‹ La baie d'Hudson [microforme] (volume 2)Chapitre 33 sur 44 · RARE AS · texte numérisé non relu

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che à l'aide d’un bâton qu’il lui passa entre les dents, et lui coupa la langue et la lèvre supérieure, deux morceaux de choix qu’il mit dans son sac.

Il se disposait à parür, quand une nouvelle idée lui traversa l'esprit. Il s’arrêta, posa son fusil par terre, tira son couteau et s’approcha de nouveau du corps de l'élan, auquel il fit une incision près des rognons. Il enfonça sa main dans ce cadavre encore chaud, et retira une partie des intestins. C’était la vessie. Ses yeux qui se portaient alors de côté et d’autre évidemment à la recherche de quelque objet dont il avait besoin, finirent par s'arrêter sur une touffe de grands roseaux qui croissaient à quelques pas de là. IL avait trouvé ce qu’il cherchait ; il s’approcha de cette touffe et en coupa une tige dont il fabriqua un chalumeau. Ce chalumeau, introduit dans la vessie, lui servit à la gonfler et à lui donner toute l'extension dont elle était susceptible. Cela fait, il prit une courroie, y attacha la vessie gonflée et suspendit le tout à une branche d’arbre, de manière que la vessie se trouvât à quelques pieds seulement au-dessus du corps de l’élan. Cet appareil était mis en danse par le plus léger souffle du vent, et avait ainsi un mouvement perpétuel. C'était un épouvantail destiné à effrayer les loups et à les empêcher d’approcher du corps de l’élan, dont notre jeur.. “hasseur se proposait d'utiliser plus tard et la viande et le cuir.

Cette sage précaution prise, il jeta de nouveau sa carabine sur son épaule, et s’éloigna à grands pas dans la direction du camp. Il eut bientôt re-

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joint ses frères. La langue de l’ulan fournit aux frais du diner et fut fort appréciée de tout le monde. Le repas terminé, nos quatre voyageurs se rendirent’en toute hâte au lieu où Basile avait laissé sa proie. Tout fut retrouvé en bon état, mais on put constater que la vessie n'avait pas été inutile; il y avait en effet près de là une dou- Zaine de loups qui rôdaient en poussant des hurlements, mais que la vue de cet objet étrange tenait en crainte et empéchait d'approcher, Sans cette petite précaution, on n’eût certainement trouvé que leurs restes.

Cette manière d’effrayer les loups paraîtra peut-être extraordinaire, Elle est cependant trèsusitée par les chasseurs, et toujours avec succés. Ces animaux tout fins et rusés qu’ils sont, se laissent toujours tromper par cette ruse gros: siére, et ont une véritable frayeur d’une simple vessie gonflée balancée par le vent,

L'élan tué par Basile était un des plus grands de son espèce; sa taille égalait presque celle d’un cheval ordinaire. Ses cornes pesaient soixante livres, et son corps entier quinze cents livres. J1 fallut à nos VOYageurs deux journées entières Pour transporter toute cette v'ande au camp.

Pendant ces allées et venues, François découvrit le porc-épic sur l'arbre même où Basile l’avait aperçu la veille. Il n'avait pas pour l’épargner la même raison que son frère avait eue précédemment, aussi le tua-i-il sur place d'un coup de fusil.

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