ARRIVÉE AU FORT
Nos voyageurs demeurèrent plusieurs jours à leur carnpement pour préparer une nouvelle provision de pemmican. Les peaux de caribou furent tannées et servirent à renouveler les chaussures et les vêtements usés. Enfin, bien délassés de leurs fatigues précédentes et bien munis de provisions, ils reprirent le cours do leur voyage.
Pendant deux jours ils traversèrent une contrée rocheuse et montagneuse où ils ne trouvèrent pas un seui brin de bois pour cuire leur viande, et où ils furent exposés à un froid plus intense que celui qu'ils avaient éprouvé jusqu'alors. François et Lucien eurent le nez gelé, mais cet accident n'eut aucune suite, grâce aux précautions prises par Norman, qui ne leur permit de s’approcher du feu qu'après les avoir frictionnés avec de la neige et avoir rendu au sang sa circulation habituelle.
Les rochers parmi lesquels ils cheminaient étaient la plupart couverts de tripe de roche (gyrophora) de différentes espèces, mais nos voyageurs étaient trop bien approvisionnés de pemmican pour avoir besoin de cette nourriture végétale.
Dans la partie la plus aride de la montagne ils découvrirent un troupeau de bœufs musqués ; ils tuèrent un de ces singuliers animaux, mais sa chair avait un goût si prononcé de rance et de muse, qu'ils abandonnèr.«‘ le corps tout entier aux loups, aux renards et aux autres b'i:: de proie.
Trois jours après leur départ du cam» sur le lac, leurs yeux furet réjouis par un spectacle dont ils étaient depuis longtemps prive, ils venaient de déboucher dans la vallée de Mackenzie par son extrémité occidentale. Cette contrée leur parut un paradis, tant elle était couverte de pins, de peupliers et de toutes sortes d'autres grands arbres. Ce paysage avait pourtant son vétement d'hiver, le fleuve était couvert de glace, les arbres blancs de neige et de grésil; mais, après les scènes de désolation qu'ils venaient de traverser, ces frimas leur paraissaicnt chauds commic l'été.
Ils n'étaient plus inquicts ni de leur nourriture ni de leur
chauffage, car les pays boisés sont toujours suffisamment approvisionnés de gibier ; aussi ce fut avec un véritable sentiment de joie qu'ils plantèrent leur tente sur les bords glacés de la grande rivière du Nord.
Il leur res'ait encore cependant plusieurs centaines de milles à faire avant d'arriver au terme de leur voyage ; aussi résolurent-ils de continuvr leur voyage sans aucun délai et de prendre pour guide le cours du fleuve. Ils ne voulaient plus entendre parler d'abréger leur route, car ils savaient par expérience que les chemins de traverse sont souvent les plus longs. La leçon leur avait profité, et leur avait appris à apprécier cette règle de conduite que je vous recommande aussi, mes jeunes amis.
Dès le lendemain nos voyageurs se mircnt en route en suivant le cours du fleuve. Tantôt ils marchèrent sur les rocs, tantôt, pour changer, ils voyageaient sur les eaux glacées de la rivière. Cette route était sans danger, car la glace avait un pied d’épaisseur et aurait supporté, sans se briser, le passage d’une armée avec armes et bagages.
Lis s'approchaient à chaque pas du cercle polaire, et les jours diminuaient à mesure qu’ils avançaient vers le nord. Cette circonstance n'arrêtait point leur marche. Les longues nuits des régions polaires ne ressemblent point à celles des latitudes méridionales. Elles sont souvent si claires qu’on peut lire l'écriture la plus fine; cette clarté extraordinaire est due aux aurores boréales, à l’éclat des constellations septentrionales, qui donnent d'autant plus de lumière qu'elles brillent dans un ciel sans nuages où l’air est raréfié par le froid.
Au surplus, je ne ferai pas à mes jeunes lecteurs l'insulte d'insister sur ce sujet. Je suis sûr qu'ils ont trop étudié pour qu'il soit besoin de leur dire que la longueur des jours et des nuits polaires dépend de deux causes principales : la latitude et la saison ; et s’il vous arrive jamais de vivre pendant une année au pôle, ce que je suis loin de vous souhaiter, vous n’y passerez après tout pourtant qu’un jour et une nuit, mais ce jour et cette nuit auront chacun six mois de durée.
Laissons donc de côté ces détails, que vous connaissez tout aussi bien que moi, et revenons à nos voyageurs. Vous êtes impatients sans doute de connaître l'issue de leur voyage ; alors écoutez-moi, je n’en ai plus pour bien longtemps.
Un peu au-dessus du point où ils avaient rencontré le Mac-
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kensie, nos quatre aventuriers trouvèrent un campement d’Indiens qui entretenaient avec le fort des relations d'échange. Nor-
: man n’était point un étranger pour eux, ils le reçurent à merveille ainsi que ses trois cousins.
Ces pauvres gens leur donnèrent tout ce dont ils pouvaient disposer; mais le cadeau le plus appréciable consista sans contredit en traîneaux et eu chiens de trait qui furent fournis par le chef, sous la condition expresse qu'il en recevrait le payement lors de sa première visite au fort.
Quoique les Esquimaux n'aient point encore eu l’idée d'atteler les rennes, ils y suppléent en employant le chien comme bète de trait. Deux chiens à un traîneau suffisent au transport d'un homme. C’est un moyen de locomotion dont la vapeur scule surpasse la vitesse.
Nos voyageurs se débarrassèrent de leurs souliers à neige, s’enveloppèrent de leurs manteaux de fourrure, et s’assirent dans leurs iraîneaux à chiens, grâce auxquels les cinq cents milles qui leur restaient à faire devinrent une simple bagatelle. Quelques jours après, par une après-midi, on aperçut du fort quatre traîneaux qui arrivaient au galop portant chacun un jeune voyageur. Au moment où ceux-ci mettaient pied à terre,
ils se virent entourés nar une troupe àe trappeurs, de marchands, de voyageurs, de coureurs de bois et autres employés de Ja compagnie. Ue fut une fête générale, une heure de joie et de bonheur.
Pour moi, jeunes lecteurs, l'heure présente n’est pas aussi douce, elle est au contraire pleine de regrets; puissiez-vous pariager mes sentiments, et ne pas vous séparer sans peine de nos jeunes voyageurs et de l'auteur votre ami.
d'In- Normer-
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Russi parnos
XXVII, — Duel à mort... avec un élan....,........... .,....,..... 192 XXVIII. — Deux mc:4 dans une cabane, ...........,..,..,........... 198
f. — Le pays des fourrures. ....,..... PR nee ed ne ee a2 re
IT. -- Les jeunes voyageurs.........,.... ,....... TT 7 fil. — Le cygne-trompette et l'aigle à tête chauve...............,. 19 IV. — Les cygnes d'Amérique. ........ Red er le enr ee Le «+ 30 V. — Chasse aux flambeaux......,.,,..... .,,..,,..,,,,..... . 31 VI. — Le nauifrage......,,.,...., ........ PP EE 46 VII. — Le pont de cuir...........,.,,... RER AT CN TA TER 50 VIII, — Chèvres abusées............ RE D AR TE ER re 59 IX. — La danse des perdrix......,......,......,.........,...., 65
X. — Basile et le bison................. RTS D te TP 1 XI. — Trois arbres curieux...,. ....... PAT finir soso T0 XII, — Le canot.... .. RARE EE nee PR TE PO Te PUore PL: Y 2.4 1 EEE AT OT EE EL da NT OT UT Re Re ver 92 XIV. — Wapiti, loups et wolverène.............. POP RI TR AU |: XV. — Doux plongeurs... .. .......... vers Rd Cp UbL) ‘8 108 XVI. — Un grand diner..,.............., dd nt eee ets CR RE XVII, — Les marmottes d'Amérique.............. st ” 127 XVIII. — Le Llairsau et les marmottes..............,... L. 135
XIX. — Singulière manière de tromper les canurds...... à Vsserss 141 XX. © Les canards d'Amérique, ........sucsesssuss eos... 192 XXI. — La pie-grièche et le colibri..,......,.......,,.,,...., ... 158
XXII — Le faucon pêcheur......... désirs er tivrtoesi se MR 100 XXII — Le faucon pêcheur et son dns: D 167 XXIV. — Le voyago interrompu........... AA EE Qi coco “T8 XXV. — pêcho sous la glace......,..,...,,...., TE PR
XXVI, — Singulière alerte............04404 soevesesososooosvosoose 109 1
XXIX. br Los souliers à NOIBO. o, 360 66 0 60-410 0 008 080 800 à ste. 05
TABLE DES MATIFRES.
AXXX. — La terre maudite.....,.,.....,... scsi oose soevete AA 7 Tip 0 POCNB 4 uen ne nur es cd code SEE ES XXXII. — Le lièvre polaire et le grand hibou des nelges............
XXXIIT. — L'hermine et la souris sauteuse....................,..,,
XXXIV. — Le renard polaire et le loup blanc...........,..,......,..
XXXV. — Le gerfaut et le tétras blanc..............,.,....,......., XXXVI. — Le lièvre, le lynx et l'aigle doré.................,... ..., XXXVII. — Le moniteur et le caribou.............,...,, ..,..,0...e XXXVIIT. — Bataille avec les loups........................,.,,.,....e XXXIX. — Les loups et le ménétrier.........,.., .,.,..,..,......., XL. — Une chasse aux peccaris............,......s secs oo XLI, — Arrivée au fort... soso eus corsesscsssscsessotee