‹ L'uvre de CorotChapitre 21 sur 59 · C. Corot · texte numérisé non relu

C. Corot

Hormis une nouvelle et courte apparition à Arras, l'hiver suivant la correspondance n'a pas grand'chose à nous révéler. La saison d'après, nous trouvons Corot d'abord à Ville-d'Avray, travaillant avec son élève Brandon, dont un croquis, daté du 10 mai 1854, représente son maître devant son chevalet de campagne ; puis, en juin, sur les bords de l'Oise, dans le village même où il a été en nourrice, à Presles, près de l'Isle-Adam (i). Curieuse coïncidence, Daubigny a été élevé dans le même pays ; il a fait ses premiers pas à Valmondois et ce lointain souvenir oriente aussi ses pinceaux de ce côté-là. Les deux camarades se retrouvent à Anvers, à l'auberge Partois, entourés chacun de leurs élèves, les Lavieille, les Oudinot et autres. Corot est l'âme de la colonie. Ses cheveux ont beau grisonner ferme, il est toujours le plus jeune. 11 rit de bon cœur des inoffensives taquineries de ses cadets, acharnés à lui dérober sa pipe ou à cacher sa blague et à lui faire accuser du méfait le chat de l'aubergiste. Jeux naïfs, grâce auxquels le paysagiste prend son mal en patience quand le temps boude et que la pluie le tient au logis. L'été s'annonce mal sous ce rapport et le travail s'en ressent. Corot s'en plaint en écrivant à Arras. En même temps, il développe son plan pour la campagiie nouvelle:

Presles, ce 28 juin \'i'-,\.

Mon cher Monsieur et ami, Je vous donne de mes nouvelles et vous dirai que j'ai déjà beaucoup couru et fait peu de la saison, jusqu'à présent si mauvaise. Je pense que, de votre côté, vous avez dû être aussi traversé. Je vais partir sous peu de jours pour le Périgord avec le com-

(1) Lettre de Dutilleux, du 28 juin 1S54.

(1-ig. 15")- Cnnnl prés Rotterdam. Septembre 185.1.

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