‹ L'œuvre et l'âme de Jules RenardChapitre 8 sur 124 · CAD · texte numérisé non relu

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littéraire. « Ils gardent à l'endroit du poète des préjugés « rectifiés, c'est-à-dire que, ne voyant plus en lui un « illuminé, un fou maigre, affamé et grugeur, légen- « daire et redoutable, ils le traitent pourtant d'être « original et exceptionnel » (1). Ils lui imposent l’attitude romantique du jeune homme « auquel on en a « mis dans l'aile, blessé à mort peut-être » (2). On lui prêle une vie extraordinaire et bondée d'aventures, de

« beautés mises à mal et bourgeois déconfits ».

« La tradition est là : le poète est un dresseur de « femmes. Il ouvre les bras en demi-cercle : une femme « saute dedans. Il ploie le genou : une femme s’assied « dessus. Il se met sur le ventre : une femme docile « se couche le long de lui. Nos calepins sont pleins de « listes de noms. Qui vous détromperait ? » (3).

Cette fois, c'est le poète lui-même, victime d'une erreur flatteuse, qui remet les choses au point :

« Je ne sais pas si mes confrères sont plus heureux « que moi, mais ma part a été insuffisante. Quand « J'avais bu deux bocks et mangé une choucroute, je « disais : Mâtin quelle noce !.…..

« Quant aux femmes, qui m'ont tant fait souffrir, « comme vous dites, je les absous en public et solen- « nellement..…. (3) ma vie de cœur est vieille d’une di- « zaine de nuits à prix fixe, et ma science de la femme

(ABC DA TSeQuLSs (2) MC D n90!

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