‹ L'Œuvre Romaneque de Thomas-Simon GueulletteChapitre 37 sur 78 · L'HISTOIRE D'OUTZIN-OUCHANTEZ, PRINCE DE LA CHINE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE D'OUTZIN-OUCHANTEZ, PRINCE DE LA CHINE

Le prince Outzin-Ouchantez, m'algré les pressantes objurgations de son père, décide de quitter son royaume et de voyager à l’aventure. Il part, muni d’une certaine somme d'argent et suivi de six compagnons ayant chacun une profession particulière.

Après quelques mois de voyage, la bourse du prince est vide. Alors ses compagnons se décident à gaoener de l'argent, en pratiquant chacun sa profession. Las de vivre ainsi du travail de ses compagnons, le prince essaie lui-même de gagner sa vie.

Il entre dans un village et secourt un vieillard attaqué par plusieurs bandits. À cause de sa bravoure, il est proclamé, sur le champ, roi du pays. Ses compagnons viennent bientôt le retrouver et sont reçus à la cour, comme ils le méritaient, en véritables amis. Outzin-Ochantez régna sur ce pays durant cinq années, mais, ‘au bout de ce temps, il ressentit la nostalgie de son pays et de sa famille, et décida alors d’abdiquer.

Un jour, en retournant chez lui, il aperçut un chàteau, et, comme da nuit approchait, il résolut d’aller y demander asile. Il fut recu comme un roi à cette cour «et y rencontra une vraie princesse, Gulguli- Chemané, mais revêtue des habits sordides de l’esclave.

Nous apprenons alors

L'HISTOIRE DE GULGULI-CHEMANÉ, PRINCESSE DE TEFLIS

Elle était encore très jeune, Gulguli-Chemané, lorsqu’elle vit son père et sa mère étranglés par un traître enchanteur. Celui-ci l’enleva et la garda prisonnière

SL chaBne me tm à 07

El Es e dans une très haute tour noire. Get enchanteur coneut pour la princesse une grande passion ; mais Gulguldi-Chemané résista à toutes les tentatives déshon-. nêtes du monstre. |

Un jour que ce mauvais génie s’était absenté, un bon génie vint délivrer Gulguli. Soudain, chemin fai-. sant, le bon génie tomba mort, et la princesse fut forcée de continuer sa route toute seule. Comme il fai-. sait chaud et que la route était longue et pénible, la princesse s’arrêta près d’une fontaine pour se reposer et se désaltérer. Aussitôt, elle tomba dans les mains : d'un géant noir, qui la transporta dans son palais ; mais bientôt survient un nain d’une force prodigieu-

e : il livre combat au géant et le tue.

Le nain transporte Gulguli dans son palais et en devient amoureux. Mais, pour toute réponse, la princesse lui explique qu'elle a une mission à remplir et s’embarque sur un vaisseau. Des corsaires attaquent le navire et font prisonnière Gulguli et une princesse indienne, dont nous allons écouter les aventures :

HISTOIRE DE SATCHÉ-CARA, PRINCESSE DE BorNÉoO

La princesse Satché-Cara perdit son père et sa mère lorsqu'elle était encore jeune fille. Elle fut adoptée avec Sa Sœur par leur oncle. Bientôt le fils de cet oncle devient amoureux de sa sœur et l'épouse.

Un riche marchand juif désire la main de Satché, Mais elle s'y oppose violemment. Elle subit lenchantement d’un mauvais génie, puis elle en est délivrée par un bon génie. Mais elle.ne sort d’un malheur que pour tomber dans un autre, car elle est faite prisonnière par le même corsaire qui retient Gulguli. Les deux princesses naviguent Mu plusieurs jours,

age

lorsque le vaisseau est, à son tour, attaqué par un corsaire noir. C’est le nain qui, grâce à un pouvoir féerique, s’est ainsi transformé. Comme les fées ont désigné ce nain, Boulaman-Sang-Hier, comme le mari de Sacha-Cara, la princesse indienne, le mariage est célébré sur de vaisseau même, et les nouveaux mariés conduisent Gulguli dans leur palais. !

Un jour, Faruk, un ancien corsaire, s'arrêta au palais du roi. Gulguli lui apprit qu’elle était à la recherche de son prince bien-aimé, et Faruk s’offrit pour l'accompagner dans cette anission. :

Maiïntenant, revenons à l'HISTOIRE D'OUTZIM-OCHAN- TEZ, PRINCE DE LA CHINE. |

Souvenons- nous ique le prince, en route pour son royaume, s'est un soir arrêté dans ce château et qu’il y a rencontré Gulguli. Si le prince Outzin-Ochantez a été très bien recu dans ce palais, c’est grâce à la reine Gulpenhé qui en était devenue amoureuse. Elle le flattait toujours et lui fit même don d’une écharpe, douée d’un pouvoir féerique.

Un jour de fête, il y eut un combat dans l'arène, entre des tigres et des lions. Le roi, la reine et toute la cour y assistait. Pendant que ces animaux féroces se déchiraient entre eux, la princesse Gulguli laissa tomber dans l’arène une bague précieuse. Outzin- Ochantez, bravant tout danger, saute dans larène, tue des quelques animaux qui étaïent encore vivants et rapporte le bijou précieux à la princesse Gulguli. Le roi fut tellement heureux d’une pareille manifestation de bravoure, qu'il accorda la liberté à son esclave Gulguli. ;

La reine Gulpenhé, jalouse de Gulguli, essaya de lempoisonner, mais le destin voulut que, victime d’une

méprise fatale, elle s’empoisonne elle-même.

paf 2

Sur ces entrefaites, le prince Outzin-Ochantez et la princesse Gulguli prennent la fuite. En consultant la précieuse bague que le prince, par sa bravoure, avait su retirer de l’arène, les deux amants savaient cha-

-que matin ce qu’ils devaient faire le lendemaïn. Mais, un jour qu'ils avaient oublié de la consulter, le cheval du prince prit soudain la fuit avec son Cavalier et laissa la princesse Gulguli toute seule.

Déguisée en jeune homme, la princesse parvint enfin en Chine, Là, elle apprend que le père de Outzin- Ochantez, croyant son fils mort et, par conséquent, son trône sans héritier, avait épousé une de ses escla-

ves.

La nouvelle reine, qui était méchante, prenant Gulguli pour un jeune homme, lui fait des avances et lui propose, après avoir tué le roi, de le placer sur le trône. Pendant cette conversation, Le roi entre. Pour expliquer son embarras, la reine annonce à son époux que ce jeune prince vient de lui demander la permission de se battre avec le taureau bleu, cet horrible animal qui doit paraître aux portes de la ville le lendemain. |

Le lendemain, Gulguli, toujours déguisée en prince, va à la rencontre de ce taureau bleu, qui ne se bat pas du toyt, mais la suit comme un chien docile, Le roi, étonné, fait conduire cet animal au palais et là, il découvre que c’est un enchanteur. Ce dernier lui révèle tous les secrets de la cour et, par suite, les. bons sont récompensés et les méchants punis. ;

Revenons maintenant à l'HISTOIRE D'OUTZIN-OcHAN- TEZ.

La dernière fois que nous l'avions quitté, son cheval avait pris le mors aux dents. Mais, peu à peu, le cheval ralentit sa course folle et finit par s'arrêter

LR MEN PES

près d’un rocher, où était assis un gros singe rouge. Sur d'invitation du singe, Outzin-Ochantez fendit le rocher avec son épée et tout à coup il se vit dans une immense grotte. Il livre combat à un mauvais génie et délivre ainsi de ce néfaste enchantement le singe qui est un roi.

* Après cela, Outzin-Ochantez continue sa course vers le royaume de son père, où il est reçu avec une grande joie ; il épouse la princesse Gulguli et leur vie désormais fut calme et heureuse.

HISTOIRE D'AK-BEYAZ, FILLE D'ADDALLA-YOUSOUF *

Ak-Beyaz, à sa naissance, faillit perdre Ja vie parce qu’un oracle avait prédit à son père le roi Addala- Yousouf, qu’elle serait la cause de Ja mort de ses frères. Ayant échappé à cette catastrophe, elle n’en fut pas moins enfermée pendant douze ans dans une

haute tour, n’ayant avec elle qu’une seule servante.

Un jour, apercevant un prince charmant au pied de la tour, elle lui envoie un billet doux. Le prince y répond et, le lendemain de bonne heure, ïl vient délivrer la princesse de sa prison. Il la conduit dans son palais «et la présente à son frère, qui en devient immédiatement amoureux. La jalousie éclate entre les deux frères, ils se disputent et, au cours d’un duel, ils se tuent l’un l’autre.

La ‘princesse Ak-Bevaz s'enfuit avec sa servante et se réfugie dans une petite maison. Maïs, pour assurer leur subsistance, la servante est obligée d’aller vendre les bijoux de la princesse. Chemin faisant, elle rencontre un calender qui veut acheter les bijoux de la princesse. Aussitôt, la servante conduit le Calender à la maison où s’est réfugiée Ak-Beyaz. Le calen-

Page 1