HISTOIRE DE SINADIB, FILS DU MÉDECIN SAZAN
Le père de Sinadib étant médecin, voulut que son fils suivit la même carrière, mais celui-ci refusa. Or, son père étant âgé et comprenant que sa fin était proche, lui donna les trois conseils suivants : d’abord de conserver autant que possible la fortune qu'il lui laissait, ensuite de ne jamais s’attacher à un prince dont il ne connaîtrait pas à fond le bon caractère, enfin de ne jamais déclarer un secret à sa femme s’il ne voulait périr. Peu après, le vieux médecin meurt et laisse à son fils une immense fortune.
Sinadib ne suivit pas les conseïls de son père. Dans ses voyages, il dépense toute sa fortune, et ne conserve
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qu’une maison avec un petit jardin. Puis il s’allie à un prince dont il ignore le caractère, et, enfin, il confie un secret à sa femme,
De là datent ses malheurs : Sinadib ayant adopté
un enfant qu’il considérait comme son propre fils, faillit être tué par ce dernier. Mais celui-ci ne réussit
pas ‘dans sa tentative et «en fut bientôt puni. Plus tard, Sinadib faillit de nouveau être tué par un prince.
Après tous ces événements malheureux, Sinadib retourne chez lui. Il s'embarque sur un navire qui est bientôt détruit par une tempête affreuse ; tout d’équipage périt ; seul, Sinadib, à l’aide d’une planche à laquelle ïl s'était agrippé, réussit à échapper au naufrage. Il parvient enfin jusqu’à sa terre natale et se hâte de regagner la maison et le jardin dont il est encore propriétaire. Dans une chambre de cette maïison, Sinadib ‘aperçoit un immense coffre, il l’ouvre et trouve une no‘e écrite par son père : « Si tu m’as désolé, lui dit-il, en substance, prends une corde, attache-la au crochet qui est au plafond et pends-toi. » Voulant, cette fois-ci, obéir à la volonté de son père, Sinadib monte sur le coffre, se met la corde autour du cou, et saute ; le poids du corps suspendu à la corde fit ouvrir une ouverture cachée dans le plafond, d’où s’échappa une pluie de pièces d’or. Ce fut une grande leçon pour Sinadib qui se décida dès lors à mener une bonne vie.
Et maintenant, nous revenons à l’HISTOIRE DE Cue- REF-ELDIN ET DE GUL-Hinpy.
Cheref-Eldin, parti sur un navire où il a rencontré Sinadib, arrive enfin à Surate. Puis, toujours vêtu en jeune princesse, il se dirige vers da Chine. En route, il rencontre la princesse Gul-Hindy, qui est déguisée en prince. Cheref-Eldin se sent attirer vers elle, maïs
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comme il pense que c’est un prince et que Gul-Hindy, de son côté, croit que Cheref-Eldin est une princesse, ni l’un ni l’autre n’osent déclarer leur amour : ils se jurent cependant fidélité jusqu’à la fin de leurs jours et décident de faire route ensemble.
Bientôt ils arrivent devant un château. Un vieillard debout sur le seuil, les invite à venir s’y reposer. Puis il leur raconte ses aventures. Ainsi, nous écoutons, PHISTOIRE DE BADOUR LE TRANQUILLE, ROI DE CAOR.
Ce roi avait trois fils dont deux étaient très méchants. Un jour, un roi voisin, Rufang-Gehum, reçoit ces deux fils chez lui et leur offre une hospitalité sans pareille, Pour toute reconnaissance, ces deux miéchants massacrent le roi et s’enfuient. Mais Guhullerou, la reine du roi assassiné, profondément indignée d’un tel crime, se met à la poursuite des deux scélérats ; après les avoir tués, elle leur coupe la tête qu’elle envoie au roi Caor, leur père, en ajoutant qu’elle se vengera aussi de lui de la même façon.
Le troisième fils du roi Caor, qui était bon, apprenant ces faits, part à la recherche du génie Géoncha, pour Jui demander de délivrer sa famille des malheurs qui l’accablent. Il trouve Géoncha enfermé dans une
bouteille et le délivre de sa prison. Plein de recon-
naissance, le génie Géonchæ apaise la colère de la
“reine Guhullerou ; elle devient l’épouse du roi Caor,
et, désormais, leur vie fut très heureuse.
Après le récit de ces aventures, nous revenons de nouveau à l’histoire de CherefÆEldin et de Gul-Hindy.
Badour leur offre lhospitalité pour la nuit. Le len-
‘demain de bonne heure, Gul-Hindy va se promener
dans le bois qui entoure le château ;-elle s’assied dans un petit bocage éloigné. Sur ces entrefaites, Cheref-
Eldin étant sorti lui aussi, pour aller à la chasse, passe près de ce bocage ; il remarque une certaine agitation derrière le feuillage, il tire une de ses flèches. Immédiatement, un cri perçant de femme frappe ses oreilles, il accourt aussitôt et aperçoit Gul-Hindy, blessée à la poitrine. En examinant la blessure, Cheref-Eldin s'aperçoit pour la première fois que Gul- Hindy, malgré son costume de prince, est une femme. Il s’empresse d’aller chercher de l’eau pour laver da blessure. A son retour, ïl voit le mauvais génie Zélou- Joù en train d'enlever la princesse. Le prince (Cheref- Eldin essaie d’attaquer le génie, mais celui-ci le menace, s’il ose lever la main contre lui, d’égorger la princesse, «et disparaît.
Survient le bon génie Géonacha. Il dit au prince qu'il doit, s’il veut délivrer la princesse Gul-Hindy, aller chercher de l’eau à la Fontaine d’'Oubli, et en donner au mauvais génie Zéloulou. |
Cheref-Eldin, après un voyage long et difficile, puise de l’eau à la Fontaine d'Oubli. Le bon génie Géonacha le métamorphose alors en une jolie jeune fille, Sous cet aspect, Cheref-Eldin séduit Zéloulou, lui donne à boire de l'eau de la Fontaine d’ Oubli et obtient ainsi la liberté de la HEnetree Gul-Hindy, qu'il épouse bientôt après. ,
Gueullette nous raconte maintenant,
L’HISTOIRE DES TROIS BOSSUS DE DAMaASs
Behemrillah de Damas avait treize enfants. Parmi ces enfants, trois étaient bossus, borgnes et se ressembiaient tellement qu’on ne pouvait les distinguer entre eux. Les enfants de Damas se moquaient toujours d'eux et ne cessaient de les taquiner. Un jour, las de
ces plaisanteries, l’un des bossus, blessa un enfant. Les parents de l’enfant blessé portèrent plainte devan le juge ; maïs, à cause de la grande ressemblance des trois frères, on ne put savoir lequel des trois avait commis lle délit, Alors, comme punition, on chassa Les trois bossus hors de la ville.
Les trois malheureux décident de se séparer, pour aller, chacun de leur côté, tenter la fortune. Balekan va à Bagdad, y fait fortune et s’y marie. Mais les deux autres frères ne sont-pas aussi chanceux. Apprenant que leur frère Balekan «est devenu riche, chacun se dirige en toute hâte vers Bagdad, et les deux bossus se rencontrent à la porte de la ville. Is accourent tous les deux à la maison de leur frère, Mais celui-ci n’est pas content de les voir. Il leur donne une somme d’ar-
gent assez considérable, puis il leur ordonne de quitter la ville.
Les deux frères quittent donc Bagdad, mais, ayant bientôt dépensé leur argent, ils reviennent de nouveau solliciter leur frère. Babekan, qui était parti en voyage avait expressément défendu à sa femme de recevoir ses deux frères, s’ils revenaient par hasard. Mais
lépouse, désobéissant à l’ordre donné par son mari, fait entrer chez elle les deux bossus. Survient de mari, que l’on n’attendait pas encore. L'épouse, terrifiée, fait cacher les deux frères dans la cave. Les deux bossus, quelque peu adonnés à la boisson, ne demandèrent pas mieux. Maïs, au bout de deux jours d’un tel régime, ils avaient tellement bu aw’ils tombèrent ivres-morts. Ne sachant que faire de ces deux bossus ivres, la femme de Babekan se décide à les faire jeter dans-le Tigre. Elle va trouver un porteur qui, moyennant quelques chopines de vin, consent à la débarrasser des deux bossus. Le porteur s'était acquit-
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té de son office «et rentrait à sa maison, quand tout à coup il aperçoit Babekan qui s’en allait chez lui. Le
porteur, qui était à moitié ivre, croit que Babekan
est un des bossus qu’il a jeté dans lle fleuve et qu’il
a réussi à s'échapper : il s’élance sur Jui, Le saisit et
Je jette dans le Tigre.
Le calife, qui faisait, selon son habitude, le tour des quais, déguisé en marchand, demande à un pêcheur qui se trouvait là de lui vendre sa pêche. Le pêcheur lui cède avec joie les cordes de ses filets. Et le calife, en les tirant, y trouve les trois bossus qui, jetés dans le Tigre, étaient tombés dans ces filets. Les trois bossus sont transportés au palais du calife et on ne tarde pas à mettre la main sur le porteur, qui avoue aussitôt son crime. ñ
Le calife fait alors revêtir aux trois bossus des
costumes identiques, puis il fait venir la femme de
Babekan. En présence de cette femme, le calife dit aux bossus : « Que celui qui est son mari, avance ». A ce commandement, les trois bossus s’avancèrent. Le souverain, pour savoir lequel des trois est vrai-
ment Je mari, ajoute qu’il veut apprendre « qui se :
nomme, parmi eux, Babekan », afin de le punir. Alors:
les deux autres frères, qui s'étaient avancés, se reti-
rent en arrière et laissent Babekan seul au milieu de : la salle. Celui-ci se jette aux genoux du calife et lui
demande pardon de son avarice, en lui promettant ‘de partager ses biens avec ses frères. À cette condi-
tion, le calife lui pardonne et les trois frères vivent, désormais dans le bonheur.
Nous arrivons maintenant à
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