SUITE ET CONCLUSION DE L'HISTOIRE DE TONGLUK ET DE GUNDOGDI
Revenons un moment au commencement de ces contes : nous y avons vu que le sultan Tongluk, grâce au mandarin Fum-Hoam, a pu venger le père de Gundogdi. Maïntenant, le mandarin révèle sa véritabile condition. Il est, en réalité, le fils du roi Malekalfalem et le frère de la sultane Gundogi. Après avoir été enlevé de chez son père à l’âge de deux ans, ainsi que nous l’avons vu dans la première histoire de ce recueil, il fut vendu par les bandits à un riche marchand qui avait un fils du même âge. Le marchand éleva les deux garçons comme deux frères. Un jour, le fils du marchand fut tué. Fum-Hoam, Abroamat de son vrai nom, alla le venger et tua les bandits qui l'avaient assassiné. Mais, survinrent d’autres malfaiteurs, qui le firent prisonnier et le jetèrent dans un cachot, où il endura de telles souffrances qu'il devint infirme. Son père adoptif offrit aux bandits des sommes considérables et parvint à le libérer. Le riche marchand mourut après avoir légué toute sa fortune à Fum- Hoam. Abroamat étant infirme passa son temps à parcourir beaucoup de livres et surtout ceux qui concernaient la magie. Avec laide d’un vieux philosophe il se penfectionna dans cette science et acquit un grand pouvoir.
Il était venu raconter ces histoires à la demande de sa sœur Gundogdi, l'épouse de Tongluk, pour convaincre ce prince du ridicule de sa relgion chinoise.
Abroamat y réussit et le prince se convertit à la religion musulmane ; la sultane en fut très heureuse et vécut de longs jours de paix et de bonheur avec Tong- À Tuk.
.Les aventures merveilleuses du mandarin Fum- Hoam furent rééditées trois fois. Elles eurent certes un grand succès, puisque les deux premières rééditions se succédèrnt de près, 1725, 1728. A cette époque, c'était quelque chose d’avoir ainsi deux éditions en trois ans |!
Dans ce recueil, Gueullette semble s'être tourné davantage vers le conte libertin à couleur orientale. Nous y trouvons des princesses galantes et infidèles (), des filles séduites (6), l'amour d’un père incestueux (7) : ce procédé de la transmigration des âmes est Jde même dont se servit Crébillon Fils, dans le Sopha. Transformé en Sopha, l’auteur se promène ainsi de maison en maison et beaucoup des histoires qu'il nous raconte ressemblent étrangement aux bhistoires des contes chinois. Donc, si Crébillon Fils ne s’est pas servi directement des contes chinois, il s’en est du moins fortement inspiré puisque les imitations de quelques histoires apparaissent très clairement.
Après les contes tartares et les contes chinois, Gueullette continuant à satisfaire le goût du public pour
: l'Orient, nous donna les contes mogols.
(5) Histoire de Al-Kaoulf, du singe Morong.
(6) Histoire de Jezdad, de Hengu, de Mogiredelin. (7) Histoire de Houschank.