CONCLUSIONS
Nous avons essayé de montrer, chiffres en mains, en la suivant année par année dans son développement, ce qu'avait été l’œuvre des médecins du Maroc.
Nous pouvons dire qu’elle a été considérable. Les épidémies qui décimaient la population ont été arrêtées, jugulées, pratiquement supprimées.
Les grands fléaux sociaux : misère, syphilis, paludisme, cancers, trachomes, tuberculose, ont été attaqués avec vigueur, et on peut espérer que bientôt ils tendront à disparaître.
C’est là le rôle protecteur, colonisateur et « colonialiste » que nous avons joué dans le pays. La meilleure preuve de l'efficacité de notre action médicale est laugmentation importante de la population autochtone qui a plus que doublé en quarante ans.
Quelles sont les nations, dans le Monde, pouvant s’enorgueillir d’un pareil résultat, particulièrement parmi les plus farouches à attaquer le « colonialisme de la France » ?
Mais, à côté du rôle protecteur, les médecins du Maroc ont voulu remplir un rôle éducatif. Ce dernier est beaucoup plus difficile et sa réussite sera beaucoup plus lente et peut-être moins considérable.
Sans doute il existe au Maroc une élite que nous avons formée dans nos écoles, nos lycées, et dont l’évolution rapide est surprenante, mais, il faut bien le dire, est plus en surface qu’en profondeur, plus apparente que réelle.
Quand à la masse, elle reste encore très attachée à ses vieilles superstitions, ses vieilles coutuines, et il sera long
de les lui extirper.
On ne change pas l’âme d’un peuple en quarante ans, on ne le soustrait pas si facilement à ses superstitions. La tâche n'est pas achevée, les médecins ont obtenu, non toujours sans difficultés, que les Marocains acceptent la vaccination, mais l’hygiéniste a encore beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la protection de la mère et de l’enfant.
Quoi qu’il en soit, nos médecins savent qu’ils ne peuvent, dans ce domaine, avancer qu’avec lenteur.
Ils n’ont pas perdu patience, parce qu'ils ont la foi dans l’œuvre qu’ils poursuivent.
Le Médecin au Maroc a été et reste un magnifique instrument de civilisation, et c’est à lui que l’on doit, en grande partie, le rayonnement de la France dans ce pays, rayonnement qui, malgré quelques trublions — une minorité qui fait beaucoup de bruit et peu de bonne besogne —, n’est pas près de s’éteindre.
SERMENT e
En présence des Maîtres de cette Ecole, de mes condisciples, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la Médecine.
Je donnerai mes soins à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe; ma langue taira les secrets qui me seront confiés, et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Reconnaïssant envers mes Maîtres, je tiendrai leurs enfants et ceux de mes confrères pour des frères, et s’ils devaient apprendre la médecine ou recourir à mes soins, je les instruirais et les soignerais sans salaire ni engagement.
Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais parmi les hommes. Si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire. ;
Vu :
Pour le Doyen : Vu, bon à imprimer :
L'Assesseur, Le Président, R. SIGALAS. F. PIECHAUD.
Vu et permis d'imprimer :
Bordeaux, le 15 Juin 1953.
Le Recteur,