‹ La Baie d'Hudson [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 5 · LE · texte numérisé non relu

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Secrion I., 1910. [17] Méuomes 8 RC,

Il.—La Baie d'Hudson.

Par M, le juge L.-A. PRUD'HOMME.

(Lu le 28 septembre 1910.)

La compagnie de la Baie d'Hudson, comme nous avons déjà pu le Constater, avait tenté l'impossible de 1672 à 1720, pour établir des postes dans l’intérieur j i doigt,

Il semblerait que ses serviteurs se croyaient enchaînés à la baie, et elle ne put les déterminer à entreprendre des voyages réguliers, dans l’intérieur et encore moins à s’y fixer. Force lui fut donc de se résigner À son sort.

Pendant que :ces rudes gaillards de coureurs des bois, venaient lui

ver les plus belles fourrures, jusqu'aux potes de ses forts, elle tournait ses regards vers le nord, qu’elle commença à explorer. Elle se

i uête de mines d’or et de cuivre et fit la chasse aux baleines et aux phoques,

Cependant elle ne 1. gligea aucun moyen d'encourager les sauvages de la rivière Churchill à visiter ses postes. En 1738, on constate que 300 canots descendirent à la mer par cette rivière. Il ne paraît pas toutefois que les sauvages de la rivière Mackenzie fréquentèrent la baie À cette époque. Si quelques-uns s’y rendirent ce ne fut qu’à de rares intervalles. La factorerie d'York attirait un plus grand nombre de sauvages que les autres forts. C'était là que venaient traiter les tribus, habitant les lacs La Pluie, des Bois, Winnipeg, Manitoba et Winnipegosis. Cette traite n’était pas cependant aussi abondante qu’on serait porté à le croire. Cette partie du pays n’était par très giboyeuse et la longueur du trajet décourageait les Sauvages. Bon nombre d’entr'eux avant l’arrivée de La Vérendrye préféraient laisser trainer dans leurs loges des fourrures de prix plut: « que de Passer tout l'été en voyage.

La compagnie ne se décida à gagner le sud et à sortir de sa torpeur qu’en 1772, lorsque Joseph Frobisher intercepta la flotte des sauvages au fort de “ Traite,” sur la rivière Churchill et la laissa sans un poil. Voyant que les sauvages désertaient ses comptoirs, elle secoua son manteau de glace et Pénétra enfin dans le Pays dont elle gardait la côte nord depuis cent ans.

Il lui fallut un demi-siècle de lutte contre sa jeune rivale, la compagnie du Nord-Ouest, pour remporter la victoire et demeurer maîtresse souveraine de tout le Nord-Ouest jusqu'aux rivages de l'océan Pacifique.

See. I., 1910. 2,

Le gouverneur Burnet—Sa pelilique—Défense d’exportation—Conséquences sur la traite.

De 1727 à 1730, on constate que le zèle des coureurs des bois se ralentit un instant et que la traite subit momentanément une baisse dans la Nouvelle-France, La cause de ce changement doit être attribuée à un acte politique adopté à la suggestion de Burnet, gouverneur de l'Etat de New-York,

Les traiteurs canadiens importaient presque toutes leurs marchandises de la Nouvelle-Angleterre, Ce marché qui éts:t À leur porte leur permettait de s’approvisionner plus promptement qu’à Québec, où le plus souvent il leur fallait attendre l’arrivée des navires pour charger leurs canots. De plus, les prix des marchandises anglaises étaient moins élevés que ceux du Canada. Burnet, qui était un rusé diplomate, résolut de leur couper les vivres et d'encourager les marchands de New- York à faire le commerce directement avec les tribus sauvages.

De cette façon, il espérait gagner les sympathies des indigènes et les attacher plus sûrement à l'Angleterre. A cet effet, il fit sanctionner une législation prohibant l'exportation des marchandises unglaises au Canada. Les marchands de New-York ne voyaient pas les choses du même œil que leur gouverneur.

Les traiteurs étaient d'excellents acheteurs qui payaient bien— Atteints dans leur clientèle, les marchands s’opposèrent à cette loi.

Ils en appelèrent en Angleterre. Le Conseil Privé, après avoir longtemps hésité, finit par confirmer la loi Burnet. Ce fut comme une conséquence de cette politique et pour favoriser l'expansion de la traite par les commerçants anglais que le fort Oswégo fut construit, près du lac Ontario.

La colonie du Canada, négligée par la mère-patrie, ne pouvait obtenir de France, à des prix et À des conditions aussi avantageuses qu’à New-York, les marchandises indispensables à la traite.

New-York ayant été fermé aux trappeurs, le commerce français de l'ouest ne tarda pas à languir.

L'intérêt détacha de la France des nations qui avaient toujours recherché son alliance. Cependant les trappeurs mieux aguerris aux privations et aux fatigues des voyages à longs cours, ne tardèrent pas à se relever de cet échec. Des maisons françaises leur ouvrirent des crédits et les consolèrent de leurs anciennes relations avec la Nouvelle- Angleterre. Au lieu d'enrichir les commerçants de New-York, ils firent bénéficier de leur industrie ceux de Québec. Burnet ne connaissait pas assurément toutes les ressources de ces hommes remuants et pleins de courage. 11 semble qu’il aurait eu tout à gagner à leur tendre les bras et à les attirer à lui. Il s’imaginait follement que cette mesure détruirait leur crédit et qu’il aurait le temps, avant qu'ils ne s'équipent de

(PnuD'Houw»] LA BAIE D'HUDSON

, de les remplacer Par des traiteurs anglais dans les territ-i sauvages,

Il ne réussit qu’à les embarrasser pendan* nuer les profits qu'ils faisaient, La compagnie avait tant À souffrir de la cone

Avantage de cette loi que pendant environ trois ans, Proposait le gouvern

“talque temps et à dimide la Baie d'Hudson qui

Arthur Dobbs— Expéditions de 1742-1746—Ses atta Pagnie.

Cet homme fut l’un des adversaires les plus acharnés et les plus redoutables de Ja compagnie de la Baie d'Hudson. I] organisa deux expéditions pour trouver le fa.neux Passage conduisant à la mer de l’ouest, La première qui eut lieu en 1742, fut confié» au capitaine Middleton, et la seconde en 1746, aux officiers Moore et Smith. ces tentatives, comme les précédentes, n’eure

Dans ün ouvrage publié en 1744, Dot raisons qui empêchaient Ja Compagnie d'étendre son Corimerc dans le Pays et de contracter des alliances avec les tribus de l'intérieur.

D'après cet auteur, c'était la crainte d’exciter la convoitise des Commerçants anglais et d’att ’attention -publique sur les profits

énormes qu’elle réalisait qui la « -da à ne pas envoyer ses employés dans le pays.

On comprend que la compagnie n doutes sérieux sur la légalité du monopol sa charte et qu’elle n'aurait pas aimé à s’ faire discuter. Néanmoins ces raisons

ques contre la com-

adresser aux tribunaux pour les me paraissent assez futiles. Il ren Angleterre sur ce que rap- D'ailleurs des établissements à e retentissement à ses affaires rations eussent été même plus également que Dobbs avait des accusations contre la compagnie, En 1746, il présente au Parlement impérial ur, requête demandant pour orisant À fonder une colonie et ‘aire la traite avec les Sauvages dans tout le Nord-Ouest canadien. Les plaintes qu’il porte contre la Compagnie proviennent done de source suspecte et ont besoin d’être contrôlées. Dobbs est un témoin mal disposé dont il convient de se défier. Il est bon d’être averti avant de ie lire,

portait le commerce de la compagnie.

l'intérieur n'auraient Pas donné plus d que sur le littoral de la mer. Ses opéi

iques— Produit des fourrures —]; Mmportations

et exportations —Capital de la Cie—Valeur des actions.

Les trappeurs français, nous l'avons déj

à vu, s’emparaient du pius &rand nombre des peaux de renard, lou

-Cervier, martre, vison, loutre,

putois, chat sauvage, caribou, antilope et chevreuil. Ces fourrures étaient transportées en canot avec beaucoup de soin jusqu'à Montréal et Québec d'où elles étaient expédiées à LaRochelle,

Le commerce des traiteurs français était de beaucoup plus considérable que celui de la compagnie,

Il suffit pour constater ce fait de mettre en regard le chiffre des fourrures exportées du Canada à LaRochelie, Je me contenterai de donner celui de 1743—

Capots de castor... 15,000

Peaux brutes de castor 112,080 ‘d'ours noirs , 10,623 de “°° bruns.

de martre, 30,325 “ # Joutre . 110,000 on RE 1,700 d chat sauvage. .

loup.

renard, .

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