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L'uvre de Corot

Le hasard m'a conduit vers M. Alfred Rohaiit, le terve}it de Corot, dévoué h la glorification du nmltre bien ainié, à l'heure oii la défaillance de ses forces le condamnait à abandonner le monument, objet de ses efforts pendant quarante ans. Gendre du peintre Constant Dutilleux, qui de bonne heure goûta avec passion le talent d'un confrère méconnu et fut un de ses premiers acheteurs, initié a cette admiration qui tenait du culte, cet homme à l'âme d'apôtre avait fini par consacrer sa vie à sa religion artistique dans laquelle Corot n'avait qu'un rival : Delacroix. Dans l'hommage rendu à ce dernier sous la forme d'un catalogue de son œuvre, il avait eu pour émule mon père, Adolphe Moreau, dont le « Delacroix et son oeuvre », paru antérieurement, servit de base à sa magnifique publication documentaire de iSS^^. Appelé par un singulier retour à devenir, pour son « Corot », son collaborateur de la dernière heure et à substituer ma bonne volonté à sa compétence, fiai tenu à exécuter fidèlement le plan de l'auteur. De même que «L'Œuvre de Delacroix», son aîné, « L'Œuvre de Corot » (/), paru le 22 février ipo^, four du trentième anniversaire de sa mort, est un catalogue complet dont une image accompagne chaque numéro.

Cet ensemble de documents aurait pu se passer de commentaire. En face de l'éloquence des oeuvres, tout discours paraît superflu. Pour me mettre la plume à la main au seuil de cette

(i) L'Œuvre de Corot, ^.7r A. Robaict. 4 vol. iii-^'-. Paris, Flouiy, kjot.

galerie uii Corot revit tout entier, il n'a fallu rien moins que la collaboration de Corot lui-même. Sa correspondance pieusement conservée par ses amis, les confidences de ses carnets, le souvenir de ses causeries intimes : voilà le fond de V « histoire » que j'ai déposée au pied de l'édifice achevé par mes soins. Après Théophile Silvestre(i) et Henri Dumesnil(2), qui l'un et l'autre lui ont donné la parole dans leurs écrits, après M. Robaut lui-même (■)) et grâce à lui, j'ai essayé à mon tour de faire entendre «sa voix yy.

Des lecteurs bienveillants ni'ont assuré que je n'avais pas échoué dans mon entreprise et qu'une lumière nouvelle jetée sur 'sa carrière faisait rayonner d'un éclat plus grand cette admirable figure d'homme et d'artiste. On a regretté en même temps que ce récit, imprimé à peu d'exemplaires, demeurât réservé à un public restreint. C'est pourquoi je distrais de l'ouvrage ces pages écrites en manière de préface et qui occupent le premier des quatre volumes. Une importante réunion d'images s'imposait pour conserver à cet essai son caractère et permettre au narrateur de suppléer à la vanité des mots par le témoignage tles choses ellesmêmes. J'ai donc puisé à pleines mains dans l'œuvre du maître: et, de même que j'avais écrit sa vie d'après les confessions de l'homme, de même ai-je fait appel, prour révéler le peintre, à sa peinture.

(i) Histoire des Artistes vivants. Études d'après nature, etc. P.in's, E. Bl.iii-

(2) Corot, Souvenirs intimes. Paris, Rapilh, iSjs.

(3) Galerie Contemporaine. (\"' 27 à di) : Corot.) Paris, B.isclu-t, iSS-;.

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