La baie d'Hudson [microforme]
Arch., arpt . ingr. — Ex-prés. de la Sociôté de Géogr. de Québec. — Membre de la Société Royale du Canada, etc., ete
Au nord de Québec est une vaste ‘baie découverte en 1610 par Henry Hudson et qui porte le nom de ce hardi navigateur.” Elle s'étend du 51° au 63° de latitude nord, mesurant dans cette direction 825 milles ; et du 78 au 96 © de lougitude ouest, ce qui lui donne une largeur d'environ 630 milles. Sa superficie est de 397,000 milles carrés : par exemple, six fois celle du golfe St-Laurent ; cinq fois celle de tous nos srands lacs réunis : le Supérieur, le Michigan, le Huron, l’Erié,
l'Ontario, avec la baie Georgienne de sureroit (voir rapport da
Min. des Tr. P. pour 1886-87 page 14 par G.-F, Baillairgé, Ecr., alors Ministre adjoint du Dépt.)
Atteignant sensiblement les largeur et longueur du golfe du Mexique, la baie d'Hudson a trois fois l'étendue de la Mer Uaspienne ou de la Mer Noire, deux fois celle de la Mer Rouge, près de la moitié de celle de la Méditerranée entre l’Europe et l'Afrique.
Mais peut-être en saisirez-vous mieux le vaste parcours en tous sens, si je vous dis que cette superficie est de 26500 fois celle du havre de Québec entre Lévis, Beauport et l’Ile d'Orléans ; et ce n’est pas peu dire, car le hâvre de Québec est célèbre parmi ceux du monde entier.
Vous y avez vu entrer il y à 20 ans, plus de 1600 navires durant une seule saison ; dont 400 à la fois, eussent-ils été d’une longueur de 500 pieds en moyenne, —celle de nos vapeurs océaniques d’aujourd’hui—avec à chacun un espace de 1100 pieds de diamètre ou de pius d’un million de pieds en superficie ; 400 de ces vaisseaux, dis-je, pourraient y manœuvrer à la fois, dériver an courant, y éviter comme l’on dit en terme de rarine, c’est-à-dire y exécuter chacun et tous ensemble un mouvement complet de rotation sur ses ancres.
Cette mer intérieure est vaste, messieurs, comme tout ce qui tient du Nouveau Monde : nos lacs à côté de ceux de l'Ancien Continent ; nos fleuves : les Amazones, le St-Laurent, le Mississippi mis en parallèle avec ies filets d’eau de l’Europe ; vaste encore comme le sont nos Rocheuses, nos Sierras à côté des Pyrénées, des Alpes ; le glacier Muir de l’Alaska, grand à lui seul comme tous ceux des Alpes réunis; comme les Geysers de de la vallée Yellowstone, de 50 pieds de diamètre et lançant leurs eaux bouillantes à une hauteur de 200 pieds, à côté des eaux thermales de l'Islande ; comme l'Amérique elle-même comparée à l’Europe et comme promet de l'être l'exposition volombienne à côté de toutes celles que le monde a vues jusqu’à ce jour.
Pourtant messieurs nos grands lacs sont grands, l'estuaire du St-Laurent l’est davantage ; mais comparés avec la Baie
d'Hudson, c’est le Saguenay, tout majestueux qu'il soit, avec ses côtes de 1800 pieds de hauteur, comparé au Colorado où il faudrait entasser trois fois sur lui-même le cap “éternité, la “trinité” pour approcher de l'altitude vertigineuse des flancs de ce canion le plus grandiose du monde entier.
Mais si tout est grand ici, il ne faut point qu’en se laissant devancer par les habitants d’un autre pays, dans l’accomplissement de l’œuvre que je viens ce soir vous proposer, l’Amérique, le Canada soit en même temps le pays des moins intelligents.
On a conçu depuis quelques années le projet d'utiliser la voie de la baie et du détroit d'Hudson pour écouler les produits de nos prairies du Nord-Ouest qui y aboutissent de ce côté, afin de les expédier en Europe par un trajet plus expéditif, plus court de quelques centaines de milles, que celui que l’on suit aujourd’hui par nos lacs, nos chemins de fer, le St-Laurent, etc. pour atteindre les ports de mer du Canada et des Etats-Unis.
Le Gouvt. Fédéral saisi de l'importance de la chose a déjà dépensé durant les années 1884, 85 et 86 une somme de $122,000.00 pour mettre la question à l'étude. Durant chacune de ces années, résnme M. Buillairgé déjà nommé, un corps expéditionnaire sous la direction du lieut. Gordon fut envoyé à bord d'un navire à vapeur au détroit et à la baie d'Hudson pour constater leur navigabilité pour les fins du commerce, pour y prendre des observations exactes et les renseignements nécessaires au sujet de la nature et de l'étendue des glaces, des vents, des courants prédominants, de la date où il serait possible d’y pénétrer le printemps ou d'en sortir lautomne, et aussi velativement au elimat, à la géologie, aux pêcheries et aux ressources des parages avoisinants.
Durant la première année, le lieut Gordon choisit les postes d'observation le long du détroit et de la baie d'Hudson, y érigea les bâtiments nécessaires et y installa des observateurs qui
prirent et enregistrèrent chaque année les observations prescrites, suivant le mode qui leur fut désigné.
Du 27 juillet au premier août de la dernière année, on fit un relevé du havre de Churchill et du port Nelson, où devait aller aboutir le chemin de fer proposé de Winnipeg,dans la prévision déjà mentionnée d’un écoulement des produits du Nord-Ouest par la voie d'Hudson si elle était tronvée favorable ; puis, comme la clôture de la navigation approchait, on procéda du 8 au 3C sept. au démontage des observatoires qui avaient été crigés, et au rembarquement des observateurs et du matériel avec les approvisionnements non utilisés aux divers postes- Le retour à Halifax eut lieu le 10 oct. suivant.
Un rapport de chaque expédition fut transmis chaque année par le lieut. Gordon au Ministère de la Marine par qui la publication en a été faite ainsi que des cartes annexées à ces rapports.
Ce sont des “ livres bleus ” Mesdames, que personne ne lit à peine, mais qui pullulent d’intérêt et de situations émouvantes: c’est plus beau que du Zola. C’est dans ces livres publiés à yrands frais par les Gouvernements qu’on trouve ces féeries, ces merveilles du Colorado, de l’Arizona, de la vallée Yosamite, aujourd’hui le “ pare national” des Etats-Unis, le parc des géants du nouveau monde, C’est par ces rapports d’explorations que l’on connait aujourd’hui et seulement depuis 40 ans à peine l'existence au Maripoza de ces grands arbres de 300 à 400 pieds de hauteur, d’un diamètre de 30 à 40 pieds et qui par leurs couches annuelles et concentriques révèlent une existence de 40 à 50 siècles. Mais ce n’est pas ici l’endroit de vous parler de ces choses il faut suivant le dicton populaire revenir à nos moutons.
Le “Neptune” un navire en bois appartenant à MM. Job frères de Saint Jean de Terreneuve, fut affrêté poux la première expédition et fut manœuvré sous la direction du capitaine W. Sopp par un équipage de marins expérimentés.
Ce vaisseau était construit pour la pêche du phoque. Les officiers de l'expédition étaient 1 géologue et médecin, 8 observateurs, 1 photographe, 2 charpentiers et 12 manœuvres des postes d’observation—24, Au nombre des observateurs était notre concitoyen M. Ashe attaché en permanence à l’observatoire de Québec près des plaines d'Abraham, Ce monsieur passa une année près dans le détroit d'Hudson à un endroit connu aujourd'hui sous le nom de Ashe inlet (l’anse Ashe)
Pour les expéditions de 1885 et 86 on se servit du vapeur à hélice de sa majesté, le “Alert” d'environ 700 tonneaux, d’une vitesse de 84 nœuds à l’heure par un temps calme, ou d’une vitesse moyenne de 6 nœuds ( 7 milles ) en consommant de 4 à 6 tonnes de charbon par jour. Au milieu des bancs de glace on n’alluma qu’un feu et l’on eut une vitesse de 4 nœuds (près de 5 milles) à l’heure en ne consommant que 2 tonnes de charbon par jour.
Ce navire avait été construit pour l'expédition arctique de 1876 sous le commandement de Sir George Nares.
Les officiers du navire pour 1885 étaient 1 commandant, 1 officier subalterne, 1 mécanicien en chef, 1 mécanicien subalterne, 1 charpentier—6. L’équipage se composait de 2 maîtres d'équipage, 12 marins, L lampiste, 6 aides-mécaniciens, 1 maître d'hôtel, 1 maître cuisinier, 2 sous-maîtres d’hôtel, 1 aïde-cuisinier—26. Les membres de l'expédition étaient 1 géologue-médecin, 1 assistant, 5 observateurs—7. Manœuvres des postes d’observation—12. L'Editeur du Times de Winnipeg, délégué de la Cie du chemin de fer projeté entre Winnipeg et la Baie d'Hudson dont j'ai déjà dit un mot.—total 52.
L'expédition de 1886 comptait 1 commandant, 1 capitaive, 3 seconds, 1 maître d'équipage, 20 marins, 1 lampiste, 2 mécaniciens, 6 chauffeurs, 2 graisseurs, 5 maîtres d'hôtel et cuisiniers, 1 météorologue assistant —43,
Les observations météorologiques prises à bord du Neptune en août 1884, à la baie Nackvak à 100 milles en aval de l’ein-
és 0: de
bouchure du détroit d'Hudson font voir que la température moyenne au cap Chudleigh était de 39 © pour août, 33° pour sept. et au détroit de Belle-Ile de 49 © et 43 © pour les mêmes mois, c-à-d 10 © de froid de plus au détroit d'Hudson ; mis moins de jours de brume pour ce dernier.
La température moyenne qui a été constatée chaque mois ne laisse aucun donte de l'impossibilité de naviguer le détroit de novembre à avril inelusivement, En mai, juin, juillet, le détroit contient une grande quantité de glace, et comme la température moyenne à l'extrémité est du détroit est de 25° Far. en mai ou de 5% © au-dessous du point de congélation de l’eau salée, la débâcle ne commence point durant ce mois,
: Eu juin et juillet lorsque la température s’est élevée à 35 7 et 40 © , la glace devient cellulaire et fond rapidement. Suivant les rapports des observateurs et l'expérience acquise, ce n’est qu'après le mois de juin et partie de juillet, que la fonte et la débâcle de la glace sont suffisamment avancées pour que lon puisse naviguer le détroit pour les fins du commerce.
Il y a des banquises de glace en toutes saisons de l’année dans le détroit d’'Hndson, surtout près de la côte nord où l’on en a vues d’échouées dans 80 à 100 brasses d’eau et dont l’épaisseur, la hauteur devait par conséquent être de 5 à 700 pieds, mais en août et septembre il y a moins de glace dans le détroit qu’en tout autre temps de l’année. La jeune glace vive et azurée de la saison a de 4 à 74 pieds d'épaisseur de l’embou- ‘hure ouest du détroit à l’isle de Marbre située à l’ouest de là baie.
Vers le commencement de juillet on rencontre de grands amas de vieille glace “ arctique ” très épaisse ; celle-ci est le produit de plusieurs hivers et mesure de 40 à 50 pieds d’épaisseur.
La quantité de glace qui traverse l'embouchure du détroit est énorme : daus le printemps elle forme quelquefois une barrière impénétrable qui a une étendue de 50 à 100 milles à La fois entre l’erabouchure du dévroit et les eaux libres de l'océan.
. Pendant les années ordinaires la pério:le de la navigation est
limitée du 15 juillet au 15 oct. — 3 mois — mais des navires solidement construits, avec propulseurs de petites dimensions et tirant peu d’eau pourraient y naviguer peut-être deux semaines de plus le printemps et l'automne ou en tout 4 mois tout au plus au lieu de 3.
La date moyenne de 116 arrivages consécutifs des navires de la Cie de la Baie d'Hudson, à la Factorerie de York a été le + sent. Parmi ces 116 arrivages, 48 étaient en août, ie 6 acût étant la date :a moins avancée, et le 7 oct. la date la plus reculée ; dans ce dernier cas le navire hiverna dans la baie.
Mais si le détroii d'Hudson n’est ouvert, quoique toujours obstrué de glace, que pendant seulement trois mois de l’année, ee qui rend l'exploitation commerciale des ressources de la baie par voie maritime, difficile et risquée; il n’en est pas aiusi de la baie elle-même où les eaux sont plus chaudes que dans le détroit, dû en partie à ce que Ja latitude moyenne ou centrale de la baie est de quelques 7 © inférieure à celle de l’embouchure du détroit, distance de près de 500 milles au nord, et à ce que les grandes nappes d’eau profonde, sont tempérées et par la chaleur intérieure de la terre qui s’y exale, et y agit par convection comme leau se chauffe an contact du feu dans une chardière c’est-à-dire de bas en haut; tandis qu’en même temps l’eau étant un mauvais conducteur, le froid à sa surface ne le pénètre point aussi profondément, aussi vite qu’il entre dans le sol des continents et que y entrât-il, il s’y forme de suite, comme sur nos rivières une couverture de glace qui dérobe l’eau à ses effets et empêche sa chaleur de s’exaler à la surface, et de se perdre dans l'atmosphère.
Dans le détroit, la température de l’eau, à sa surface a varié de 32. à 33.1 © pendant le voyage du Neptume en août et sept. 1884, tandis que dans la baie eile était de 41° à Churchill, 37.7 © à 100 milles au Nord Est de York, 39.4° à l'Ile
de Marbre et de 36° à l'extrémité de l’isle Mansfeld vers l’entrée nord-est de la Baie d'Hudson.
Il est reconnu maintenant que la baie est navigable de boune heure en juin, et le facteur à Churchill affirme que la glace dans la Baie d'Hudson ne s'étend jamais assez loin du rivage pour qu’on ne puisse voir l’eau libre du littoral ; et que cette distance est peu considérable, vous pouvez, vous avez pu vous en convaincre lorsqu’en voyageant entre Québec et lIle d'Orléans, la simple largeur d’un mille de glace qui vous sépare des eaux du St-Laurent suffit pour vous en dérober la vue.
A Belle-lle la température de l’eau était de 41.6° le 25 juillet et à l'entrée du détroit d'Hudson de 34.7 © le 4 août de la même année, différence de 7°, tandis qu’à Churchill, au centre de la baie d'Hudson et 74° de latitude plus au nord que Belle-Ile la différence n’est que de 4° à 2° tout au plus.
Les courants, et marées dans le détroit d'Hudson augmentent grandement les risques de la navigation, Ces courants ont une vitesse de 3 à 6 nœuds à l’heure ; ils sont très rapides en certains endroits et un vaisseaux luttant contre ces courants, au milieu de glaces flottantes, courrait risque de grandes avaries, celui même de sombrer.
Une autre difficulté, et celle-ci, dit le lieut, Gordon. est la plus sérieuse que je puisse prévoir : c’est la perturbation de l'aiguille aimantée, surtout dans les parages dangereux avoisinant l'ile Digges. On réussit ordinairement. à doubler Pile Mansfield au moyen de la sonde, mais il n’en est pas ainsi de l'ile Digges où les navires sont exposés au danger de faire naufrage, à moins d’une vigilance continuelle jour et nuit et en preuant toutes les précautions possibles.
L'inclinaison de l’aiguille est de 86° à l’île Digges à l'extré-
— D — mité ouest de la Baie d'Hudson, où l’on approche du pôle magnétique situé parait-il ans le territoire de la Cie et que Sir John Ross place au 82 © de latitude 'N,. Cela indique une grande force verticale, pendant que la force horizontale s'approche du point où elle va disparaître. Dans la traversée entre le Royaume-Uni et la Baie d'Hudson, l’inclinaison augmente de 67 © à 87 © environ ou de 20°. Le seul moyen de naviguer avec sureté le détroit, est d’avoir recours constamment à la sonde et d’être continuellement en vigie parceque l'estimation de la route par l'aiguille aimantée est très souvent loin d’être exacte.
Les poissons et mammifères que le commerce peut exploiter sont lo la baleine franche “ balena mysticctus ” qui est la plus recherchée à cause du haut prix de ses fanons. On obtient une tonne de fanons et de 20 à 40 tonnes d’huile d’une baleine de 50 à 60 pieds de longueur suivant l'épaisseur du lard qui varie de 6 à 18 pouces, 20 Lu baleine blarche “ begula catodon,” la baleine par excellence de la baie d'Hudson. On en voit de grands troupeanx monter avec la marée, chaque jour, dans les rivières Churchill, York et Nelson,
De toutes les pêches qu’exploite la Cie, celle-ci est la plus considérable.
Chaque marsouin vaut à peu près $100.00. En 1883 la Cie. en a pris environ 200 dans une seule marée à Churchill, affaire de $20,000.00 d’un seul conp de main. On les fait échouer sur les battures des anses où la marée monte de 10 à [5 pieds et où on les retient au moyen de rets à trappes, jusqu’à ce que l'eau disparaisse ; le marsouin reste alors à sec sur les rochers ou le sable, 30 Le narval monodon Monoceros ou ‘ l'unicorne,” un cétacé qui a beaucoup de lard pour sa grosseur ; la corne du mâle mesure souvent jusqu’à 5 pieds de longueur et, comme elle est d'ivoire, se vend à un prix élevé. 4o Le morse
ou cheval marin “ érichecus rosmurinus ” que l’on trouve en
troupeaux très nombreux, généralement à peu de distance du rivage, au nord de l'Ile de Marbre où la Cie. envoie de Churchill, chaque année, deux vaisseaux qui n’ont jamais manqué de se procurer, dans l’espace de quelques semaines, autant de lard, d'ivoire et de peanx qu’ils pouvaient en porter. En 1884 on a pris &e 20 à 30 de ces pinnipèdes dont la valeur s'élevait à $7,000.00 ou plus. 5o Les phocides “ phocue ” de diverses espèces.
Dans la baie on rencontre des phoques de presque toutes les familles, mais pas en aussi grand nombre, au printemps que sur les côtes de Terre-Neuve ; les Esquimaux néanmoins en tuent beaucoup et en utilisent la chair pour leur nourriture et la peau pour leurs vêtements, leurs canots “kayoks” et leurs huttes. , 60 L’Ours polaire “ ursus maritimus. ” Quoique ces animaux soient nombreux, il est assez rare qu’on en voie dans le mois de juin, lorsqu'ils s’aventurent sur ies glaces flottantes à la recherche de phoques qu’ils capturent pendant qu’ils sont endormis. On ne connait point de cas où ils aient attaqué l’homme, malgré leur férocité réputée. 7o Parmi les poissons c’est le saumon et la truite seulement que l’on exporte, quoique l’on pêche des poissons blancs d’une excellente qualité dans la rivière Nelson, et autres cours d’eau où ils choisissent de préférence l'endroit où l’eau salée se mêle à l’eau douce. 80 Quant à la morue qui est abondante dans le détroit à l’est de la baie d'Ungava, il ne parait pas y en avoir dans la baie d'Hudson ; au moins on n’en a pas trouvé jusqu’à présent.
Cette pêche de la baleine est exploitée par les habitants des Etats-Unis depuis plus de 40 ans, principalement dans le bassin de “Rowe’s Welcome” au Nord de la baie d’'Hudsou, Les baleiniers surtout du Massachussetts et du Connecticut partent ordinairement des ports du New-Bedford et de New-London, en juillet et se rendent à l’Ile de Marbre près de la côte N.-O. de la baie d’'H. où ils arrivent en septembre et passent l’hive
dans un port jusqu’au mois de juin suivant ; ils dégagent alors leurs vaisseaux de la glace en la sciant, croisent ensuite dans la baie pendant le mois de juillet, puis eafin ils se dirigent an nord, vers les campements de pêche, d’où ils reviennent vers le ler sept. avec leurs cargaisons de lard et de fanons, dont on estime la valeur à plus d’un millions de piastres, pendant une période de 25 ans et cela en prenant une moyenne de seulement 10 baleines par année et de $4000.00 par baleine.
Suivant le rapport des commissaires des pêcheries des Etats-Unis, pour 1875-76 leurs baleiniers ont fait pas moins de 50 voyages à la baie d'H. et en ait rapporté des cargaisons d’une valeur d'au moins $1,371,000, c-à-d. en moyenne de $27,240.00 par voyage et par vaisseau pendant les onze années antérieures à 1874.
La valeur totale de l'huile seulement, obtenue et exportée de la région de la baie d'H., par la Cie de ce nom et les pêcheurs des Etats-Unis, en 1883 est estimée à $150,000.00 et a $1 500,000 durant le Cours des 10 dernières annéss.
D’après le rapport de 1886 par le lieut. Gordon le nombre de baleiniers expédiés de la Nouvelle Angleterre à la baie d’H. et au Golfe de Cumberland et leur cargaison moyenne de 1846 à 1876 ont été comme suit: 113 vaisseaux ou de 4 à 5 par année pendant 25 ans : 14.3 barils de spermacéti, moyenne par année de chaque navire, 496 barils d'huile de baleine, 7965 livres de fanons de baleine. La cargaison moyenne évaluée aux prix actuels serait dit Gordon d'environ $47,200.00.
De 1846 à 1876, 16 de ces baleiniers ont péri. Mais si l’on considère que leur grandeur moyenne n'était que de 240 tonneaux, on verra que les profits réalisés ont été très grands.
À part la pêche de la baleine, ces baleiniers traitent, sans
permis, avec les Esquimaux, pour les peaux de bœufs-musqués et autres fourrures, en concurence avec la Cie de la baie d'Hudson qui paye les droits imposés par le tarif protecteur du
Canada, sur tous les articles qu’elle importe pour le commerce de cette région. En 1885 les droits qu’elle a payés aux postes de York et de Moose s’élevaient à $22,000,00.
Un autre fait qui mérite l’aitention du Gouvt du Canada c'est que la colonie de Terre-Nauve perçoit des droits sur les articles consommés au fort Chimo dans la baie d’Ungava, détroit d'H., ou vendus aux indigènes de l'intérieur du Labrador, quoique cette région se trouve sur le territoire canadien, celui de Terre-Neuve étant borné comme suit: “En partie, à l'ouest par la ligne du 57 © 9: de longitude ouest, courant vrai nord, à partir de Blanc Sablon sur la parallèle de 50 © .25 de latitude N., sur le détroit de Belle-Ile, comprenant Blanc Sablon et les Iles de Bois, “Woody Islands”) jusqu’à la parallèle de 52 © de latitude NN. et de là le long de la côte est du Labrador jusqu’au Cap Chudleigh qui est situé sur la parallèle de 60° 37:.de lat. N. et sur la ligne de 65 © de long. O. à lembouchure du dédroit d’'H.—Pour les limites de la partie du Labrador sous la juridiction du Gouvt de Terreneuue, voir l'annexe du ‘Journal de l’'Ass. Lég. de Terreneuve 1864 page 614.
Ceux qui désirent avoir une idée générale et exate des autres pêcheries du Canada peuvent consulter la brochure très intéressante et instructive de L. Z. Joncas M. P. pour le comté de Gaspé, et publiée par le ministère de l'Agriculture en 1886, dans la quelle il démontre que le Canada possède les pêcheries les plus étendues et les plus riches de l'univers.
Les ressources minérales ainsi que l’histoire naturelle de la baie et du détroit d'Hudson sont traitées par le Dr Bell, sousdirecteur de l'exploration géologique du Canada, qui remplit les fonctions de médecin et de géologue pendant chacune des trois expéditions. Ses rapports sont annexés à ceux du lieut.
Gordon. Suivant ces rapports le gneiss prédomine sur les côtes du détroit, et les échantillons de roches obtenus sur la côte ouest de la baie indiquent que la formation hurorienne couvre une grande étendue de la région de la baie d'Hudson ; c’est dans cette formation surtout que l’on trouve les matériaux économiques.
Dans son rapport de 1888 12 Dr Bell donne l’énumération de ces minéraux qu’il déerit ainsi que les localités où ils se trouvent : Fer, argile ferrugineux, cuivre, plomb, zinc, molybdène, argent, or, gypse, sel, hématite ou pierre de savon, lignite, anthracite, pétrole et asphalte, mica, graphite, asbeste, fer chromaté, apatite, pyrites de fer, chaux servant au ciment hydraulique, pierres de construction, sable de verrier, argiles réfractaires, argiles à brique, sable à mouler, marne coquillère pour les engrais, ochre, tourbe, dalles, ardoises à toiture, et autres substances, ainsi que des pierres ornementaires et des minéraux d’un intérêt scientifique.
Jugeant d’après les recherches faites et les renseignements procurés jusqu’à 1887. M. Bell regarde la région du N.-0. de la baie d'H. comme étant celle qui promet le plus de richesse en matériaux économiques que l’on puisse exploiter parmi les territoires inexplorés.
Parmi les mammifères terrestres, les principaux sont : l'ours polaire, les renards blane, gris, rouge et noir, le renne, le loup et le lièvre, le long du détroit et au nord de la baie, Parmi les oiseaux, les espèces les plus abondantes, sont les outades, les cygnes, les canards et le ptarmigan ou perdrix blanche.
La “faune” et la “flore” observées par F. F. Payne assistant dans le corps météorologique du Canada et alors en charge du poste d'observation à la baie Stupart, sur la côte N.-O. de la sonde sont décrites dans le rapport de 1886. Dans la partie qui regarde la “flore”, il y a un tableau qui indique que les
boutons des plantes se forment entre le 20 &è mai et le 27 de k :
juin, et les feuilles dans le cours de juin; les fleurs s’épanouissent en juillet, les graines murissent en août et les plantes dépérissent à partir du 20 août au 15 sept.
D'après les renseignements obtenus on trouve l’épinette blanche et rouge, le sapin, le bouleau, le tremble et le peuplier dans l’intérieur de la région du Labrador, vers le nord, mais à quelqus distance de la côte de l’Atlantique e6 du détroit d'H., excepté le long des rivières et des ruisseaux où croissent ordinairement l’épinette rouge et blanche. Sur le côté O. de la baie d'H., on voit de l’épinette tout le long de la côte, en grandes quantités. ;
Sur la côte du Labrador, le long de l'Atlantique, les indigènes se groupent d'ordinaire autour des Missions Moraves dont la principale est à Nain, où il sont au nombre d'environ 200 ; cette mission est située à 410 milles au N. de Belle-Ile et à 350 au S. du Cap Chudleigh à l'embouchure E. du détroit d’'H. Dans le reste du Labrador sous la juridiction de Terreneuve, il y en a 400, ou un peu plus, suivant le recensement de 1884. Le nombre total des habitants alors était de 4,212 dont 607 Esquimaux.
Le long du détroit d’H. on estime que le nombre des Esquimaux n'excède pas 1500.
Les hommes ont ordinairement une hauteur de 5 2 à 58
et les femmes de 4 10 à 5 EL Leurs familles comptent ordinairement 2 enfants. Leurs principales maladies sont celles des poumons.
Suivant le recensement ecclésiastique de 1881, la population des divers postes de traite et de pêche le long de la côt° nord du golfe St-Laurent, de Tadoussac à Blanc Sablon, distance d'environ 676 milles, était de 8,457 personnes dont 3,500 entre Tadoussacgt Betshiamitz sur les premiers 77 milles. La population sur le reste du parcours en y comprenant celle de
Betshiamitz était de 4957, dont 1228 sauvages.
Suivant le relèvement du lieut. Gordon de 1886 le havre Churchill de 1000 x 1500 verges d’étendue avec une profondeur de plus de 4 brasses à marée basse, est éminemment sûr. Sa situation pour un terminus de chemin de fer est admirable. Les quais pourraient être construits et le bassin d’eau profonde agrandi à peu de frais. On pourra se procurer toute la pierre requise pour le lestage des quais et des jetées, sur la grève. La nature semble avoir déjà fourni ce qui est le plus essentiel pour établir, en cet endroit, un port de comimerce sur une vaste échelle. La glace se forme dans le havre vers le milieu de novembre et se débâcle vers le milieu de juin. Les marées y sont de 8 à 154 pieds.
Gordon dit que le port Nelson est des plus difficiles et dangereux et que quelque somine qu’on y dépense on ne réussira pas à y mettre les vaisseaux en sureté ; d’ailleurs la brume y prédomine en juillet et août.
La factorerie de York, sur la langue de terre entre les rivières Nelson et Hayes, toujours du côté ouest de la B. d'H. Depuis plus de 2 siècles de 2 à 5 voiliers, en moyenne, fréquemimnent escortés par des vaisseaux de guerre, sont partis d'Europe et d'Amérique à destination de Fort Nelson ou autres parties de la baie d'Hudson et sunt revenus pendant la: même saison, avec des cargaisons par la seule voie praticable du détroit d'H. :
Le port York se trouve à l’embouchure d’un fleuve qui décharge un volume d’eau double de ceux des bras N. et S. réunis de la Saskatchewan et qui se jette dans la mer, par une dépression étroite des Laurentides dont la chûte est de quelques 700 pds, sur un parcours d’un peu plus de 400 milles, à …
se 16 —
partir du point où il débouche du lac Winnipeg, Il est presque à la même distance que l’est Québec de Toronto, de la lisière d'une vaste 1égion fertile, au nord-ouest dont la superficie dépasse 200 millions d’âcres. Les dates de l’uuverture de la navigation sur la rivière Hayes varient du 9 mai au ler juin et celles de la clôture du 3 novembre au 9 de.
©:s chemins de fer à la baie d'Hudson : Chemin de fer subventionné : de Winnipeg à un point situé au Port Nelson, ou dans les environs sur la baie d'Hudson, d’une longueur totale de 650 mille—subvention eu terres 6,880,000 acres, voir acte du 49 Vict. Chap. 73, 1886 et aussi l’ordre en conseil du 11 mai 1885. Le chemin de fer devait être complété avant le 11 mai
Chemin de fer projeté du las Nipissingue à la baie d'Hudson : 1ère section North Bay près de l’extrémité est du lac Nipissinque, 20 milles à l’ouest de la station de Callender sur le C. P. R, au lac Témiscamingue 81 milles—2ème section du lac Témiscamingue au lac Abittibi 94 milles—3ème section lac Abittibi à Moose Factory, baie d'Hudson 175 milles—total de 320 milles. Une compagnie pour la construction de ce chemin de fer a été incorporée en 1884 par l'acte 47 Vict, chap. 80—Cet acte a été amendé par l’acte 40 Vict., chap. 77, 1886 accordant un délai pour l’époque de l'achèvement. Les travaux devaient être commencés le 2 juin 1888, la première section achevée en 1890, la 2ème en 1892 et la 3ème en 1894.
Le lac St-Jean est à 350 mil'es ou à la même distance du poste de la baie d’H. près de l'embouchure de la rivière Ruvert sur la baie d’H., à l’est et au sud de la baie James que le lac Temiscamingue se trouve à partir de “Moose Factory” qui est situé sur le côté Ouest près de l'extrémité de la même baie.
Une ligne droite entre le lac St-Jean et la baie d'Hudson passerait à environ 60 milles au sud-ouest du grand lac Mistassini qui se décharge dans la rivière Rupert dont le volume
est aussi grand si non plus grand que celui de la rivière Saguenay.
Nous venons de voir à grands traits, l'étendue de la baie d'Hudson, ses ressources, son climat, la difficulté d’y parvenir par eau par le détroit de même nom, les projets déjà en voie de réalisation de deux chemins de fer pour y arriver : l’un de 650 milles de Winnipeg au Port Nelson, l’autre de 350 milles partant de North Bay sur la rivière Ottawa au nord du lac Nipissingue pour se rendre an lac Témiscamingue, de là au lac Abittibi et de la à Moose Factory sur la baie James à l’extrémité sud de la baie d'Hudson, — ces deux chemins sont déjà depuis plusieurs années indiqués sur la carte du Canada — et Québec le plus intéressé de tous à la confection d’un chemin pour s’y rendre n’a encore rien fait ; sauf il est vrai que le chemin qui relie maintenant Québec au lac St-Jeau est bien dans la direction voulue,
La distance en ligne droite est de 350 milles, avous-nous dit, et quoique le lac Mistassini s'éloigne de 20 lieues de cette dernière. la voie par Mistassini et la rivière Rupert ne sera guère que de 30 milles de plus ou de quelques 383 milles en tout, et il serait prob blement avantageux d'adopter ce dernier trajet pour profiter chemin faisant des ressources économiques du Mistassini qui est un lac de 100 milles d’étendue, sinon davantage, et de celles des eaux de la rivière Rupert qui relie le lac à la baie James et que l’on dit être très poissonneuse.
On a déjà prêté à M. Beemer notre vaillant entrepreneur de chemins de fer et qui vient de mener à bonne fin celui du lac St-Jean, celui de Charlevoix et va compléter bientôt celui du lac St-Jeau à Chicoutimi, le projet de mettre à l'étude ce chemin de la baie James. Venons lui en aide, si c’est le cas, et que la Province de Québec plus intéressée en ce sens que ne peut l'être Le Gouvt. Fédéral qui sans doute nous fera nécessairement un octroi, comme il en à fait aux chemins déjà men-
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tionnés de Winnipeg et du lac Népissingue ; que le Gouvt. de Québec, dis-je, mettre la main à la roue dans les intérêts nonseulement de Québec mais de la province tout entière à la quelle les moyens coiïmencent à manquer de pourvoir à ses besoins, de trouver un débouché pour ses produits, de l'ouvrage
pour les désœu vrés.
Allons-nous donc plus longtemps nous laisser manger l'herbe sous les pieds par les habitants des Etats-Unis qui nous passent devant pour exploiter les ressouces d’une mer intérieure située sur le sol même du Canada et qui est pour le moins autant du ressort de la Province de Québec que de celle d'Ontario puisque la ligne de division entre les deux provinces bifurque la baie, et dont l'exploitation devrait être acquise plutôt à Québec qu’à Ontario qui est de beaucoup plus riche que Québec sous tous les rapports et n’a pas besoin de cette source additionnelle de profits pendant que Québec en a le plus grand besoin.
Le premier pas à faire serait pour le Gouvernement Local par l'intermédiaire du Fédéral de mettre fin de suite à Pexploitation des pêcheries et autres ressources de la Baie d'Hudson - par nos voisins les Américains qui ne payent pas et n'ont jamais payé un seul sou au Canada depuis près de 50 ans qu’ils naviguent, sans aucun droit, dans nos eaux.
Qu’on se rappelle qu’il y a quelques années la pêche à Îx baleine était une industrie importante dans le golfe St-Laurent où pas moins de dix vaisseaux y étaient engagés, mais que après que droit fut acquis aux Américains de pêcher dans ces eaux, ils ont eu très peu de temps complètement détruit cette pêche en chassant du golfe le poisson par les moyens mêmes employés par eux pour le capturer : bombes explosibles et autres méthodes inavouables.
Le lieut Gordon dit : “Malgré que cette industrie (la pêche de la baleine dans la baie d'Hudson) est encore comparative-
ment peu importante, je suis persuadé, que vu les profits considérables qu'ont réalisés ceux qui y sont engagés, les facilités pour sont extension, et l'attention toujours croissante que l’on commence maittenant à duuzer aux ressources de la région de la baie d'Hudson, il n’y a #:1cun doute qu’un plus grand nombre de vaisseaux y sera attiré avant peu. Je suis certain, continue-t-il, qu’il y a dans ces eaux des baleines en très grand nombre, par le fait qu’on les a constamment rencontrées pendant les courses du Neptune dans la baie, et parceque autant que je puis le savoir, jamais un de ceux engagés dans la capture n’a eu à s’en retourner sans avoir une bonne cargaison, La barque “George et Marie” Capt. Fisher, du Connecticut, hiverna à l'Ile de Marbre durant la dernière saison, sortit de la glace le 7 juin dernier et réussit à prendre trois baleines dans la baie d'Hudson même avant de se rendre au “Welcome” ; et si l’on considère que 5 à 6 de ces mammifères compléteraient sa cargaison, il est facile de voir que cette pêche est loin d’être sur le déclin. Pour la Cie de la B. d’'H. c’est la pêche au marsouin qui est la plus étendue. Le lard (blubber) de ces mammifères pèse de 250 à 400 Ibs et produit en abondauce la plus belle huile.
Gordon remarque enccre et recommande que dans tout traité de réciprocité qu’on pourrait faire avec les Etats-Unis, une allouance devait être faite pour la grande valeur des pêcheries de la Baie d'Hudson.
Si, dit-il, lon doit permettre aux baleiniers américains de continuer à pècher dans ces eaux, des arrangements devraient être faits par lesquels le Canada recevrait un équivalent substantiel pour le prévilège. Je suggèrerais, continue-t il, qu’à moins d’une large compensation pour le privilège, le Gouvt. Canadien devrait réserver le droit de décréter et mettre en viyueur des règlements capables d'empêcher la destruction de ces précieux mammifères et leur disparition de nos eaux arctiques.
Voici ce que dit l’'Hble, M. Nantel ministre des Tr.-P. de la Pr. de Q. dans son rapport pour 1892. Voir page V, du dit R.
Le chemin de fer Montréal et Occidental sera construit l'an prochain jusqu’à la chûte aux Iroquois, e-à-d, jusqu’au centre des diverses paroisses nouvelles fondées par le curé Labelle, La compagnie se propose de pousser ses travaux jusqu’au lac Nomiringue et de la jusqu’au lac Témiscamingue, où elle ferait Jouction avec le chemin de fer de colonisation du lac Témiscamingue, dont les travaux seront terminé l’an prochain, d’après l'information que le département en a reçue des autorités du Pacifique Canadien. Si ce projet se réalise, le côté Nord de la vallée de l'Outaouais sera traversé par une voie ferrée dans sa partie la plus ricle, si on l’étudie sous le triple rapport &es mines, des forêts et de l’agriculture.
Il y & à dire quelques mots, maintenant, de la baie James - plus spécialement dont ne parie point le lieu. Gordon, les études de ce dernier se rapportant surtout au détroit d'Hudson et à la possibilité d’écouler par cette voie d’eau les ressources de la baie d'Hudson. Cette information nous est acquise dans le rapport de M. l’arpenteur Ogilvie du 20 janvier 1891, à l’Hble Ministre de l'Intérieur à Ottawa, par le quel M. Ogilvie avait été chargé d’explorer la route par les lacs Témiscamingue et Abittibi et par la rivière Abittibi.
M. Ogilvie après quelques pages de son rapport données aux observations astronomiques nécessaires pour établir les latitudes et longitudes des points importants du parcours, fait le récit de son voyage à partir Matawan sur la rivière Ottawa jusqu’au lac Témiscamingue partie par eau et partie par chemin de fer de la Cie de Colonisation du lac de ce nom ; e-à-d. que les portages sur ce parcours de 35 milles sont remplacés par des sections de voie ferrée dont la première, à 4 milles de Matawan, est de 4 mille de long : le second, à environ 84 milles de Matawan, aussi par une section de chemin de fer d’un demi
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mille de longueur ; le troisième, à environ 12 milles de Matawan, d'une longueur d’un quart de mille, La dernière section de "oie ferrée de six milles de parcours se trouve entre la tête du lac “sept lieues” qui u’est qu’une expansion de la rivière Ottawa et le pied du lac Témiscamingue, sur le quel lae il y déjà, paraît il, une demi douzaine de bateaux à vapeur.
M. Ogilvie nous conduit ensuite de lac en lac, de portage en portage, de rivière en rivière jusqu’au lac Abittibi, puis par le lac Abittibi et la rivière de ce nom jusqu’à Moose River (rivière au caribou) et enfin à la baie James, avec récit circonstancié des distances, des rapides, des chûtes, des ressources économiques du parcours : minéraux, faune, flore et poisson.
La Baie James qui fait partie, la partie la plus au sud, la plus voisine de nous, de la B. d'Hudson, mesure 160 milles de largeur d’E. à O. sur une profondeur de 260 milles du sud au nord où l’on tombe dans la B. d’H. proprement dite. Elle est donc d’une superficie de plus de 40,000 milles carrés ou de 2660 fois aussi graude que le havre de Québec. Il y a dans cette baie quelques iles dont la plus grande Agooniska mesure près de 70 milles de longueur. La distance de Moose Factory, où doit aboutir le chemin de fer de Matawa, Témiscamingue et Abittibi est à 120 de Rupert house où la Cie a encore un poste comme elle en a un à Eastmain à 60 milles plus au nord sur le côté est de la Baie. J. Rupert house est située sur la rivière Rupert, décharge du lac Mistassini et c'est de là que se distribuent tous les agrès nécessaires aux autres postes de la Cie. autour de la baie James.
Entre les postes Mocse et Rupert et jusqu’à Eastmain. le littoral de la baie est plus élevé et presque à un même niveau, le sol sableux plus ou moins et le hoïs de moyenne futaie excepté dans le voisinage des rivières où il devient de plus grande taille. Une des rares côtas autour de la baï= dite
Sherricks Mount s'élève à la hauteur de 600 pieds, c’est la plus élevée des environs ; plus à l’intérieur il y en a d’autres wais de moindre altitude,
Aux postes Moose et Rupert dit Ogilvie comme aux autres postes que j'ai visités, la Cie a des jardins où elle récolte toutes les patates dont elle à besoin. D’autres légumes y sont cultivés en quantités assez considérables, mais les melons, tomates, concombres n’y mûrissent point, la saison des chaleurs n’y étant pas assez longue, et d’ailleurs à Québec même il y a des annees où les tomates et le tabac ne peuvent le faire non plus, lorsque les gelées d'automne nous arrivent trop tôt.
Le raisin de Corinthe ( currants, vulgairement appelé gadelles dans nos campagnes ) rouge et uoir y réussit aux deux endroits et est bon de grosseur et de qualité ; et l’on trouve les fraises et framboises sauvages et groseilles tout le long de la ôte et jusqu’à East Main si non plus loin. Mais ces fruits y môûrissent plus tard qu’à Ontario, ou vers la fin d’août, les groseilles une semaine ou deux plus tard. Les bluets se trouvent en quantité tout le long de la côte et comme l’on sait c’est un fruit précieux, nourissant et qui se conserve bien et fort longtemps à une assez basse teinpérature.
A tous les postes autour de la baie se trouvent des bêtes à cornes en nombre considérable, de forte stature et d’une apparence qui ne le cède en rien aux animaux d'ici. A East Main on fait l'élevage des bestiaux et moutons pour de là les distribuer aux autres postes autour de la baie, soit comme bœuf et moutoa ou comme vaches laitières. Ces dernières n’ont pour pâturage qu'une herbe grossière, un foin que l’on récolte sur des bas fonds subinergés à haute marée. Le foin se coupe entre marées, on le charge à bord de chaloupes qui tiennent de 5 à 6 tonnes chacune pour le transporter à destination où on le inet en meule après l'avoir faitsécher au soleil comme on le fait ici. Les prairies de Rupert House sont a quelques 4 milles du poste ; on y emmagasine le foin sur des planchers érigés à une hauteur convenable pour que la marée haute ne les atteigne point et il y a autour de la baie de nom-
breuses prairies que l’on peut utiliser de la mêice manière.
Les ressources forestières de la baie James ne sont point de nature à prêter à un commerce bien lucratif, Le bois y est d'ordinaire de petit diamètre sauf sur les rivières où il y a des épinettes d’une quinzaine de pouces de diamètre, du pin, du sapin, du bouleau ; mais pour tous les besoins de constructions ordinaires : maisons, granges, etc., il y a en quantité les grosseurs requises et les sites à moulins pour le scier ne manquent point sur ies rivières qui se déchargent dans la baie, 11 ne manque point non plus de bois de chauffage pour de longues années à venir.
Il ne parait point y avoir dans le voisinage du poste Rupert autre chose d’une valeur économique qu’un granit rouge-gris de très belle qualité qui s’y trouve en lits massifs offrant toute la pierre à bâtir qui puisse y être requise «& dont on peut extraire des blocs de toutes dimensions voulues. Ce rocher est e nnu sous le nom de “ Red Rock ” et se trouve à l’est de la baie à mi chemin eutre les postes Rupert et East Main. On dit ce granit très beau et approprié à faire des monuments et à des fins d'ornementation.
On pourrait dire que les seules ressources du district autour de la baïe consistent en ses pelleteries de castor, marte, loutre, renard, vison, lynx, ours noir, loup et ours-blanc. Le menu fretin ou petit poisson de la baie consiste en petit poisson blanc, truite, brochet, etc. Le gros poisson est le marsouin blanc dont l'éclat fait superbe contraste avec les eaux noires de la baie, et comme il a de 12 à 18 pieds et plus de longueur on le voit très loin quand il vient à la surface pour souffler. …
En fin de compte il ne parait point que les pêcheries de la baie James puissent à elles seules motiver de grands frais pour les exploiter ; mais il en est autrement de celles de la baie d'Hudson proprement dite comme je lai déjà fait vcir, et si c’est le cas, leur écoulement par chemin de fer, voie de terre jusqu’à Québec et de là chez nous et à l'étranger serait évidemment plus prompt, plus facile, plus expéditif et par conséquent plus lucratif que #ar la voie d’eau du détroit d'Hudson, puisque
un baleinier ne peut faire son voyage, sa pêche, sa cargaison qu'une fois tous les deux ans, tandisque par la route projetée du lac St-Jean, Mistassini et Rupert, chaque vaisseau engagé dans la pêche des cétacés ferait au moins deux cargaisons par saison, peut être trois, quiutuplant ainsi du coup les profits de l'entreprise,
Les vaisseaux requis, construits ici comme par le passé, se rendraient avec leurs équipages à la baie d'Hudson par le detroit de même nom ; mais au lieu d’avoir à en risquer tous les ans les périls pour y aller et en revenir, mouilleraient ou se mettraient en hivernement dans la baie James, où leurs équipages se bâtiraient, logeraient leurs familles qui, avec les bestiaux, porcs, vaches et moutons qu’elles y élèveraient, les patates et autres légumes, fruits, etc. qu’elles y cultiveraieut et labondance de gibier, canards et oies sauvages qu’elles y tueraient au printemps et mettraient en salaison, y passeraient utilement et agréablement leur temps.
Pêche à la baleine
L’Angleterre de 1860 à 1886, période de 27 ans et malgré le petit nombre de vaisseaux engagés dans cette industrie a fait £1,634,624 sta.— $8,173,120.00 ou une moyenne de $302,710.00 par année. Le nombre de baleines prises sur les côtes du Greerland n’a été que de 8 par année en moyenne mais de 82 dans le détroit de Davis, total de 2478 baleines. en 27 ans, valeur moyenne de $3,330.00 par balêine.
Le baleinier anglais est d’orninaire de 400 à 500 tonneaux. On le blinde à l'extérieur à la ligne de flottaison, et pour prévenir ies effets tranchants des glaces, d’une armure en buis d'Australie d’une grande dureté, appelé “ iron bark ” écorce de fer, :
Sous le plancher de bas de la cale se trouvent placés quelques 50 réservoirs en fer pouvant contenir chacun 25 barils d'huile, ensemble de 200 à 250 tonnes.
Chaque baleinier a huit chaloupes et de 30 à 60 hommes
composent l'équipage. Ses depenses mensuelles en mer sont de 2500 ou de $2,500 par mois.
Le baleinier coûte au complet £17,500.00 ou $87,500.00. Il a un engin auxiliaire de 75 chevaux-vapeurs.
La chaloupe baleinière a 27 pieds de longueur, 6 de large, 24 de profondeur. Chaque chaloupe à de 600 à 800 brasses de cordes de 7 de pouce de grosseur ou diamètre ou de 24 de cire. Sur le devant de la chaloupe est un petit pont ou ponceau où est installé un canon pour servir à lancer au besoin le harpon. Cet instrument est monté sur un pivot pour pouvoir se diriger dans un sens quelconque,
Lorsque du “ nid de la corneille ” le “ crow’s nest ” ainsi appelé et qui n’est autre chose qu’un baril qu’on attache au haut d’un mat, on aperçoit une baleine, une des chaloupes part de suite à sa poursuite en ayant soin de ne pas se hasarder dans le rayon visuel de la baleine, A 25 pieds si c’est à la main, à 75 pieds si c’est au canon, on lui décoche le harpon qui lui pénètre les flancs, et barbelé qu'il est comme une flèche, ne peut ensuite s’en détacher. A la tige du harpon qui est en fer de & pouce et de quelques 6 pieds de longueur est attaché avant de le décocher l’extrémité libre de la corle enroulée, à l'effet voulu, sur un fuseau pour en permettre le débit à demande,
La baleine dès qu’elle se sent atteinte, part comme une flèche, elle se dirige en descendant vers le fond de la mer où, si le fond n’est éloigné que de 400 à 500 brasses, elle va assez souvent, avec sa vitesse acquise, se heurter, se briser: la machoire. Au bout de 30 à 40 minutes, force lui est de revenir à la surface pour respirer ou souffler comme on dit,
Daus l'intervalle d’autres chaloupes se sont mises de la partie et lorsqu'elle reparait à la surface lui lancent des harpons. Elle part une seconde fois, mais avec moins de … vitesse, elle à perdu de son sang, elle s’affaiblit, elle s'éloigne