‹ L'Œuvre Romaneque de Thomas-Simon GueulletteChapitre 6 sur 78 · DRE À PE · texte numérisé non relu

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git le conte philosophique et moral. Le conte qui, au dix-septième siècle, n'avait été qu'une partie, qu’un chapitre du roman, parvint au dix-huitième siècle à s'en sépare et à devenir même un genre capable de rivaliser avec lui. Petit de Julleville lui donnera la définition suivante :

« En: effet, qu'est-ce que ce conte, au sens vrai du mot ? C’est, semble-t-il, un court roman, € emAedipe une nouvelle vraie, à laquelle personne ne croit, l’auteur, ni le lecteur, et qui plaît seulement soit par le piquant du style, soit par Pextravagance spirituelle des situations, soit par l’apologue caché qu’elle renferme, soit par l'intention satirique ou philosophique » (5).

Ainsi, cet amusement enfantin que constituait le

- conte de 169, successivement enrichi d’exotisme, de

satire et de libertinage, aboutissait aux contes de Voltaire, à ceux de Marmontel, véritable cours de philo-

sophie sociale, et à la Reine Fantasque, de Jean-Jac-

ques Rousseau, D’une petite histoire badine, il est devenu l’arme de propagande des grands philosophes du dix-huitième siècle, et va se ranger côte à côte avec les autres genres littéraires.

Il est donc très intéressant d'étudier la façon dont cette transformation s’est opérée. Et, conséquence naturelle, cette étude tirera de l'oubli des conteurs qui jouèrent un rôle très important dans cette transition entre Charles Perrault et Voltaire.

Ce travail a été fait par Mary Elizabeth Storer (6)

jusque vers 1700. De même, M. Martino a publié une

(5) Petit de Juleville, Litt. française, 1889, t. 5, p. 581. (6) Storer, La mode des Contes de fées, Paris, 1928, in-8°.

étude très sérieuse sur le conte oriental au dix-septième et au dix-huitième siècles (7).

Maïs il y ta des intermédiaires autres que ceux dont ont pu parler ces auteurs, très intéressants, tt qui furent pourtant laissés dans la poussière de loubli. Thomas Simon Gueullette est un de ceux-là.

Les documents sur Gueullette sont rares. Parmi Îles lettrés de son entourage, Gueullette ne trouva point de ces épistoliers qui livrent à la postérité les faits et les gestes de leur petit monde. Lui-même na laissé aucun mémoire et les quelques pages de ses manuscrits où il parle de sa personne se montrent fort discrètes. Quant aux notices du temps, qui de concernent, elles restent, comme ioutes celles d’alors, dans une froide rhétorique, et ne descendent que très rarement à la familiarité de l’anecdote, Après avoir tout fouillé on renonce donc à la prétention de le suivre pas à pas dans sa vie privée. È :

La seule étude que nous ayons pu trouver sur cet auteur, est celle d'Henri Nicolle, dans la Revue de France (8). Il est vrai qu’en 1768, dans le Nécrologe des Hommes Célèbres de France, Yon parle de Thomas-Simon Gueullette, maïs ce n'est qu’une biographie de quelques pages. On en parle encore dans le tome trente-sept du Cabinet des Fées. En 1878 et 1879, Charles Gueullette, un de ses parents, ne répéta, dans la préface d’Arlequin et des Fausses Envies, que l’étude faite par Henri Nicolle. Aïnsi, nous croyons que Thomas-Simon Gueullette, soit par négligence, soit par manque de matériaux, est presque ignoré.

(7) Martino P., L'Orient dans la AiératEne française, ee. ris, 1906, in-8°.

(8) Henri Nicolle, Revue de France, juin-juillet 1874.

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FE 0 comme quelquefois, en défrichant la terre dans une région inconnue, lon trouve des pierres précieu- ses, ainsi en examinant cette période de transition du conte, nous sommes tombés sur une œuvre romanes- : que, celle de Thomas-Simon Guellette, qui mérite

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