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Longtemps avant l’arrivée de Montesquieu et de Voltaire, il y avait eu, vers 1670, la querelle des cérémonies chinoises. D’un côté, s'étaient rangés les Dominicains «et les Franciscains, et de l'autre, les Jésuites. Cette dispute, qui ne prit fin qu’en 1742, fit apparaître, aux yeux des écrivains de l’époque, le côté philosophique de lOrient.
La comparaison des deux civilisations, presque complètement opposées, amena des auteurs de contes à faire sur les faits constatés de simples remarques, puis des comparaisons, et enfin des déductions philosophiques. Des réflexions sur les mœurs et, en particulier, sur l'intolérance religieuse en France, furent insérées dans le conte ‘de fées. Depuis Le Diable Boi- ‘teux, de Le Sage, jusqu’au Zadig, de Voltaire, cette analyse philosophique prit, de plus en plus, possession du conte. Montesquieu se servira beaucoup de ce genre ; jusqu’à Crebillon Fils, qui l’introduira dans ses contes libertins ! Avec les Lettres Persanes, nous arrivons à la première étape définitive. A Voltaire est dû l'honneur de placer ce nouveau genre de conte, dans la sphère des chefs-d’œuvre.
En 1690, lorsque Mme d’Auinoy écrivit son Histoire d'Hypolite comte de Duglas, c'était pour divertir le beau monde. Certes, il y avait une petite morale, les bons étaient récompensés et les méchants punis. Mais le but principal du conte était de réjouir les habitués des salons ; il ne contenait point d'idées bien sérieuses.
En 1747, quand Voltaire écrivit Zadig, son but était tout autre, Profitant du goût d'alors, pour la littérature orientale, il se servit de ce subterfuge, le conte, pour exprimer des idées sérieuses sur la religion, des mœurs et la destinée de Phomme. C’est tainsi que sur-