‹ L'uvre de Ernest BarriasChapitre 18 sur 37 · JEANNE D'ARC PRISONNIERE · texte numérisé non relu

JEANNE D'ARC PRISONNIERE

Statue marbre (face) — Monument de Bon Secom-s, à Rouen — 1891

JEANNE D'ARC PRISONNIÈRE Statue marbre (profil) Mouument de Bon Secours, à Rouen — 1891

LE DOCTEUR RICORD Statue bronze — Hôpital du Midi, à Paris — 1892

TOMBEAU DE iMADAJlE TALAUOT Statue marbre — Cimetière de Saint-Geniez (Aveyron) — 1892

pressant contre son époux, faible, trébuchante, de ses douces et tendres mains, soulève la tête de son premier-né pour lui donner le baiser d'adieu. Nul éclat de sanglots, ni violences de gestes, ni gri-

LESPERANCE statuette pierre de Municli (face) — 1893

maces de physionomie. C'est le silence morne, la tranquillité poignante des douleurs profondes. Et nous sommes d'autant plus saisis que, par le rythme savamment naturel des masses et des contours, un enchevêtrement si compliqué de trois figures en mouvement, l'artiste a puissamment exprimé la force de vie animant des corps solides sous leurs enveloppes de chairs assouplies, sans inquiéter

L'ESPERANCE Statuette pierre de Munich (profil) — 1893

ANATOLE DE LA FORGE Statue bronze - Tombeau au Père La Cl.aise - 1893

L'ARCHITECTURE Statue niiirtire — Tombeau de l'architecte Guérinot au Père La Chaise — 1893

notre émotion par aucun accessoire importun ou manifestation intempestive de virtuosité vaniteuse. Les exemples d'une si simple et forte unité dans la plastique expressive deviennent assez rares,

L'ÉDUCATION RELIGIEUSE Groupe marbre — Tombeau de Madame Henri Barboux, au cimetière Montparnasse — 1894

depuis que la paresse et la présomption ont répandu, dans les ateliers, des habitudes de mépris pour l'art essentiel de la composition, pour qu'on doive les estimer à leur valeur lorsqu'on les rencontre. Le succès des Premières Funérailles attira à Barrias de nom-

breuses commandes. Il ne les acceptait, (railleurs, qu'à bon escient, lorsqu'elles semblaient répondre à ses tendances d'inspiration et de pensée. De quelque nature que fussent ces travaux, monuments

U A N s E U s E Statuette bronze — IS94

funéraires, commémoratifs, iconographiques, groupes ou. figures décoratifs, il y apportait le même souci de l'expression juste par l'exécution correcte et complète, et s'y préparait toujours, par de longues, patientes, quelquefois très inquiètes études d'après nature.

NUBIENS Haut-relief bronze — iMuséuin d'Histoire naturelle, à Paris — 1894

Son désir de vérité, aussi exigeant pour les figures idéales que pour les figures réelles, lui rendait souvent difficile la trouvaille d'un modèle correspondant au type désirable. Dans les notes si intéres-

VICTOR SCIIOELCHER

Émancjpateur des nègres

Groupe bronze — Monument de Cayenne — 1895

santés sur les travaux de son mari qu'a bien voulu nous confier M"^^ Barrias, on pourrait recueillir, sur ce point, quantité d'anecdotes curieuses, amusantes ou touchantes. Cette poursuite scrupuleuse de

l'exactitude et de la ressemblance, n'était pas sans laisser quelquefois, dans la première réalisation, certaines traces d'effort ou de morcellement, dont le sculpteur, toujours mécontent de lui, était le premier à souffrir. Aussi n'hésitait-il pas à reprendre une figure,

MONUMENT A EMILE AUGIER Enfant tenant le masque de Got (face postérieure) — 1893

quand il en croyait bon le caractère général, pour la corriger, épurer, compléter, par une intensité plus résolue d'expression morale et plastique, et l'achèvement plus libre et plus parfait de l'exécution technique. C'est ainsi que la Pileuse de Mégare, dont l'attitude, observée sur place, dans le voyage de Grèce, était si vraie et char4 mante, mais dont la première présentation lui semblait, dans le tra-

MONUMENT A EMILE AUGIER Place de l'Odéon, à Paris — 1895

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vail du marbre, être restée trop scolaire et indécise, devint, par des études plus-attentives sur le vif, \n. Jeune Algérienne, si éloquemment pensive sur le Tombeau de Guillaumet. De même, nombre de

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