‹ L'œuvre de Pierre Bossan, architecteChapitre 10 sur 17 · LE TER LEE · texte numérisé non relu

LE TER LEE

nef reposent sur des colonnettes suspendues elles-mêmes sur des corbeaux très saillants (pl. 63 et 90).

1868. — Ecuise ne RéGnié (Rhône). L'abside rappelle celle de Fourvière. A la façade, la nef principale forme un avant-corps sur lequel fait saillie un beau porche ; une haute corniche, colorée par le relief de ses ornements, porte à ses angles des lions affrontés posés en acrotères. Les façades latérales et leurs contreforts terminés par des colonnettes d'un goût délicat présentent une disposition des plus heureuses. L'intérieur est élégant, élancé, peut-être un peu grêle (pl. 58, 90 et g1).

1868. — CHapecce pes Perires-Sœurs de la Villette (Rhône).

1860. — Ecrise pes PÈRES DominIcaINs, de Marseille. Beau et vaste édifice à trois nefs dont les collatéraux sont bordés chacun d’une suite de chapelles en nombre égal à celui des travées, mais subdivisées chacune en deux travées plus petites. Il occupe l'angle d’une rue étroite et la façade, très ornée, a été dessinée pour être vue de près. Elle est caractérisée par deux bandes verticales de bas-reliefs comprises chacune entre deux contreforts. La porte est surmontée d’un porche peu saillant. Au tympan est sculpté le couronnement de la Vierge, par M. Millefaut. Plus haut une rose polylobée s'abrite sous un grand arc appliqué. Des chérubins aux ailes déployées surmontent les contreforts et, au droit de ceux des façades latérales, des têtes de chien (Domint canes) font saillie dans le couronnement. Chacune des trois travées est ajourée par quatre baies accouplées. Les bas côtés, correspondant aux chapelles, sont percés de rosaces aux vitraux sombres. L’abside est inachevée.

L'intérieur nous paraît une des choses les plus parfaites qu’ait produites Bossan. Les colonnes séparant les nefs sont d’une proportion remarquable; elles sont surmontées de pilastres recevant les arcs de la voûte; des pilastres de la même pierre, encastrés dans les murs latéraux, leur correspondent; les nervures diminuent de largeur en se rapprochant de la clé, ce qui donne une grande impression de légèreté. La hauteur des baies les rend peu visibles, tandis qu’elles éclairent tout l’ensemble. L'œil aperçoit surtout les petites rosaces sombres des chapelles. Cet Ë aménagement de la lumière donne beaucoup — 5 : de caractère à l'architecture et lui communique PLAN DE L'ÉGLISE ET DU MONASTÈRE DES PÈRES un effet mystérieux. Des colonnes isolées reçoi- DOMINICAINS DE MARSEILLE. vent les retombées communes des arcades donnant accès dans les chapelles latérales. Cette disposition détermine une ligne de chapiteaux plus basse qui est rompue d’une façon heureuse par les pilastres des collatéraux.

Le mur du fond est ajouré par une simple rosace au dessous de laquelle est un bas-relief qui représente la sainte Vierge donnant le rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Ce bas-relief, œuvre réussie et importante de M. Millefaut, est surtout éclairé par les baies latérales invisibles à l'œil quand on occupe le milieu de l’église. Avec la rosace, le soubassement sombre et la voûte lumineuse, il forme l'objet principal d’un fableau dont les valeurs sont distinctes et la coloration variée. Au premier abord cela étonne, car on n’est pas habitué à cette disposition; mais on est étonné ensuite de ne pas la voir adoptée plus souvent. On pourrait ainsi utiliser le talent de nombreux sculpteurs qui font la gloire de notre école moderne, tandis que les bons peintres verriers deviennent de plus en plus rares.

La table de l’autel est portée sur des cariatides de bronze; les peintures de la voûte sont claires et s'harmonisent avec la pierre blanche des nervures.

On remarquera que le plan de la façade n’est pas perpendiculaire à l'axe des nefs. Bossan s’est admirablement tiré de cette difficulté et l'édifice ne paraît difforme ni à l'extérieur ni à l'intérieur. Nous le considérons comme un des chefs d'œuvre du XIX® siècle (pl. 76, 86, 87, 88 et 109).

BASILIQUE DE FOURVIÈRE, à Lyon. Ce monument domine la ville de Lyon de sa ligne pleine de calme et de grandeur. Son vaisseau rectangulaire est cantonné de quatre tours et produit avec la ligne circulaire de l’abside une variété d’aspects intéressants à étudier de divers points de la ville: par exemple, vers la Mulatière, entre le pont de l’Archevêché et le pont Saint- Georges, du côté des Chartreux, etc. Vus du jardin public de la colline, surtout, les soubassements de l’abside et l'ensemble de l'édifice se présentent en masses singulièrement imposantes.

Celui-ci se compose de deux églises superposées, l’une et l'autre à trois nefs et sans transept.

Sur la façade, précédée d'un haut et large perron, s'ouvrent les trois grandes arcades du porche; au-dessus court une galerie décorée d’une suite d'anges adossés aux trumeaux des baies. Un immense fronton sculpté couronne le tout. Aux façades latérales, les trois travées sont séparées par de larges contreforts. Contre celle du midi s'appuie le vestibule en hémicycle qui relie la crypte à l'église supérieure. L'abside, qui présente un développement plus que demi circulaire, est percée de hautes baies qui s’abritent sous des arcatures d’une forte saillie. Toutes les figures sculptées à l'extérieur SONtEM- PLAN DE LA CRYPTE DE LA BASILIQUE DE FOURVIÈRE. pruntées à l'Ancien Testament. Longueur : 57 mètres.

L'intérieur de cette église souterraine est franchement robuste et trapu et cependant élégant. Chaque pilier est flanqué de trois colonnes et au-dessus de chacune d'elles on en retrouve deux plus petites recevant les voûtes. Les matériaux et l'ornementation sont riches, malgré la sévérité de l’ensemble. Des mosaïques et des vitraux décorent le chœur. L'autel sculpté est dominé par une haute statue de saint Joseph due à M. Millefaut. L'église supérieure frappe d'abord par ses proportions élancées. Ses trois travées voûtées en coupoles sont séparées par des arcs doubleaux de la largeur des basses nefs et formant en réalité autant de courtes travées recouvertes en berceau brisé. Des colonnes jumelles, reliées par de petites tribunes les supportent. Les chapiteaux sont surmontés de figures d'anges placées sur des piédestaux élevés. Les mosaïques sont richement traitées ; les vitraux sont clairs ; un ciborium abrite un maître autel d'une grande magnificence. L'ornementation étant inachevée, nous arrêtons là cette trop courte description. Fourvière mérite d'ailleurs une monographie complète et nous espérons qu'elle sera faite par M. Perrin, continuateur de l’œuvre de Bossan (pl. 92, 93, 93 bis, 94,

95, 96 et 97).

CHAPELLE DE SAINT-ANTHELME, de Chignin (Savoie), élevée à l'extrémité de la vallée du Grésivaudan, sur un plateau des plus pittoresques. L'auteur a eu une tâche bien difficile à remplir ; il s’en est acquitté à merveille: il s'agissait de tirer parti d'une tour dans laquelle est né saint Anthelme, sans détruire cette tour. On voulait en même temps abriter les pélerins qui viennent en grand nombre dans ce lieu révéré. Le robuste porche d'entrée est une merveille d’arrangement et de savoir. L’abside est également intéressante (pl. 117, n° 34 bis).

CHAPELLE DES DAMES TRINITAIRES, à Valence, très ornée à l'intérieur et caractérisée par des anges sculptés à genoux et placés à la naissance des voûtes (pl. go).

CHAPELLE DES CAPUCINS, à Crest (Drôme). Restauration très largement conçue. Ici, les colonnes sont remplacées par des contreforts intérieurs d'heureuses proportions et soutenant les voûtes. Les peintures décoratives sont de Sublet.

CHAPELLE DE LA PROVIDENCE, à Valence, construite à peu de frais, n’a rien qui mérite d'être signalé à l'extérieur; mais le soin apporté à la disposition intérieure prouve l'attention constante que Bossan apportait à ses moindres travaux. Cette chapelle a une nef dont la voûte repose sur des colonnettes suspendues.

1873. — EGrise D'AOUSTE (Drôme). Une nef avec colonnes suspendues soutenant les voûtes.

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Jolie abside. Le porche en façade sert de base au clocher. Tout le mobilier a été exécuté d'après les dessins de Bossan.

Ecrise DE LA BÉGUDE (Drôme).

1874. — Ecuise DE Gran (Drôme). Construite sur les données de celle de la Mulatière. Les façades sont jolies ; il n’y a point de clocher.

1874. — Ecrise D'Ourrins (Rhône). Remarquable construction inachevée. La nef, que supportent des colonnes élancées, n’a actuellement que trois travées, éclairées par des fenétres à triple baie. L'abside et la flèche manquent.

A l'extérieur, des pierres de tons différents encadrent les fenêtres qui sont dominées par des gables. Les contreforts sont surmontés de petites colonnettes. La façade comprend un élégant portail sans tympan sculpté, avec trois ouvertures au-dessus (pl. 102).

1876. — Ecrise DE PRADELLE (Drôme). Comble de la simplicité. Cette église est cependant intéressante à étudier, bien qu'elle n'ait coûté que 5.250 francs! Bossan a tiré tout le parti possible de cette somme, qui ne pouvait pas être dépassée, et s’est acquitté de sa mission graluile avec son zèle et son désintéressement habituels.

' Ecuise DE CrépoL (Drôme), (pl. 116, n° 15).

1877. — Ecuise De Tizv (Rhône). Belle construction inachevée, en granit rouge. La façade manque et la décoration intérieure est incomplète. L'abside est d’une belle ligne sobre. A signaler la disposition originale des contreforts sommés de légères colonnettes. L'intérieur est vaste; l'autel est surmonté d’une riche exposition monumentale à laquelle conduit un escalier dont la balustrade visible et très ornée donne à l’ensemble une physionomie particulière. Les gradins et le tombeau sont décorés de figures d’anges (pl. 62 et 90).

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