‹ L'œuvre de Voltaire 1923Chapitre 6 sur 57 · SA POP PE D PAT EE RE EE · texte numérisé non relu

SA POP PE D PAT EE RE EE

oracles ; tous convenaient ou feignaient de convenir qu'ils étaient le fondement de la religion ; que la raison doit se taire devant eux ; que c’est par eux que les rois règnent sur les peuples, et les mages sur les rois; que sans les oracles il n’y aurait ni vertu ni repos sur la terre. Enfin, après avoir témoigné la plus profonde vénération pour eux, presque tous comclurent que celui-ci était impertinent, qu’il ne fallait pas lui obéir; que rien n’était plus indécent pour une fille, et surtout pour celle du grand roi de Babylone, que d’aller courir sans savoir où ; que c’était le vrai moyen de n'être point mariée, ou de faire un mariage clandestin, honteux et ridicule; qu’en un mot cet oracle n'avait pas le sens commun.

Le plus jeune des ministres, nommé Onadase, qui avait plus d'esprit qu'eux, dit que l’oracle entendait sans doute quelque pèlerinage de dévotion, et qu'il s’offrait à être le conducteur de la princesse. Le conseil revint à son avis ; mais chacun voulut servir d’écuyer. Le roi décida que la princesse pourrait aller à trois cents parasanges sur le chemin de l'Arabie, à un temple dont le saint avait la réputation de procurer d’heureux mariages aux filles, et que ce serait le doyen du conseil qui l’accompagnerait. Après cette décision, on alla souper.

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