SAINT-ÉTIENNE
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N reprochait à la génération qui nous a précédés son indiffé rence pour les études archéologiques et son peu de souci des principes et des traditions du passé. Ce reproche, à coup sûr, ne peut guère s'adresser à la génération actuelle. Elle semble au contraire disposée à lancer l'anathème contre les novateurs en matière d'art, et la mémoire des grands artistes modernes tels que Berlioz, Corot, E. Delacroix, Wagner, Th. Rousseau, Millet et de tant d’autres se présente à l'esprit avec le souvenir des luttes et des contradictions qui ont rempli leur vie.
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Mais les jugements portés sur les questions artistiques ne sont pas sans appel, et le nom de ces hommes de génie est désormais monté au rang qui leur appartient légitimement.
Ils avaient étudié leurs devanciers, non pour arriver à les copier servilement, mais pour asseoir solidement les bases sur lesquelles leur libre initiative s’appuyerait plus tard. Aucun d’eux, si audacieux qu'il fût, ne méprisait la tradition, aide indispensable qui ne doit jamais se transformer en obstacle, et c'est en l'étudiant qu'ils avaient préludé aux œuvres de leur maturité. Comme eux, Pierre Bossan fut un novateur ; cette publication a pour but de le faire connaître.
(1) Obéissant à des considérations personnelles et n'ayant pas d’ailleurs toute l'autorité que pourrait avoirun spécialiste en pareille matière, nous avons cru devoir apporter une certaine sobriété dans nos appréciations sur Bossan et ses collaborateurs. Notre ouvrage n'a pas été entrepris dans un but de polémique ; il est surtout destiné à faire connaître Bossan par des reproductions de ses œuvres. Cependant nous croyons devoir prendre la responsabilité entière de ce qui est imprimé dans ce volume, bien que nous devions de nombreux renseignements aux personnes dont nous citons plus loin les noms. L'ouvrage que nous présentons au public n'est donc pas l'œuv d'un architecte de profession : il est d’ailleurs facile de s'en rendre compte. Toutefois, le talent de Bossan estassez étendu et assez varié pour frapper tous ceux qui, à titres divers, s'occupent de questions d'art. Nous laissons à d’autres plus autorisés le soin de publier, quand ils le jugeront convenable, des travaux plus complets.
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L'architecture française jusqu’à la fin du XVIII: siècle a suivi un développement logique; elle n’a cessé de se soutenir dans des formes variées. Depuis, la sève lui a manqué et l'on a cherché à copier les anciens; il en est résulté un art tellement éteint qu'il n’a pas été question de l’appeler Renaissance. Alors, on s’est retourné vers ce qui restait de notre art national primitif et l'on s'aperçoit aujourd'hui qu'il n'est pas davantage à la disposition des copistes. Quelques hommes toutefois se sont élevés dans ce siècle à un art noble et correct qui n’est cependant accessible qu'au petit nombre.
Nous avons cru voirreparaître un peu de vie nouvelle dans les œuvres que cet ouvrage reproduit. Leur auteur, Pierre Bossan, était l'aîné d’une famille de sept enfants. Son père, modeste appareilleur, reconnut en lui des dispositions spéciales et fit des sacrifices pour son éducation. P. Bossan commença donc ses études à Lyon et les continua à Paris dans l'atelier de Labrouste. Il n’obtint aucun succès officiel. De retour à Lyon, il fit quelques ouvrages dans le style gothique qu'il mania en virtuose et en artiste. Ne s'en tenant pas là, et à la suite de longues retraites dans le midi de la France, à Fréjus, à Rome, en Sicile, il conçut son art nouveau. La Sicile paraît surtout l'avoir impressionné.
Dans la proportion antique, il renouvela les riches structures du moyen âge et les enveloppa d'un merveilleux manteau d’ornements. En même temps son esprit évoluait vers la foi religieuse et se portait à des études de synthèse et de symbolisme.
Les projets de Fourvière datent de cette époque. Rentré à Lyon, Bossan commença à produire les œuvres de plus en plus personnelles dont la plupart sont gravées dans ce livre ; il les continua avec
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