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des Marocains qui vivent dans les conditions où vivaient leurs ancêtres, il y a des siècles. Sans doute, leur standing de vie est plus élevé, sans doute ils n’ont plus à craindre les razzias et les guerres entre tribus, ni la famine. Ils se sont adaptés remarquablement à nos méthodes; beaucoup réclament eux-mêmes maintenant les vaccinations et les soins de nos médecins, mais la masse, les femmes surtout, du fait de leur manière de vivre, reste attachée aux vieilles superstitions médiévales et, sur les souks, le « toubib » arabe voit encore clients et clientes s’accroupir devant sa tente de toile.
En outre, toute méthode nouvelle, surtout chez un peuple encore dans l’enfance, fait naître des détracteurs.
N’y a-t-il pas eu, au pays de JENNER, une ligue contre la vaccination jennerienne, et même chez nous, n’avons-nous pas assisté à des polémiques — entre médecins cependant dont on ne veut ni ne peut suspecter la bonne foi — au sujet des vaccinations contre la diphtérie, la typhoïde et la tuberculose ? Ne voit-on pas encore, de nos jours, dans l’armée, des soldats et même, pour ne pas dire. surtout, des officiers, essayer de passer au travers de la vaccination triple cependant obligatoire ?
La crainte superstitieuse d’un remède nouveau, d’une méthode nouvelle, n’est pas seulement le fait d’une masse arriérée, c’est un fait humain, une répulsion naturelle.
Mais il est un autre fait, c’est que, dans aucun pays dit évolué, on ne s’est donné autant de mal pour la protection de la vie humaine, bien qu’on ne disposâät point, pour la propagande, pour atteindre la masse en profondeur, de la presse ou de la radio. La majeure partie des Marocains est illettrée. On n’a pas attendu que le Marocain vienne à nous, nous sommes allés vers lui. La curiosité, d’une part, la persuasion et l'exemple, d’autre part, ont fait le reste.
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