C.— Mouvements des capitaux et paiements d'intérêts
Les besoins de la guerre ont obligé la France à se procurer des ressources par tous les moyens qui étaient à sa disposition. D’abord maintenu au pair par des envois d’or, le change français se serait en effet rapidement abaissé si l’on n'avait eu recours à d’autres moyens de paiement ou de crédit.
La vente des valeurs mobilières étrangères, qui s’est poursuivie même après la guerre, le placement de divers emprunts à Pétranger et l’obtention de crédits fournis par quelques Gouvernements ailiés où amis ont permis de maintenir le franc tout près du pair jusqu’en juin 4949 et de limiter ensuite la baisse de sa valeur.
D'ailleurs, des opérations en sens inverse ont restreint l'effet de ces mesures; ce sont, particulièrement importants à partir de 4920, des achats de valeurs étrangères par des Français, le remboursement de crédits ou d’emprunts et l’ouverture d’avances à des Gouvenerments alliés financièrement moins puissants.
19 Importation de capitaux. — Il ne semble pas que la vente de valeurs mobilières étrangères ait été eflectuée par un grand nombre de particuliers dans les deux premières années de la guerre. Mais dès la fin de 1916, le Gouvernement français demanda aux détenteurs de valeurs étrangères de Les déposer au Trésor, afin qu’elles puissent servir de garantie à nos emprunts. Une grande partie des titres ainsi déposés fut vendue, par lintermédiaire de la Banque de France et avec l’assentiment des porteurs français, en 1917 et en 1918. Ces ventes,
dont on a souvent exagéré l’importance, se sont montées à 1.700 millions pour la période 1914-1918 (1) et 300 millions en 1919 (2): On doit sans doute y ajouter environ 4 milliard de francs de valeurs étrangères vendues par des particuliers entre 1914 et 1919. Mais rien ne nous permet de connaître les mouvements de valeurs mobilières étrangères depuis 1920 et :l est possible que la baisse du franc en 1920 ait conduit un certain nombre de porteurs à liquider leur portefeuille. Néanmoins, ces ventes ont dû être faibles, sans doute inférieures à 2 ou 3 milliards, puisque les revenus des valeurs mobilières étrangères, d’après les chiffres de l'impôt sur le revenu, n’ont fait que s’accroître en 1921, 1922 et 1923.
Le tableau (3) suivant indique les emprunts placés par la France à l’étranger de 1914 à 1923 :
1. D’après Suzanne Girault, La Banque de France pendant la guerre, thèse Montpellier, 1918.
2. M. Décamps donnait, en effet, le total de 2 milliards comme valeurs étrangères vendues par l’Etat à l’étranger, dans une conférence à l’Ecole des Hautes Etudes sociales.
3. Tableau établi d’après les données de l’Annuatre statisiique de la France, mai 1920, et le Stock exchange official Intelligence :