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LUTTE CONTRE LE CANCER

Le cancer n’est pas rare au Maroc. Malheureusement, sauf pour les cancers superficiels, les malades ne se présentent guère aux consultations qu’au moment où le cancer devient douloureux, c’est-à-dire dans une phase où il est le plus souvent incurable,

Le Centre du Cancer du Maroc est situé à Casablanca : c'est une annexe du Centre Bergonié, ainsi appelé en

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mémoire de son Maître par le Docteur SPEDER, ancien médecin électro-radiologiste des hôpitaux de Bordeaux, qui en fut le créateur. Il est dirigé actuellement par le Docteur FOURNIER, ancien élève de la Faculté de Bordeaux. Le Centre Bergonié est rattaché à l'Hôpital Jules-Colom-bani, hôpital civil européen de Casablanca, mais il reçoit les malades de tout le Maroc, Marocains et Européens.

Il dispose d’une quarantaine de lits, pour le moment, dont une trentaine pour les Marocains. Sont hospitalisés au Centre Bergonié les malades qui dôivent recevoir des applications de radium; les autres sont hospitalisés dans les services généraux des hôpitaux européens où marocains et sont amenés au Centre, soit pour les consultations, soit pour les applications de radiothérapie.

A côté de ce service éminémment spécialisé, on dispose d’un laboratoire d'anatomie pathologique.

Le Centre dispose de 500 mg. de radium et, au point de vue radiothérapie

— Un appareil de radiothérapie profonde, de 250 K. V. 20 M. A., Maximar;

-— Deux postes de radiothérapie profonde de 300 K. V. 5 M.A.;

—— Un poste de radiothérapie profonde de 200 K. V. 30 M. A. et un poste Sécurix 200 débitant 200 K. V. sous 20 M. A.;

— Un poste de radiothérapie superficielle de K. X 10;

-__ Enfin, un appareil Philips Métallix utilisé pour la radiothérapie de contact.

Ce matériel, qui sera perfectionné et augmenté à mesure des progrès, permet de traiter actuellement toutes les affections relevant de la radiothérapie et de la radiumthérapie.

De 1939 à 1949, 29.677 malades ont eu un examen radiologique, 4.234 ont été traités par électrothérapie, 12.659 ont subi un traitement radiothérapique. Il y a eu pendant la même période : 2.187 cancers nouveaux, 797 poses de radium, 2.075 cancers traités par radiothérapie.

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Il n’est pas douteux que Pactivité du Centre augmentera chaque année, surtout en ce qui concerne les Marocains, à mesure qu’il sera plus connu.

Déjà, ils connaissent parfaitement bien l’utilisation des rayons X au point de vue diagnostic et les réclament souvent, pas toujours à bon escient, comme les Européens: d’ailleurs, qui s’imaginent qu’on peut tout voir à l’aide des mystérieux rayons.

PROTECTION DE LA MÈRE ET DE L'ENFANT. LUTTE CONTRE LA MORTINATALITÉ ET LA MORTALITÉ INFANTILE.

Lorsqu'on veut protéger une race, lui permettre de s’accroître et de se développer, il faut la protéger contre les grandes épidémies qui font des ravages, mais aussi protéger la mère, génératrice de la race, et l'enfant, espoir de la race.

Au Maroc, le problème était d’autant plus difficile que, non seulement l’enfance payait un lourd tribut aux grandes épidémies, aux diathèses, tuberculose et syphilis, au paludisme, mais encore il était difficile d’atteindre la femme enceinte, à cause des préjugés, des superstitions, des coutumes ancestrales auxquelles il était difficile de toucher, aux mœurs mêmes dont il fallait tenir compte. La femme marocaine ne doit pas sortir seule et non voilée, ne doit pas recevoir chez elle un homme étranger, fût-il médecin, à plus forte raison se découvrir devant lui.

Cependant, malgré cette difficulté imposée par la coutume, qui ne permettait pas de toucher la femme musulmane chez elle, il fallait intervenir si l’on voulait protéger la maternité et l’enfance.

L'accouchement était pratiqué — et l’est encore bien souvent — par des matrones appelées « qabla », n'ayant

aucune notion d'hygiène, ni même de propreté, n avant aucune connaissance obstétricale, n'ayant pour tout savoir

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qu'une expérience des rites, expérience mêlée de préjugés et de superstitions. Chaque cas de dystocie, même légère, est le plus souvent un arrêt de mort pour la mère et pour l'enfant. Joignons à cela le fatalisme musulman, qui accepte le malheur comme venant de Dieu et conduit à la résignation, on comprendra combien la tâche était difficile et il-pouvait paraître utopique de s’y attacher.

Cependant, le dévouement des médecins, leur compréhension des mœurs musulmanes et, disons-le aussi, l’évolution des esprits chez l’indigène, évolution dont le médecin avait été et continue d’être un des principaux ouvriers, permettaient d'entreprendre cette croisade en faveur de la natalité au Maroc.

C’est en 1921 que M"° le Docteur LEGEY fonda la première maternité exclusivement marocaine.

M LEGEY, qui jouissait d’un grand prestige dans les milieux indigènes où elle était connue sous le nom de « Toubiba Kébira», avait une grande expérience des Musulmans. Elle avait exercé en Algérie de 1902 à 1910; puis, venue au Maroc en 1910, elle n’avait cessé dans toute sa carrière de se consacrer à la médecine indigène. Pour attirer les femmes de la ville et du bled, elle créa d’abord une consultation gynécologique et de femmes enceintes, en même temps qu'une consultation d'enfants. Comme femme, il lui était plus facile de capter la confiance des femmes et de rassurer la jalousie des maris, de sorte que ses consultations eurent bientôt un vif succès; et quand un accouchement difficile se présentait, on la faisait appeler ou on lui amenait la parturiente (dans quel état, parfois...)

Ayant pris contact profondément avec les indigènes, elle arriva à convaincre les femmes de venir accoucher à la maternité qu’elle avait fondée. Les résultats ne tardèrent pas à se faire sentir.

En 1927, il y eut 33 accouchements à la Maternité de Marrakech; en 1928, 37; en 1930, 76; en 1933, 94; en 1934, 102; en 1936, 149. |

Me LeGey mourut à la tâche en 1936, mais son œuvre fut continuée, ainsi que le montrent les statistiques : Pélan avait été donné, c'était là le plus difficile.

Les consultations de nourrissons et d’enfants, les consultations de femmes enceintes continuaient à avoir un plein succès. En 1921, il y eut 14.318 consultants; en 1933, il y en avait 43.346; en 1938, 85.865.

A partir de 1944, la consultation était réservée exclusivement aux femmes enceintes et aux nourrissons :

En 1944" ea FNOANES 61.000 consultants À ab à AE 02 2 RER PSP R LAS A UT DA 1e 67.000 — En OA RS TENTE Are 94.447 ke

En 1950, le chiffre de 100.000 était largement dépassé.

Mais la « Grande Toubiba » ne $e contenta pas de cette action bienfaitrice. Elle fonda une école de sages-femmes marocaines, choisissant des jeunes filles plus intelligentes et plus évoluées, elle leur enseigna l’art de l’obstétrique, les soins d'hygiène et les éléments de puériculture. Ces femmes, pouvant pénétrer dans tous les milieux, réalisaient un réel progrès sur les qablas. Elles savaient faire un accouchement simple dans des conditions d’aseptie suffisante et, surtout, elles savaient amener à la Maternité les cas de dystocie avant que surgissent les grandes complications, avant qu’il soit trop tard.

En 1918, M" la Maréchale LyAUTEY avait fondé à Rabat la Maternité qui porte son nom. |

C’était une œuvre privée où venaient accoucher les femmes européennes, mais qui était ouverte également aux femmes marocaines. Les indigentes y furent admises, le Service de lPAssistance Publique remboursant les frais d’hospitalisation.

Nous verrons dans les statistiques que le succès ne fut pas moindre. ù

À Mogador, BOUVERET, un médecin de la première heure du Maroc, créait aussi une Maternité.

En 1929, l'Hôpital Jules MAURAN avait aussi son service

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