres dont il n’a pas été parlé encore, et cependant quel merveilleux ensemble est déjà formé depuis ce petit bijou en bronze, la Cigogne posée sur une tortue, jusqu'au Thésée combattant le Minolaure, de grande allure antique. Voici un Zion tenant un qguib (antilope) et un Lion dévorant une biche, — un Taureau terrasse par un ours, — un Taureau et un Tigre; — un Cerf, une biche et un Jaon, Véritable réunion de famille : le cerf
debout semble aux écoutes; la biche, confiante dans la vigilance du male, se
repose, et le faon inconscient dort, Un serpent avalant une antilope est formidable par un mystère de déglu-
lition précédée d’un étouffement, d’un écrasement sans merci. Regardez l'Ocelot
EE Sue RD D Een rER nu ee ; ra ES E LA VIE ET LES ŒUVRES. 89 emportant un héron. L'ocelot est pour les savants en histoire naturelle un chat d'espèce particulière à l'Amérique. Est-il assez félin et sauvage tout à la fois! Il a | étranglé le grand oiseau, et il l'emporte pas à pas; il le traine inerte, les longues pattes pendantes, dans un endroit caché pour le dévorer tout à son aise, loin des envieux ou des importuns. 5 Et maintenant vous plait-il de vous dérider devant une chevauchée divertis- £ É É & = E # É É = É E :
= H E Es E E Es CERF, FAON ET BICUE, É Ë 9 Li , : É sante? Un orang-outang, d'aventure, est #10nté sur un gaou (antilope). Il à & enfourché la bête complaisante, et il parade en beau cavalier. Toutefois son coursier lui inspire quelque défiance, et singe prudent, peu vaillant, il a empoigné comme cinquième rêne la queue du gnou à sa naissance; ce qui donne une désin- (
volture comique à cette fantaisie. Je pourrais dire comme certains critiques de 1831 : « Dans quel pays M. Barye a-til vu des orangs-outangs à cheval sur des antilopes? » Je me contente de demander : Qui done croyait qu'il n'avait pas d'esprit ?
Il dédaignait de le montrer à tout propos, étant peu soucieux des succès qu'il regardait comme faciles ou secondaires. C'est ainsi qu'il ne voulut pas signer cette statuette charmante qu'il appelait le Petit fou de Home, et qui nous repré-
sente un personnage campé sur ses jambes écartées, la tête de côté, l'air
gouailleur, le poing sur la hanche, retenant la grande draperie qui l'enveloppe et est serrée au ventre. On dirait l'œuvre d’un sculpteur de Tanagra en belle humeur. Le succès s'empara de cette figurine alerte, presque à l'insu de son auteur, Vous en avez vu des reproductions à bien des vitrines, sans savoir qu'elle était de Barye : de fait il ne s’est pas trahi dans cette jolie boutade de son
talent. L'anonymat auquel il tenait, je ne sais pourquoi, a été bien gardé; et