‹ L'œuvre de Pierre Bossan, architecteChapitre 9 sur 17 · ÉGLISES PAROISSIALES, BASILIQUES, CHAPELLES · texte numérisé non relu

ÉGLISES PAROISSIALES, BASILIQUES, CHAPELLES

"Écrise pe LA DEMI-LUNE, commune de Tassin (Rhône), bâtie en 1842, est une œuvre de la jeunesse de Bossan; il en parlait avec plaisir, ce qu'il ne faisait pas pour d’autres monuments bâtis par lui à la même époque. Cette église est à trois nefs avec arcs en ogive ; des imbrications sont peintes à l'intérieur; la charpente est apparente; un campanile octogonal domine la façade.

1844. — Écuise DE Sanr-Georces, à Lyon. Ce monument prouve la connaissance approfondie qu'avait Bossan du style gothique. On doit surtout remarquer: à l'extérieur, la flèche élancée, la façade, le portail et son tympan; à l'intérieur, les grandes fenêtres du transept, divisées par des meneaux flam-

boyants d’une extrême élégance, les boiseries (pl. 93 et 103).

Vers la même époque, Bossan fit construire la grande tribune supportant les orgues de l'église de Norre-Daue, de Montbrison. L'autel principal, la clôture en pierre et le pavé du chœur de la même église attestent également le talent de dessinateur de l'artiste ; il aurait certainement obtenu un succès de bon aloi s’il avait persisté à s'inspirer des monuments gothiques.

De nombreux dessins ou croquis prouvent qu'il avait étudié très sérieusement l’art des XIIIe, XIVe et XV: siècles. Aussi, lui a-t'on demandé souvent des projets d'autels et de boiseries. Plusieurs ont été exécutés dans des églises modestes; plus connus sont la chaire archiépiscopale de l'église de Sanr-JEAN, à Lyon, et l'autel portatif de la même église; ce dernier est meublé d’un admirable triptyque de Janmot, dont le mérite absorbe l'attention et empêche parfois de remarquer assez celui de la boiserie qui l’encadre.

La CHAPELLE Du CHATEAU DE Say, à Marcilly (Loire), date aussi de la même époque. Elle est en forme de croix latine, et le style en est imité de l'anglais du temps des Tudor. Les voûtes en berceau ogival sont couvertes de nervures purement ornementales. Tout le mobilier de cette curieuse et charmante chapelle a été dessiné exprès pour elle.

1845. — CnarELLE DES PÈRES JÉSUITES, à Lyon, rue Sala.

1853. — Écuise de Varrceury (Loire). Elle comprend une crypte et une église supérieure. L’abside monte sur la croupe d’une colline et s'aperçoit de loin par une échancrure des montagnes. Le portail est très orné; l’intérieur contient beaucoup de sculptures. Le plan de Bossan a été modifié dans plusieurs parties par ses collaborateurs.

1855. — Écrise DE Bessenay (Rhône). Jolie construction élevée en assises de différentes couleurs. L’abside très élancée est remarquable à l'extérieur et à l'intérieur (pl. 90).

ÉcLise DE Couzon-sur-SAoNE (Rhône). Elle marque l'époque de transition du talent de Bossan. Le monument rappelle dans son ensemble le style du XIIe siècle; mais les ornements, d’ailleurs très purs, sont bien personnels. Les hauts contreforts, la frise et le tympan du portail, les linteaux des niches rectangulaires portent des sculptures en bas-relief inspirées par celles des édifices romans. Une galerie de fenêtres et d’arcatures aveugles court à l’étage supérieur. Une corniche imitant des machicoulis pourtourne le reste de l'édifice. A l’intérieur, décoré de peintures de M. Fournereau, tout est correct de proportions ; la table de communion mérite une mention spéciale

(pl. 47 et 48).

ÉGrise DE BuLLY, (Rhône). Construite en pierre calcaire jaunâtre avec mélange de pierres d’un ton différent. Son aspect est très élancé. La façade est dominée par un haut clocher. Le portail s'ouvre sous une voussure profonde; l’archivolte et le tympan sont décorés de palmettes et d’enroulements du plus beau dessin. Les murs latéraux sont couronnés d’une succession de gables, expression extérieure des voûtes en berceau correspondant à chaque travée des nefs mineures (pl. 49, 50, 52 et 91).

1856. — ÉGLISE DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION, à Lyon. Monument inachevé, ne possédant encore qu'un tronçon de ses trois nefs que séparent de minces colonnes surélevées sur des piédestaux quadrangulaires. Espérons que cette église sera bientôt terminée selon le remarquable projet de Bossan que nous reproduisons en héliogravure (pl. 104).

PRESBYTÈRE DE L'IMMACULÉE-ConcEprTION. Construction absolument originale, avec pignon surhaussé sur la façade. L'ornementation est bien distribuée au dessus des baies principales accouplées trois par trois; la corniche couronne l'édifice avec beaucoup d’ampleur (pl. 54).

1857. — Écuise DE Réony (Loire). Elle est construite en granit rouge et frappe spécialement par l'aspect grandiose de son abside, très élevée et par ses hauts soubassements qui reposent sur le roc vif. Le clocher est construit sur la façade. La statue de la sainte Vierge et celles de deux anges occupent le sommet et les extrémités du pignon de chœur; elle se profilent de la manière la plus heureuse sur le ciel (pl. 53).

1859. — Ecrise DE Nanpax (Loire). Construite dans un vallon au nord de Roanne. De plan très simple, de lignes très pures. Le clocher est bâti sur la croisée du transept; un joli campanile domine la façade. Au tympan dela porte, un bas relief représente saint Martin, patron de la paroisse. L’ abside est à pans coupés. La corniche à modillons est régulière et sans ressauts ; elle donne à l'édifice son aspect calme. L'intérieur, à une seule nef, est rendu pittoresque par les quatre piliers octogones qui soutiennent le clocher. La chaire en forme d’ambon est une belle composition où figurent les symboles des quatre évangélistes (pl. 51, 55, 56 et 8).

Ecuise DE NeuLise (Loire). Construite sur un plateau qui domine la plaine du Forez ; elle produit le meilleur effet, bien qu’elle n'ait encore ni clocher ni façade. L'extérieur est caractérisé par des contreforts dépassant les toitures et amortis en forme d’édicules à quatre gables. Le pignon du chœur porte une statue de la sainte Vierge. L'abside est à pans coupés terminés par autant de pignons. L'intérieur est vaste etclair ; il a trois nefs que séparent des colonnes octogonales reposant sur de hauts soubassements et couronnées de corps carrés et d'une corniche à palmettes à la naissance des arcs. La chaire en pierre est surmontée d’un abat-voix en menuiserie finement sculptée. Les boiseries autour du chœur, les confessionnaux et même les cadres des tableaux de congrégation sont empreints du même art très personnel (pl. 57, 59, 60. 61, go et 91).

1861. — CuareLLe Des Pères Dominicains D'Ourrins (Rhône). Voir la description pages 8 à rr. 1862. — EGLise DE LA MuLaATiÈRE (Rhône). En forme de croix latine. Elle a un clocher sur

la façade et une seule nef dont les voûtes sont supportées par des colonnes montant du sol à une faible distance des murs latéraux. La chaire, en forme d’ambon, a quelque rapport avec celle de Nandax. La décoration est inachevée.

Ecuise p’Ars (Ain). Inachevée aussi. La partie construite consiste en un dôme à pans coupés entouré d’un déambulatoire sur lequel s'ouvrent trois chapelles, dont l’une, placée dans l'axe, est demi-circulaire et les deux autres, simulant les bras d’un transept, sont rectangulaires.

L'ordonnance extérieure est très belle. Les contreforts du déambulatoire s'arrêtent à la hauteur de l'imposte des fenêtres et suppor- = tent des colonnettes jumelles sur lesquelles vient reposer à son tour un superbe entablement pourtournant l'édifice. Les fenêtres de la chapelle terminale, cantonnées de sveltes colonnettes, se distinguent par leur dessin exquis. Plus haut, le tambour du dôme est percé sur chacun de ses grands côtés de quatre baies accouplées; deux baies aveugles meublent les autres côtés, et des anges assis, sculptés PLAN DE L'ÉGLISE D'ARS. par M. Dufraine, couronnentles huitangles.

Longueur: 50 mètres.

Une porte latérale est dominée par un bas-relief où M. Millefaut a représenté le curé d’Ars qui offre son église à sainte Philomène. A droite et à gauche, des ornements symboliques rappellent le martyre de la sainte.

A l’intérieur, des faisceaux de trois colonnes supportent la coupole ; les bases et les chapiteaux en sont très riches. On remarque surtout les bases des colonnes appliquées aux murs, avec leurs griffons d’un dessin original.

Des peintures dues à M. Borel décorent la voûte et l’espace compris entre celle-ci et les fenêtres. Le même artiste a donné les cartons des vitraux du pourtour représentant des vierges martyres; à M. Razuret a été confié le complément de l’ornementation peinte.

Le tombeau de l'autel, œuvre de M. Cabuchet, porte un bas-relief de sainte Philomène enlevée au ciel par des anges. La table de communion en pierre ajourée représente, parmi des rinceaux, des colombes becquetant des raisins, et des cerfs altérés. Les boiseries et les lustres sont d’un bon dessin (pl. 64, 65, 66 et 67).

EGLISE DE SAINTE-ANNE DU SAcRÉ-CŒuUR, à Lyon.

1864. — EcGLise D'EcHALLON (Ain). Un porche monumental supporte le clocher. Les trois nefs sont séparées par des colonnes isolées. La sculpture du mobilier et le tympan de la porte sont une œuvre remarquable de M. Dufraine.

1865. — BasiLiQuE DE SainT-FRançois-RéGis, à la Louvesc (Ardèche). Au milieu d’un paysage sévère et grandiose, avec lequel s’harmonisent les lignes de l'édifice. On regrette seulement la présence de masures qui ne permettent pas d’embrasser la façade de son véritable point de vue. Toutes les proportions sont courtes, et le style général est empreint de force et même de rudesse.

La façade est flanquée de deux clochers sur lesquels des flèches étaient projetées. Tels qu'ils

sont, leur effet est si heureux, qu’on se demande si cette adjonction est désirable. Un grand arc est jeté de l’une à l’autre de ces tours et abrite un vaste porche. Nos gravures, mieux que toute description, peuvent donner une idée approximative de cette belle construction aux parements de granit.

L'intérieur est allégé par de fines sculptures; les nervures de la voûte chevauchent et se pénètrent en rappelant certaines combinaisons employées au XVI: siècle. Des tribunes d’une belle ordonnance occupent le fond du chœur et les bras du transept. Au centre, sous un petit dôme à pans multiples, est placé l'autel majeur, tout rehaussé de bronzes et d'émaux et derrière lequel s'élève un riche baldaquin qui abrite la remarquable châsse et la statue /| en bronze du saint. À M. Dufraine sont dues 7 à ; les statuettes d'anges debout sur six colon- RTE TE BASILIQUE DE LA LOUVESC. nettes étagées de part et d'autre de ce balda- Longueur: 51 mètres. quin. La barrière de communion, entièrement en pierre, est circulaire ; nous avons entendu critiquer cette disposition qui nous paraît au contraire des plus heureuses. La chaire a la forme d’un ambon. Les statuettes qui l'accompagnent, dues à M. Millefaut, sont, ainsi que celles des petits autels, d'une bonne exécution.

Le jour est ménagé d’une façon pittoresque par les petites fenêtres de la nef, les baies plus basses du transept et l'oculus percé au sommet de la coupole. Signalons les contreforts disposés à l'intérieur, système qui, souvent employé par Bossan, produit ici un effet particulièrement heureux.

Les proportions sévères de cette église ont porté quelques personnes à croire que l’auteur avait voulu lui donner un caractère tumulaire. Elle est en effet le tombeau du saint qui avait évangélisé ces montagnes. Des élèves de Bossan nous affirment au contraire que jamais cet artiste n'eut semblable intention et qu'une pareille appréciation de son œuvre lui déplaisait fort. Quoiqu'il en soit, nous considérons cet édifice comme une très belle œuvre (pl. 74, 75, 77, 78; 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85 et 106).

1866. — CHaPELLE DES DAMES DE SAINTE-MarTHE, à Valence. La façade est presque nue et

sobrement ajourée. La statue de sainte Marthe, par M. es

Millefaut, placée sur le tympan du portail, est encadrée d’ornements délicats. À l’intérieur, la nefest d’une grande originalité : elle est recouverte d’un plafond qui se rattache d’une : manière très heureuse aux murs par des voûtains que supportent des pilastres de marbre très simples et bien en harmonie avec la décoration picturale (pl. 116, n° 14).

CHapELLE DE NOTRE-DAME DE LA ROCHE, aux Sauvages, près Tarare (Rhône). Très audacieuse construction, élevée sur de hauts plateaux boisés.

Architecture en rapport avec ce paysage sauvage. À l'extérieur, un porche trapu est supporté par deux colonnes de proportions massives. Le mur de façade se termine en un

AVANT PROJET POUR LA Campanile qui fixe la silhouette

Te ; CHAPELLE DE N.-D. DE LA ROCHE, CHAPELLEDEN.-D.DE LAROCHE, de l'édifice. Les voûtes de la S

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