‹ L'Œuvre Médico-Chirurgicale d'Antonin PoncetChapitre 3 sur 8 · À MES JUGES · texte numérisé non relu

À MES JUGES

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Introduction

Vie d’Antonin Poncet

Antonin Poncet est né le 18 mars 1849, à Saint-Trivier-sur-Moignans, gros village de 1.500 habitants aux confins des Dombes et de la Bresse. Son père était notaire et mourut très jeune. Il fut élevé par son grand-père médecin à Saint-Trivier.

« Quand Poncet se trouvait en veine de confidence il décrivait tout enfant, assis dans l’âtre de la cuisine, le défilé des gens qui venaient là, grelottant de fièvre, demander un peu de quinine. Les images se précisaient. Il évoquait un vieux paysan, véritable type de la cachexie palustre, le teint terreux, la peau sèche, squelettique, avec un ventre déformé par l’hypertrophie du foie et de la rate, ou de petits bergers ayant pris une maladie aiguë des os aux bords des marais. » (P. Bourget).

« Son grand-père l’emmenait aussi souvent avec lui lorsqu'il allait visiter ses malades. I! prenait grand plaisir à ces longues courses à travers la campagne et était frappé de l’accueil empressé que trouvait partout le médecin si impatiemment attendu. Il s’intéressait sincèrement à ces malheureux.

« Ce fut, disait Poncet, mon premier contact avec la pathologie générale. »

Ces premiers contacts décidèrent de sa carrière médicale. » (Siredey).

Il fit ses études d’abord au petit séminaire de Belley puis au lycée de Lyon. Sa mère l’accompagna en cette ville dans un appartement situé cours de Brosses, actuellement cours Gambetta.

À 20 ans, en 1869, il est nommé Interne des Hôpitaux, deuxième de sa promotion.

C’est ainsi qu’il a été l’élève d’Amédée Bonnet, de Léon Tripier, d’Ollier. Il commence déjà à faire des publications dont nous parlerons plus loin.

En 1874, il est obligé d’aller à Paris pour passer sa thèse. Lyon n’est pas encore une Faculté, mais seulement une Ecole de Médecine. Il en profite pour se familiariser avec l’Anatomie Pathologique, dans un laboratoire minuscule dirigé par Cornil et Ranvier. C'était au lendemain de la guerre franco-allemande et. « ces savants avaient entrepris d’acclimater en France des études monopolisées jusqu'alors par l’Allemagne. Poncet avait l'intelligence trop réaliste pour ne pas reconnaître vite l’insuffisance d’une méthode, utile certes, mais qui ne pouvait aller loin, n'étant pas conforme à la vie. Etudier la cellule en dehors de ses fonctions, c’est se promener devant des maisons sans y entrer. » (P. Bourget).

Un an après avoir voyagé en Allemagne, en Amérique, en Angleterre surtout où il reste 15 jours auprès de Lord Lister pour mieux se familiariser avec la méthode antiseptique, il est de retour à Lyon et l’an-

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née qui suivit il est nommé chef de Ia Clinique Chirurgicale du Professeur Desgranges. Déjà il est celui aux pas desquels s’attachent les jeunes.

« Il les enthousiasmaïit par son ardeur au travail, il les charmait par la simplicité d’un enseignement essentieliement clinique et pratique...

Toute sa vie Poncet fut un excitateur incomparable. >» (Tixier).

En 1878, il est nommé Agrégé de Chirurgie au premier concours d’Agrégation qui suivit la création de la Faculté de Médecine de Lyon. Sa thèse d’agrégation sur « l’'Hématocèle péri-utérine » fut très remarquée.

Il fut immédiatement désigné comme chef de travaux de Médecine opératoire; il le resta jusqu’en 1881, date où il fut nommé Professeur à la même chaire.

Parallèlement à ses succès universitaires, Poncet réussit brillamment au concours pour le Majorat de l'Hôtel-Dieu.

Immédiatement aussi, il a la bonne fortune de pouvoir mettre en valeur ses talents à l'Hôpital de la Croix-Rousse, où il s’empresse d'organiser un enseignement clinique pour les étudiants qui suivent son service. Surtout il leur montre sa maîtrise opératoire, indépendamment de sa faculté de travail prolongé, toutes qualités qui devaient plus encore s'affirmer dans son service à l’Hôtel-Dieu. C’est une véritable lutte qu’il doit entreprendre avec l'Administration pour y obtenir une organisation correspondante aux données alors nouvelles de lantisepsie.

Il obtient d’ailleurs gain de cause et n’hésite pas à

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publier dans la Revue de Chirurgie la description de sa « Salle d’Opération » (1889).

Parmi les objets qui, dans cette Salle d’Opération intéressèrent beaucoup les contemporains à cette époque, il faut signaler le fameux lit de Trendelenburg que l’on fut obligé de faire venir du pays d’origine.

L'année 1889 fut une année très glorieuse pour Poncet à un autre point de vue. Président du Congrès de Chirurgie, il y prononce un discours resté célèbre dont nous parlerons plus loin sur la « Chirurgie à ciel ouvert ».

Quatre ans après, en 1893, la mort de Léon Tripier, emporté en quelques heures par une angine de poitrine, laisse vacante la chaire de Clinique Chirurgicale dont Poncet devient ainsi titulaire à 44 ans.

« À la chirugie minutieuse mais timorée, que pratiquait avec une prudence consciencieuse L. Tripier, chacun s'attendait à voir succéder la chirurgie audacieuse du brillant chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu. Surprise ! Poncet pose le bistouri. » (Tixier).

« Le chirurgien actif, opérateur ardent et brillant, cesse presque d'opérer, passe la main à des assistants distingués qu’il surveille et dirige tout en continuant pour les jeunes élèves un enseignement simple et pratique, l’homme d’action se change en penseur... Ceux qui avaient suivi l’évolution de Poncet sont étonnés d’abord et se demandent ce qu’est devenue cette belle ardeur du passé. Mais bientôt ils ont vu l’œuvre nouvelle, ils ont compris les méditations absorbantes, ils ont vu l’idée qui naît, qui se développe, qui s’exprime, puis qui se complète et s’étend. L'œuvre mer-

veilleuse de pathologie nouvelle, de pathologie générale, s’édifie, les pierres, peu à peu, s’ajoutent aux pierres et le monument s'élève à l’étonnement et à l’admiration de ceux qui ont su en comprendre l’importance et la beauté.

« C’est la série innombrable des travaux qui se sont ajoutés les uns aux autres pour constituer ces deux œuvres géniales, le « Rhumatisme tuberculeux » et la « Tuberculose inflammatoire ». Cette œuvre forcément incomprise à ses débuts en raison de son originalité a subi les attaques de la critique et les sifflets de l'ironie, mais devant l’accumulation des observations nouvelles démonstratives et probantes, la critique s’est usée et l’admiration a pris sa place. » (A. Pollosson).

A partir de 1891, l’histoire de Poncet n’est plus que celle de ses œuvres; nous signalerons seulement, peur tout dire, qu’il devint successivement membre de plusieurs Sociétés parisiennes : « Société de Chirurgie de Paris >» — « Société Médicale des Hôpitaux de Paris », dans laquelle il avait demandé d’être inscrit en 1907. « La seule, disait-il, devant laquelle je me sentais à l’aise pour discuter les questions de Pathologie générale ».

Il avait été nommé en 1895, Membre correspondant de l’Académie de Médecine.

Poncet est mort subitement en juin 1913, dans sa

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