ET
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ou de du ciel, et à y joindre les feux de l’Hécla, qu'il ne parviendrait
rents. pas à intimider le petit quadrupède dont je viens de vous citer
its au le nom. Il semble du moins être demeuré insensible à la peur,
op. qui a si profondément modifié le caractère des auties animaux
int au sauvages.
t n’en Basile et François connaissent depuis longtemps la férocité
de fu- de ces animaux, et notre pauvre mule Jeannette pourrait en
emps. parler mieux que personne 1; mais comme notre cousin n’est ‘
ourré, point encore au fait des habitudes de ces singuliers animaux,
age et c'est pour lui surtout que je raconte cette anecdote, dont il faut
in de- que je commence d'abord par lui décrire les personnages.
epen- Le peccari est à peine haut de dix-huit pouces, et long de deux
urs pieds à doux pieds ét demi; mais, malgré la pelitesse de sa taille,
rouve- ce n'en est pas moins un des animaux les plus redoutables du
astinct nouveau monce. Il marche ordinairement en troupeau dont la LE : force varie de dix à cinquante individus. £es mâchoires, comme 13
imaux celles du sanglier, sont armées de longues défenses, mais dispo- |
uadru- sées autrement, et peut-être plus redoutables encore. Elles sor-
lement tent à angle droit des mâchoires, au lieu d’être recourbées en
gence. avant ; elles ont la forme et le tranchant d'un fer de lance. Ces ; le gi- animaux sont d’une agilité surprenante; leurs épaules, leur ait dis tête et leur cou sont doués d’une force relativement extraordinaire ; aussi leur faut-il peu de temps pour mettre en pièces, iacérer et déchiqueter tout ce qui tombe sous leurs dents cruelles.
Ils attaquent tout sans avoir été provoqués, et cela avec tant de fureur, que la fuite est, même pour l’homme, le seul moyen 1 +
nstruÿ chasper à
s tous
anche d'échapper à leurs coups. Ils attaquent en troupe et s2 battent 1 qu'il jusqu'au dernier vivant, de telle sorte que, quand la bande est Euiv re nombreuse, il n'y a point de salut à espérer, les morts qu’on abat ger la ne faisant que redoubler le courage des survivants et les exciter aü con à la vengeance.
Lvec la: Il n’y a pas d'animal assez courageux pour oser leur tenir tête, dt AUX et leur présence suffit ordinairement pour glacer de terreur les chiens, les chevaux et même les chasseurs, pour lesquels ils sont kt: till un vér'table fléau.
Ces singuliers animaux semblent être le chaînon intermélé as diaire entre la famille des hérissons et celle des sangliers ou cosminié chons ordinaires, La forme générale de leur corps, la tête excepbudres F 1. Allusion à une aventure racontée dans les Foréls vierges.
tée, présente la plus grande analogie avec le corps du hérisson. Leur poil, dont la longueur égale celle du cochon ordinaire, est implanté dans une peau dure qui en fait de véritables pachydermes. Ces poils sant rudes el piquants presque à l'égal de ceux du hérisson, surtout quand iis se dressent, ce qui arrive toujours lorsque l'animal est en colère. Ge poil est mi-parti jaune et brun, ce qui donne à l'animal une robe roanne. Les peccaris sont dépourvus de queue, appendice qui est remplacé chez eux par une petite protubérance; i!s sont munis en outre de cette glande singulière que les chasseurs appellent vulgairement nombril du dos. Cette glande, qui n’est point un nombril, mais qui en a cependant assez l'apparence, est placée au-dessus des reins, et sécrète une espèce de musc que l’animal répand lorsqu'il est en colère, et qui lui donne sous ce rapport quelque analogie avec la civette d’ Orient. La partie antérieure de son corps, c'est-à-dire les épaules, le cou et la tête, ressemble entièrement aux parties correspondantes chez le sanglier. Ses formes sont cependant moins grossières, son museau est plus allongé; ses jambes et ses pieds ressemblent aussi à ceux du sanglier. Sa nourriture tient à la fois de celle de ce dernier animal et de celle du hérisson. 11 mange indifféremment des glands, des fruits sauvages, des graines, des herbes, des racines, des insectes et des reptiles.
Ce qu'il y a de plus singulier dans les habitudes de ces animaux nous reste cependant à dire; c’est surtout par leur manière de dormir que les peccaris sont remarquables. Leurs troupeaux fréquentent habituellement les champs de cannes, semés çà et là de grands arbres séculaires qui, par leur position isolée, sont fort exposés aux efforts de la tempête, et plus susceptibles par ccnséquent d’être abattus dans les jours d'orage ; aussi ces champs sont-ils généralemen. couverts des débris de ces géants renversés par la foudre, et c'est au milieu de leurs branches et de leurs racines que les peccaris aiment à placer leur habitation. A la nuit tombañate, ils pénètrent dans ces champs de cannes à lu suite les uns des autres, et s’y installent de manière que l'un d'eux “este toujours couché sur la lisière, l'œil et l'oreille au guet. Les planteurs, qui les craignent et Îes haïssent, tant à cause du dégât qu'ils occasionnent dans leurs plantations que pour le massacre que ces animaux féroces font le plus souvent des chiens qu'on met à leur poursuite, ont imaginé toute espèce de moyens de les détruire.
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Voici un des modes de chasse le plus usité :
Lorsqu'un planteur a remarqué quelques troncs d'arbres qui portent des marques encore fraiches de la présence des peccaris, il guette avec impatience l’arrivée du premier jour de pluie. Plus la pluie et le brouillard sont épais, plus il y a chance de rencontrer le troupeau au gîte, car il est rare que pendant ces jours nébuleux il sorte de sa relraite.
Quelque temps avant le point du jour, le chasseur se met dans une position d’où il peut voir sans être vu l'ouverture par laquelie les peccaris sortent de l'enceinte, et il attend sans faire de bruit que le jour commence à paraître. Aussitôt que l’orients s'éclaire, il aperçoit le groin de la sentinelle qui veille, les yeux tout grands ouverts, sur la sécurité de ses compagnons endormis derrière lui; c'est le moment. Le chasseur ajuste la sentinelle et tire; si l'animal a été frappé par une main habile, il rugit, fait quelques pas, puis s’élance en avant, et tombe bientôt dans les convulsions de l'agonie. Le bruit du coup de feu à donné l'alarme au troupeau, et presque au même instant le chasseur voit apparaître le groin ec les yeux d’une nouvelle sentinelle, qui vient occuper la place de la première. Le chasseur doit alors recharee” son arme avec précaution et sans que le plus léger froisserment des feuilles ou des branches puisse trahir sa présence, et un second coup de fusil doit frapper le second peccari sans que rien ait pu lui donner l'éveil sur la nature du danger qui l& menace. Cette seconde sentinelle morte à son poste, une troisième vient se présenter aussitôt, puis une quatrième, puis une cinquième, et ainsi de suite jusqu’à l’extermination totale du troupeau. Les choses se passeraient tout autrement si quelque bruit intempestif venait dénoncer aux peccaris l'asile où se cache leur ennemi invisible. Le chasseur aurait bien vite tout le troupeau à ses trousses ; il-lui faudraia jouer des jambes, et bénir son étoile s’il en était quitte pour la peur.
Si l’une des sentinelles était tuée sur le coup, et qu’elle n’eût pas le temps de débarrasser la place où elle faisait la garde, celle qui vient à la suite ne manquerait pas de déranger le cadavre pour occuper la même place. Ces animaux, incapables de com prendre d'où sort le danger mystérieux, viennent tous mourir au
- même lieu, et jamais on ne les a vus quitter ce poste d'honneur
ai chercher à reconnaître l'ennemi avant qu'un mouvement im-
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prudent ou un bruit inaccoutumé leur ait indiqué la direction dans laquelle ils devaient se porter.
Cette particularité du caractère des peccaris est si connue dans tout le Texas, pays principalement infesté par ces animaux, que les planteurs ont renoncé aux trappes et aux autres moyens de destruction pour employer le moyen de chasse que je viens de Jous décrire.
Ceci me remet en mémoire une aventure de chasse au peccari que j'ai entendu raconter par un ami de mon père.
Cet ami avait lui-même un autre ami qui possédait avec ses frères une immense planiation dans le Texas ; il alla lui rendre +visite et passe” quelque temps chez lu’. Il était jeune alors, fort enthousiast: de la chasse, mais non encore initié à tous les secrets de ce grand art. Il ne pouvait pas mieux tomber que chez son ami pour s’instruire tant par les leçons que par l'expérience. L'habitant du Texas était, comme tous les planteurs de ce pays, un chasseur déterminé, qui ne se faisait pas faute de raconter les nombreuses aventures qui lui étaient arrivées.
Le hasard voulut que peu de temps avant que l’ami de mon père mît le pied dans cette maison, des troupeaux de peccaris fissent de grands ravages dans les plantations. On leur fit une guerre à mort, et il arriva juste à temps pour entendre le récit de ces exploits brillants encore tout récents. Les chasseurs ne tarissaient pas sur les dangers de cette chasse ; ils parlaient des peccaris comme des animaux les plus terribles de la création, et montraient au nouveau venu les traces de leur cruauté imprimées en traces sanglantes sur les jambes des chevaux ou sur le corps de leurs plus beaux chiens.
L'un des propriétaires de la plantation, l'aîné des frères, je crois, rentra un beau malin d’une exploration, et raconta qu'étant sorti pour découvrir les traces d’un ours qui rôdait depuis quelque temps dans le voisinage, il avait en effet rencontré l’empreinte de ses pas, mais qu'il avait aussi trouvé des traces de peccaris. :
Après quelques renseignements relatifs au passage de l'ours, et d’après lesquels il fut décidé, séance tenante, qu'on irait chasser ce féroce animal, le chasseur raconta les détails de sa rencontre avec les peccaris auxquels il avait eu affaire.
Il s'était, à ce qu'il paraît, approché pour reconnaître l’état des lieux, mais à peine il atteignait le bord extérieur de la haie
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qui entourait le champ, qu'il aperçut un troupeau de peccaris en train d'exercer au milieu de ses cannes à sucre leur déplorable industrie. Il était déjà trop tard pour penser à leur échapper, car les animaux l'avaient aperçu, et, selon l'habitude de leur race, tout le troupeau s’élançait sur lui grognant, hurlant et faisant à chaque pas claquer ses effroyables défenses. Tirer sur le troupeau eût été peine inutile, le chasseur ne l’essaya même pas, et préféra demander son salut à ses jambes. Il parvint non sans peine à escalader la palissade avant que ses ennemis fussent tout à fait sur lui. Arrêtés par cet obstacle, les neccaris se mirent à hurler et à danser, selon l'expression du chasseur, comme une poule sur un gril ardent. Ainsi retranché, notre homme déchargea à plusieurs reprises son fusil, et en tua auelques-uns, mais sans diminuer en rien la fureur de ceux qui restaient. Au contraire, leur rage semilait augmenter à mesure que leur nombre diminuait. Bientôt, à sa grande consternation, le faible rempart derrière lequel il s’abritait céda aux efforts des peccaris, s'écroula sur lui et le renversa. Heureusement qu'il ne fut pas blessé, et qu'il se releva avec assez de rapidité pour prendre la fuite et échapper aux ennemis, qui le poursuivirent presque jusqu’à la porte de son domicile,
Après ce récit, on s'occupa immédiatement des préparatifs de ia chasse. Chacun fut bientôt équipé et en selle. Il y avait quatre chasseurs, plus un piqueur nègre chargé de conduire et d’appuyer les chiens, et qui, à cet effet, portait en sautoir un fouet et une trompe de chasse. Les chiens qui accompagnaient la chasse étaient de vigoureuses bêtes appartenant tous à l'espèce de ceux qu'on emploie exclusivement contre l'ours. C’est un croisement de bouledogue et de limier, La plupart de ces chiens. étaient de vieux routiers, qui portaient leurs états de service tracés sur le dos par la dent des peccaris et par la griffe des ours. Tout en traversant la plantation, on donnait à l'ami de mon père des avis su” la manière dont il devait se conduire en cas de rencontre avec les peccaris, lui assurant que la seule ressource qu'il eût en cette circonstance était de prendre la fuite, à moins, toutefois, au’il ne préférât perdre les jarrets de son cheval et avoir lui-même les mollets dévorés. Notre homme promit de se conduire avec prudence ; mais la voix des chiens el l'enivrement de la chasse devaient bientôt lui faire oublier l'existence de tous les peccaris du monde.
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Une plus noble carrière s'ouvrait devant lui. La piste de l'ours était trouvée, les chiens étaient lancés sur ses traces, et la chasse partit au galop au milieu de longues rangées de cannes à sucre, dont les hautes tiges recourbées formaient comme une voûte au-dessus de la tête des chasseurs. Les tiges des cannes étaient si pressées les unes contre les autres, qu’il ne semblait pas y avoir entre elles de place suffisante pour livrer passage même à un animal de la plus petite espèce.
Tout alla à merveille pendant quelque temps, mais la chasse s’animait de plus en plus, les chiens se rapprochaient de la bête, les aboiements devenaient plus pressants et plus répétés, les chevaux s’excitaient, les chasseurs les éperonnaient encore, chacun brûlant du désir de tirer le premier le redoutable gibier ; ce n'était plus une course, c'était un tourbillon qui passait rapide comme le vent au travers des champs de cannes.
L'ami de mon père ne s'était jamais trouvé à pareille fête.
Son cheval, lancé à toute vitesse, commencail à ne plus sentir le frein. Bientôt la chasse pénétra dans un fourré de cannes où l'ours avait fait plusieurs détours. Elle prit une nouvelle ardeur ; le fougueux coursier, excité par tout le tapage qui se faisait autour de lui, devint si impétueux dans tous ses mouvements, qu'en deux bonds il désarçonna notre homme, qui heureusement ne perdit pas la bride, et parvint, quoique à grand'’peine, à se remettre en selle, Cet accident lui rendit sa présence d’esprit ; il tira son couteau de chasse, et se mit à tailler de droite et de gauche les cannes et les lianes qui avaient été la cause première de sa chute. Mais il avait compté sans son hôte. La chasse continuait à tourbillonner, et notre homme, | ncé à sa suite, se vit bientôt pris, lui et son cheval, dans une enceinte de lianes si fourrée, si inextricable, qu'il n’y avait pas moyen de songer à en sortir, Pour comble de désagrément, l'ours arrivait droit sur lui ayant toute la meute à ses trousses.
Ce fut, nous racontait-il, un moment terrible. Aussitôt que le cheval aperçut l'ours, le premier qu’il eût jamais vu de sa vie, il poussa un hennissément sonore, et se rejeta en arrière avec tant
de terreur et d'impétuosité, que le cavalier se sentit au même: instant froissé de tous côtés par les troncs et les branches des
lianes, et qu'il en fut presque étranglé. Cependant, grâce à la précaution qu'il avait eue de s’entourer le bras droit de son manteau, celte partic de son corps n'eut point trop à souffrir du
LL Qu) phéaue ME ARR EL NET EE
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froissement, et il conserva le libre usage de sa main droite, de laquelle il tenait toujours son couteau ouvert. Au même instant le tumulte qui s'accomplissait autour de lui, les cris et les grognements qui se faisaient entendre, lui annoncèrent que l'ours s'était retourné et acculé pour faire tête aux chiens. Le chasseur parvint enfin à ressaisir assez d'ascendant sur son cheval pour le pousser dans la direction de la lutte qui s’accomplissait au pied d'un gros arbre. C'était, à ce qu'il paraît, un spectacle admirable, et qu'il faut lui avoir entendu raconter, Les aboïiements des chiens, les hurlements de l'ours, les bonds, les sauts, les coups de dents, les coups de pattes, le piaffement des chevaux, les sons de la trompe, les hourras des chasseurs, tout cela formait une mêlée tumultueuse qu'il faut renoncer à décrire.
Pendant que les chasseurs se rapprochaient de l’ours et se disposaient à mettre fin à un combat où déjà plusieurs pauvres chiens avaient trouvé la mort, voilà que tout d’un coup on entend un grand bruit, et qu’on voit arriver une troupe de peccaris qui se précipitent avec fureur sur les chiens, l'ours, les chevaux et les chasseurs. Nouveau surcroît de tumulte et de confusion que je dois encore renoncer à vous décrire.
Les pauvres chiens, surpris à l'improviste par cette apparition, s’'enfuirent vers les chasseurs la queue entre les jambes. L'ours, attaqué de tous côtés par Îles intrépides peccaris, rugissait et se débattait plus fort que jamais. Tous les chasseurs épouvantés criaient aux oreilles de l’ami de mon père de se sauver au plus vite et d'éviter les peccaris, c'est à quoi il n’eut garde de manquer, les autres d'ailleurs le prêchaient d'exemple, et en moins d'u instant hommes, chiens et chevaux s’enfuirent à la débandade loin du troupeau, qui, faute d’autres adversaires, réunit tous ses efforts contre l'ours laissé en arrière.
Telle fut, ajoutait l'ami de mon père en terminant ce récit, ma première rencontre avec les peccaris. Elle ne fut pas brillante, comme vous pouvez le voir, mais elle prouve, comme je vous le disais au commencement, que tous les animaux d'Amérique ne sont ni si peureux ni si couards que certains naturalistes de cabinet voudraient nous le faire accroire. Bien différent serait leur langage, j'en suis sûr, s'ils avaient une bonne fois seulement un troupeau de peccaris après leurs talons.
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