INTRODUCTION
Les salons jouèrent un grand rôle dans la littérature du dix-septième siècle, Rendez-vous des hommes -du monde, des belles dames de la cour et des ‘écrivains, ces salons furent une institution nouvelle, dont on va, pendant deux siècles, retrouver l'influence dans de développement littéraire.
Des 1620, l'Hôtel de Rambouillet prit une grande importance. Fréquenté, comme chacun sait, par Îles duchesses de Longueville, de Suze, les princes de Marsillac, de Montausier, par Malherbe, Racan, Balzac, Chapelain, Voiture, Corneille, Scarron, il réunit le beau monde et les. écrivains venus pour discuter ou pour se divertir.
La conversation porta tantôt sur des nouvelles du jour, tantôt sur des scandales récents, elle alla même , jusqu’à la médisance. Dans les tête à tête on analÿysa le sentiment de l'amour propre et surtout de l'amour galant. Ce fut vraiment le rendez-vous, où lon s’occeupa le plus de galanterie. Les amants déclarèrent leur amour en vers et dans un style plein de précio-
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sité. Le prince qui savait bien tourner un vers, réussissait ainsi très souvent à faire tourner la tête d’une jolie princesse.
Malgré la présence de tant d'écrivains, dont quelques-uns eurent du génie, les discussions des salons n’en portèrent pas moins sur des thèmes légers. Dans ces conversations futiles, l'amour occupa toujours da place prépondérante. A la fin du siècle, on s’intéressait encore à certains passages du Grand Cyrus ou du Roman Bourgeois. Maïs on commençait à s’en mo-. quer, parce que les quinze mille pages du Grand Cyrus et les dix volumes de la Clélie avaient fini par lasser les lecteurs les plus patients et les plus assidus.
A cette époque, où la cour ne resplendissait que de fêtes galantes, on n’avait plus, pour de si longues lec-
tures, da patience des années précédentes. Pour se faire bien voir dans ces rendez-vous de préciosité, il fallut se moquer ‘de l’Astrée et de son amour naïf.
Le Francion de Sorel et le Roman Bourgeois de Furetière endorment des lecteurs par leur longueur. Scarron devient plus à da mode. Ses pages risquées plaisent davantage à ce beau monde. Mais son Roman Comique est encore trop long ; c’est à peine si lon pouvait en tirer quelques anecdotes assez courtes et cependant assez complètes pour les raconter. On ne prise pas autant la Princesse de Clèves, parce que cet ouvrage est trop sérieux pour des habitués de salons, et comporte un idéal trop élevé.
Les romans historiques de Gomberville, de la Calprenède, l’Abrahim de Mlle de Scudéry, et les romans de Mlle de Villedieu sont tous trop volumineux pour retenir l'attention, vite lassée, des habitués des salons.
Puisque c’est la mode de vanter et de flatter le grand roi, de faire l'éloge du Grand Siècle, et des dames, il