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III. — DIFFÉRENTS CHAPITRES DE LA BALANCE . DES PAIEMENTS

A. — Balance commerciale

Comme pour les autres pays belligérants, la guerre a été pour l’Angleterre l’occasion d’excédents anormaux d’importations de marchandises. Alors qu’en 1913, le déficit de la balance commerciale atteignait 142 millions de £, il s’élève, dès 1914, à 193 miilions de £, puis à 780 millions de £ en 1918 et diminue ensuite progressivement jusqu’à 160 millions en 1922. A partir de cette dernière année, le commerce avec l'Etat libre d'Irlande est considéré dans les statistiques comme commerce extérieur et modifie done les relations internationales de l’An-

gleterre. Mais surtout, le relèvement de la livre sterling vers le paird’avant-guerre provoque une erise industrielle que décèle le nombre considérable des chômeurs. L’exportation est d’autant plus entravée que la monnaie de plusieurs pays européens continue à se déprécier, favorisant ainsi au contraire les importations de marchandises étrangères en Angleterre. L’excédent d’importations atteint alors 212 millions de £ en 1920 et 484 millions de £ en 1924, tandis que le commerce extérieur total de la Grande Bretagne (exportations et importations réunies) n’est qu'à peine supérieur à celui de 1913 : 1984 millions de £ en 1923 et 2075 en 1924 contre 1540 en 1913.

L'influence de la guerre a été beaucoup plus faible encore sur la composition du commerce extérieur de l’Angleterre. Si la proportion des objets manufucturés à pu croître dans les exportations jusqu’à passer de 80,5 % en 1913 à 85 % en 1920, elle est de nouveau revenue à 80,5 % en 1922. Aussi ne peut-on signler qu’un léger accroissement des exportations de matières premières, compensé par une diminution à peu près égale des exportations d'objets d’alimentation. Aux importations, la part des objets d’alimentation s’est beaucoup accrue, passant de 35 % en 1913, à 40 % en 1920, 51 % en 1921, 47 % en 1922. C’est vraiment là la seule modification qui paraisse devoir subsister et on en trouve l'explication dans le délaissement de l’agriculture qui s’est accentué de plus en plus en Angleterre, malgré les efforts du Gouvernements.

La direction du commerce extérieur britannique pré-

sente les mêmes caratères de stabilité. Pendant la guerre, la rupture des relations avec l'Allemagne et avec l’Autriche et la diminution de la production dans lés autres pays belligérants ont provoqué un courant plus large d’importations en provenance des Etats extra-européens : les Etats-Unis et les Dominions ont ainsi fourni à l'Angleterre plus de la moitié des marchandises qu’elle a importées, alors qu’en 1913 la part de ces importations était légèrement supérieure aux quart des marchandises importées, Cette situation s’est prolongée après la guerre en 1919, 1920 et 1921; mais, depuis 1922, la baisse des changes de la plupart des grands pays européens a développé rapidement la quantité de marchandises importées de ces pays. Enfin la reprise des relations ave: l'Allemagne, avec l'Autriche et avec les pays successeurs a encore contribué à rétablir les courants commerciaux qui reliaient autrefois l'Angleterre à l’Europe.

La répartition des exportations anglaises entre les différents pays du monde présente une évolution à peu près inverse : tandis que pendant la guerre, les pays allés absorbaient la majeure partie des marchandises anglaises exportées, la baisse des changes européens a ralenti lès exportations à destination de Europe, au profit des autres pays du monde.

Le développement des relations internationales, dès avant la guerre beaucoup plus avancé en Angleterre qu’en France, explique qu'après avoir été victime d’un bouleversement plus violent, la Grande-Bretagne soit plus rapidement devenue à nouveau le centre des courants

commerciaux anciens. Il n’en reste pas moins qu’en faisant apparaître plus nettement l'isolement économique dé l'Angleterre, la guerre a favorisé le resserrement des liens qui unissent la vie économique de la Grande-Bre-. tagne à celle de ses Dominions et de ses colonies. Mais, par le délaissement de plus en plus intense de l’agricul ture s’accentue la dépendance économique de l’Angleterre envers les nations étrangères.

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