LUTTE CONTRE LA MISÈRE
Autant que le manque d'hygiène, la misère est la grande pourvoyeuse des épidémies et des grands fléaux sociaux. Cela est plus vrai au Maroc que partout ailleurs, et on pourrait dire, carte en mains, qu'ils suivent le même itinéraire.
Lorsque les récoltes sont mauvaises, comme cela arrive dans les années de sécheresse, les miséreux qui ne peuvent être occupés dans les campagnes s’en vont vers les villes, emportant avec eux leurs poux et leurs bacilles, Là, ils
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s’entassent dans une promiscuité effroyable, favorable à la contagion.
On a d’abord essayé d’enrayer cet exode en distribuant aux miséreux, dans leur bled, des grains, du sucre, de l'huile, des vêtements, des étoffes. Malheuréusement, cela ne suffit pas : il y a trop de dispersion des habitants pour qu'on puisse faire des distributions journalières, et le Marocain est trop négligent, trop imprévoyant pour se ‘ationner. Il consomme facilement, en deux jours, la ration qui devrait assurer sa subsistance pendant une décade. Il faudrait d'autre part, un déploiement de forces de police considérable — et dont on ne dispose pas — pour empêcher : les faméliques de se diriger vers les villes en temps de disette.
Aux abords des grandes villes, on a établi des centres d'hébergement. Tous les Marocains qui viennent du bled, et qui sont miséreux, faméliques, qui ne peuvent justifier. d’une profession ou d’un emploi, sont conduits dans ces centres d'hébergement.
Là, ils sont épouillés, douchés, leurs vêtements sont passés à l’étuve. Les logements sont aérés, propres, régulièrement désinsectisés et désinfectés. Mis en observation sanitaire, nourris suffisamment, ils peuvent, au bout de quelque temps, repartir chez eux pour y travailler, ou rester à la ville si on peut leur trouver du travail.