‹ L'Œuvre Médicale Française au MarocChapitre 44 sur 63 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Nous avons vu que les dispensaires antituberculeux furent d’abord, à la fois, des organes de dépistage et de traitement. Mais les moyens de traitement et surtout d’isolement étaient fort insuffisants.

A quoi bon faire du dépistage si on ne pouvait pas lui donner la suite naturelle, c’est-à-dire le traitement, et, dans les cas où c'était utile et nécessaire, l’hospitalisation où le malade pouvait se reposer, être nourri et recevoir tous les soins nécessaires avec toutes les ressources de la médecine moderne ?

Ji aurait fallu construire, construire encore et construire toujours. Mais il ne faut pas oublier que les budgets étaient limités, que la deuxième guerre mondiale avait raréfié la main-d'œuvre, fait monter en flèche les prix des matériaux. Et cependant, la nécessité de sanatoria se faisait de plus en plus pressante.

Les programmes de constructions et d'aménagements étaient prêts, mais il fallait passer à l'exécution et c'était moins facile.

Pour les Marocains, nous l’avons déjà dit, on disposait, à partir de 1940, de : 80 lits à Fez, 120 lits à Casablanca, à Rabat (Centre médico-chirurgical de l'Hôpital Marie- Feuillet) où 5 lits sont réservés à la chirurgie pulmonaire, 120 lits à Marrakech, 70 lits à Meknès.

On créa un centre sanatorial médico-chirurgical en montagne, à Azrou, où toutes les interventions pouvaient être faites : pneumo-thoraco, pneumo extrapleural, sections de brides, etc.). 5

Le sana d’Azrou avait été créé par une ancienne infirmière des Sanatoria d’Hauteville, non pas pour des tuberculeux, mais comme maison de repos, qui devint bientôt un hôtel : Hôtel Hélios. L'hôtel fut d’abord réquisitionné, puis acheté par l'Etat. Il pouvait recevoir pour un assez long séjour à la fois Européens et Marocains.

À Ben Ahmed, on fonda un sanatorium exclusivement marocain qui, de 150 lits au début, fut agrandi et contient maintenant 187 lits.

On possède donc actuellement 3 sanatoria qui, ayant été agrandis et aménagés, donnent comme capacité :

Sanatorium de Ben Ahmed ........ sbre + ATOS Sanatoriuin d'AZFOU 6 RER Cet 100 — Sanatorium de lAmerchich (Marrakech). 225 Un magnifique sanatorium sera mis en service en 1953. Il à été construit en montagne, Ben Sminn, entre Ifrane et Azrou, bien abrité des vents dominants, dans une région

boisée, et comprendra les aménagements les plus modernes, avec toutes les ressources de la phtisiologie moderne, aussi bien chirurgicales que médicales. Il ouvrira avec 320 lits, mais On pourra, dans l’avenir, créer de nouveaux pavillons, les services généraux ayant été prévus pour beaucoup plus.

En 1950, on avait créé à Rabat un centre de chirurgie pulmonaire. En 1952 fut inauguré un pavillon annexe de l'Hôpital Jules-Colombani, à Casablanca, où sont admis Européens et Marocains, et destiné aux grands malades. Dirigé par un médecin spécialisé, il comprend aussi un important service de chirurgie pulmonaire à la tête duquel se trouve un chirurgien spécialisé. Toutes les opérations modernes de la chirurgie pulmonaire y sont pratiquées.

Comme complément au traitement de la tuberculose, il faut envisager l’assistance aux tuberculeux.

Comment, en effet, le tuberculeux pourrait-il se soigner, soit en cure, soit en hospitalisation ou en cure sanatoriale, S'il devait travailler pour vivre et faire vivre sa famille ? Il existe deux formations qui distribuent des secours, après enquête des assistantes sociales attachées au Service de la Tuberculose,

— La Caisse d'Aide Sociale pour les Salariés inscrits à cette formation peut distribuer aux tuberculeux jusqu’à deux tiers de leur salaire.

= La Ligue Marocaine contre la Tuberculose prend en charge, dans les mêmes conditions, les tuberculeux qui ne: sont pas inscrits à la Caisse d'Aide Sociale. Bien qu’en principe la Ligue Marocaine contre la Tuberculose soit une œuvre privée, elle est sous le contrôle de la Direction de la Santé et de la Famille, et c’est le Sous-directeur de ce service qui en est le Secrétaire général.

En 1950, la Ligue a distribué .. 35.314.600 francs. En:1951;, —- ... 49.125.000 —

Peut-on, dès à présent, juger de l'efficacité de la lutte antituberculeuse au Maroc ? Evidemment non. Les statis-

tiques ne peuvent rendre une image fidèle de la situation. Elles ne peuvent guère mesurer que l'effort accompli. En effet, il entre plusieurs facteurs dont il faudrait tenir compte :

1° L’augmentation continue du chiffre de la population, mais ce n’est que depuis quelques années seulement qu’on est arrivé à un recensement à peu près exact de la population marocaine; : -

2 Les Marocains, malgré leur négligence ancestrale, se font soigner de plus en plus régulièrement, fréquentent de plus en plus les dispensaires antituberculeux. Le nombre des consultants n’est donc plus dans la même proportion avec le nombre d’habitants qu’il était autrefois.

Néanmoins, on peut avoir une idée approximative en prenant le pourcentage des décès par tuberculose et celui des décès par toutes les autres causes; ou encore le pourcentage entre le nombre des décès par tuberculose et le nombre des consultations dans les dispensaires antituberculeux. - | À

Enr Re

Page 1