‹ L'Œuvre Romaneque de Thomas-Simon GueulletteChapitre 28 sur 78 · AO EE · texte numérisé non relu

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ment que son cœur n tant qu’à un seul prince, le prince Bel-Esprit. Alors, ce dernier enlève son déguisement et les noces ont lieu sur le champ.

Tous les princes ayant, après de nombreuses péripéties, retrouvé leurs princesses, chacun retourne dans son royaume pour passer dans Île bonheur le us de ses jours.

Et nous arrivons ainsi à la fin des Soirées Bre-. tonnes. La conclusion en est, certes très satisfaisante et très morale, puisque les bons sont récompensés ‘et Îles méchants punis.

Ces contes, qui furent d’abord publiés en 1712, n’eurent qu'une seule réédition ,celle de 1786, dans le tome trente- deux des Cabinets des Fé ées.

Cette seule réédition: témoigne suffisamment que les Soirées Bretonnes n’eurent certes pas un très grand succès. Il semble, en effet, que ces contes soient déjà un peu trop féeriques pour l’époque. Nous sommes au début du dix-huitième siècle, et déjà ont paru les Mille et une Nuits, que ke public accueillit avec [Un Si grand enthousiasme. Ce lecteur du dix-huitième siècle, s’est peu à peu intéressé au conte oriental ; : il a déjà oublié le conte ide fées. Il préfère, en effet, VOyager, par d'imagination, dans des pays qui sont de plus en plus connus, l'Inde, la Turquie, la Perse, le Japon, la Chine : bref, l'Orient occupe la première place dans ses prédilections. Avec les Soirées Bretonnes, Gueul-

Jette n’a pas su « attraper de goût » du public, mais,

trois ans plus tard, il publiera les Mille et un qüart d'heures, et nous verrons alors qu’autant le succès des Soirées Bretonnes fut médiocre, autant celui des Contes tartares fut inouï. Ces contes furent réédités

quatorze fois et traduits en quatre langues.

LA: TPS

Certains critiques n’ont pas ménagé les Soirées Bretonnes, entres autres Saintsbury. En parlant de ces contes, voici ce qu’il nous en dit :

» Les Soirées Bretonnes, quoique les premières œuvres-pastiches de Gueullette ne sont pas les mieux, réussies : les noms allégoriques sont surtout irritants : Engageant, Adresse, etc. (2). »

Dans cette critique, Saintsbury est trop sévère. Les noms Engageant, Adresse sont évidemment allégoriques, mais ils jouent, nous allons le voir, un rôle très important.

Si, par leur seule réédition, les Soirées Bretonnes ne semblent pas avoir eu un grand succès, elles ont su tout de même inspirer un auteur comme Voltaire, plusieurs passages ide ses contes ; citong, entre autres, un passage de Zadig, et rapprochonsile d’un texte de Gueullette, qui se trouve à la fin de l’histoire du Sage Famagongoma. Voici le passage des Soirées Bretonnes :

« Ensuite, les ayant abordés, ils s'informèrent s'ils n'avaient pas vu dans la forêt le cynogefore de l’empereur, qui s'était perdu depuis deux jours par la faute de celui qui le conduisait et qui, étant à demiivre, s'était endormi au pied d’un arbre, »

« Engageant et la princesse : assurèrent qu'ils n'avaient pas rencontré cette bête : mais le médecin Mirliro ayant demandé aux officiers si cét animal n'était pas boiteux du pied gauche de devant : Le philosophe Indigornca, s’il n’était pas borgne de œil droit : et le sauvage Barbario, s’il n’était pas chargé

(2) Saintsbury, History of the French Novel, T. E p. 266.

The Soirées Bretonnes though apparently the earliest

are not the happiest of Gueullete’s pastiches : the speaking names are especially irratating : Engageant, Adresse, etc.

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