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A remarquer la progression de la part des navires alle

mands dans le trafic des ports de l'Allemagne : 36,7 % en 1922, 42,4 % en 1928, 47,4 % en 19284.

mands et le tonnage total des navires anglais, on obtient les résultats suivants :

Gains anglais Gains allemands (000.000 £) (000.000 m. or) 1919 275 162 1920 340 205 ; 4921 80 110 1922 410 170 4923 A15 213

La progression des gains de transport maritime, de 1921 à 1924, malgré la baisse des prix de fret, s’explique par l’activité de la construction maritime et par l’achat de nombreux navires étrangers. La construction, favorisée par la baisse du mark, a été encouragée par l’octroi de primes très importantes et par les commandes nombreuses des Compagnies de transport. L’achat de navires étrangers a porté sur une somme annuelle d’environ 10 millions de marks-or de 1919 à 1923.

Les gains de transport par terre (transit) ont été, comme les gains de fret et pour des causes semblables, à peu près nuls de 1914 à 1918. Mais, dès 1919, et malgré le boul&ersement provoqué par la modification des frontières terrestres de l’Allemagne, les transports en transit ont repris à travers l'Allemagne. D’après Pactivité des transports en transit sur les chemins de fer allemands (4.900.000 t. en 1913, 1.100.000 t.,en 1921, 3.700.000 t. en 1922 et 2.300.000 t. en 1923) on peut admettre que les gains de transit se sont élevés à environ 10 miliions de marks-or en 1919, 15 millions en 1920, et

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respectivement 45, 80, 55 et 60 millions en 1921, 1922, 1923 et 1924. Ces chiffres seraient plus forts, si le prix relativement bas des transports jusqu’en 1923, en raison de la baisse du mark, n’en atténuait l’importance.

Enfin les transports fluviaux, si l’on admet qu'ils représentent la même proportion qu’en 1913 des transports par voies ferrées, ont été la source de créances d’une valeur de 80 millions de marks-or pour la période 1919-1925. |

Quant aux gains d’assurances, il est probable qu'ils n’ont guère dépassé une moyenne de 30 millions de marks-or par an à partir de 1920. Enfin tous les économistes s'accordent à penser que la chute du mark a réduit les bénéfices des banques ou des maisons de commerce international; sans doute faudrait-il même voir là pour l’Allemagne une source de dettes plutôt que de créances.

Mouvements des personnes. — Les dépenses. des touristes étrangers en Allemagne sont sans importance pendant la guerre. Mais dès 1919, les mouvements de tourisme reprennent vers l'Allemagne, et, jusqu’au milieu de 1923, la baisse du mark attire en Allemagne des touristes étrangers qui profitent des bas prix pour acheter de très nombreux objets de toute espèce. Bien qu’il soit délicat de fournir des indications précises sur ce chapitre, il semble que l'évaluation de 600 millions de marks-or que M. Moulton en a donné, pour les années 1919 à 1923, est très inférieure à la réalité. [l suffit d’examiner les statistiques américaines relevant le nombre des Américains ayant séjourné en Allemagne pour s’en

persuader. Il faut aussi remarquer que l’année 1922 a été une des années Les plus favorables au développement du tourisme en Allemagne, au contraire de ce que pense M. Moulton. Aussi, en considérant les mouvements du tourisme dans les pays à change déprécié (notamment Autriche, France et Italie), les variations de la situation économique et sociale de l'Allemagne et quelques statistiques de tourisme établies par diverses villes allemandes, admettons-nous les chiffres suivants pour dépenses des touristes étrangers : 100 millions de marksor en 1919, 150 millions en 1920, 200 en 1921, 400 en 1922 et 300 en 1923, 200 en 1924. On retranchera de ces chiffres, de manière arbitraire d’ailleurs, 4/4 de leur valeur pour tenir compte des dépenses des touristes allemands à l’étranger. On arrivera ainsi au total de 863 millions de marks-or, pour la période 1919-1923 et 150 millions pour 1924.

Les mouvements d’émigration et d'immigration étaient en Allemagne avant la guerre beaucoup plus importants que ceux du tourisme. Ainsi que lindique le tableau suivant ils ont été très faibles pendant la guerre, mais ont rapidement repris depuis 1921.

Emigrants Départs Retours 4912 48.545 1921 23.451 1913 25.843 1922 °6.527 38,393 191% 11.803 1923 115.416 91.934 41521918 nul 1924 58.613 17,878 1919 3.144 1920 8.458

Si le nombre des émigrants se trouve ainsi connu avec précision, il n’en est pas de même des sommes

moyennes qu'ils emportent à l'étranger. Comme, parmi ces émigrants les uns sont des ouvriers, les autres des commerçants ou des industriels, il est probable que chacun d’eux ne peut guère réunir en moyenne plus de 2 ou 3.000 marks-or à son départ d'Allemagne; encore ce chiffre est-il sans doute trop élevé. Il donnerait les résultats suivants : 4921 : 60 millions de marks-or, 4922 : somme nulle, 1923 : 150 millions, 4924 : 100 millions.

Mais il ne faut pas oublier en revanche que de très nombreux Allemands sont établis à l'étranger, notamment en Amérique du Nord et du Sud et qu'ils renvoient sans doute chaque année d'importantes sommes à leurs familles restées en Allemagne. Il nous est impossible de fournir un chiffre quelconque à cet égard, non plus que pour les sommes ramenées avec eux dans leur pays par les émigrés revenant en Allemagne; mais il est probable que ces chiffres seraient supérieurs à ceux qui représentent les sommes emportées avec eux par les nouveaux émigrants (1).

Enfin le nombre des travailleurs étrangers, qui viennent travailler en Allemagne pendant ude saison, ne nous est pas non plus connu. M. Von Glasenapp l'estime à 700.000 pour la seule année 1913, mais ce chiffre paraît bien élevé, et il nous suffit de constater que le Rapport du Ile Comité des Experts ne tient pas compte de ce chapitre.

En définitive, nous considérerons que les mouvements

4. Le Rapport du Ile Comité des Experts, sans évaluer ces remises, admet qu’elles sont pour l’Allemagne la source de très importantes créances.

d’émigration et d'immigration ne sont l’origine d’aucunes créances ni d’aucunes dettes pour l’Allemagne pendant les années que nous étudions. C’est d’ailleurs une solution qui présente probablement la situation de l’Allemagne moins favorable qu’elle ne l’est en réalité.

Paiements d'intérêts. — La guerre a eu pour résultat de réduire à un chiffre très faible les revenus que l’Allemagne retire de ses capitaux placés à l’étranger.En 1943, ces revenus étaient évalués à 1.400 millions de marksor; on peut admettre que, jusqu’en août 1924, ces intérêts ont donc été de 800 à 900 millions de marks-or. Mais, pendant la guerre, les capitaux placés à l’étranger se trouvent diminués de 28 à 15 milliards de marks-or et les revenus n’ont pas dû dépasser 1 /4 ou 1 /3 du revenu normal : les intérêts pendant la période août 1914-1918 auraient donc été de 1.200 millions de marks-or et par conséquent de 2.000 millions de janvier 1914 à décembre

Après 1919, les capitaux allemands placés à l’étranger et productifs de revenus n'étaient guère supérieurs à 6 milliards de marks-or en 1919 et 4.500 millions de marks-or en 1924 — pour les titres de pays à monnaie appréciée — et respectivement 450 et 400 millions de marks-or pour les titres de pays à monnaie dépréciée. Aussi les intérêts de ces capitaux peuvent-ils être évalués de la manière suivante :

4919 300 millions de m. or 4922 250 millions de m. or 4920 275 — 1923 in.

1921 260 pa 1924 Hart

Mais la plus grande difficulté est de connaître Les intérêts des capitaux étrangers placés en Allemagne, parce que la plupart de ces capitaux ont été placés entre 1918 et 1924. Si l’on tient compte de ce fait que la plupart des marks possédés par des étrangers pendant la crise monétaire ne produisent à leurs propriétaires qu’un intérêt minime (en effet, ces marks sont représentés par des billets de banque et par des crédits en comptes-courants dans les banques allemandes) on peut admettre que les placements étrangers en Allemagne, participations industrielles, propriétés immobilières et valeurs mobilières, ne dépassaient pas 1.500 mullions de marks-or en 1919 et 3 milliards en 1924. Leurs revenus seraient donc d’environ 75 millions de marks-or en 1919, 100 en 1920, 125 en 1921 et en 1922, 150 en 1923 et en 1924.

. Le résultat net des paiements d'intérêts serait alors le suivant (1).

1919 —+ 225 millions dem.or 1922 + 125 millions de m. or

4920 + 4175 — 1923 + 100 ee 4921 + 135 — 4924 + 100 —

Mouvements qui ont affecté la balance des comptes de l'Allemagne et qui résultent de l'occupation de différents, territoires et de la chute du mark. — Pendant la guerre l'Allemagne a fait transporter à l’intérieur de son territoire des marchandises venant des pays occupés et destinées à sa consommation personnelle. Ces marchan-

1. D’après MM. Houlton et Mac Guire l’Allemagne n’aurait retiré aucun revenu de ses capitaux placés à l'étranger l’intérêt de ceux-ci ayant seulement servi à compenser le spaiements des intérêts de placements étrangers en Allemagne.

dises ou bien n’ont point été payées, ou bien ont été réglées par la remise de marks-papier abandonnés par la suite dans les pays occupés (Belgique, Pologne, Roumanie, France, Russie...) En outre, le Gouvernement allemand a fait réquisitionner des monnaies étrangères (billets de la Banque de France ou monnaies métalliques) en échange de monnaies allemandes; souvent aussi des surimpositions d’amendes et de contributions ont atteint, plus économiquement encore pour le Gouvernement allemand, le même résultat. Enfin les chefs militaires allemands, sur l’ordre de leur Gouvernement, ont fait séquestrer de nombreuses valeurs étrangères, des coupons et autres moyens de crédit qui ont servi ensuite à régler les importations de produits étrangers.

Ïl serait impossible d'évaluer les bénéfices que l Allemagne a retirés de ces diverses opérations, si le Rapport du ITe Comité n’en avait donné un relevé global qui fixe entre 5.700 et 6.000 millions de marks-or le crédit ainsi apporté à la balance des paiements.

L'occupation de la rive gauche du Rhin, puis de la Rubr, a apporté aussi à l'Allemagne quelques ressources en monnaies étrangères, en raison des dépenses des armées étrangères dans ces régions. D’après les chiffres fournis par la Commission des Réparations et par le ministre des finances français, le montant des devises ainsi récupérées par l’Allemagne se serait élevé à 280 millions de marks-or jusqu’au 1€T janvier 1921, 33 millions en 1921, 34 millions en 1922 et 48 millions en 1923, enfin 13 millions en 1924.

Les bénéfices que l'Allemagne a retirés de la baisse

du mark sont encore bien plus considérables. En effet l'Allemagne a vendu des quantités très importantes de marks-papier à des étrangers qui escomptaient le relèvement de la monnaie allemande. La majeure partie de ces marks a été fournie sous forme de comptes ouverts dans les principales banques allemandes; le reste a consisté en billets de la Reichsbank exportés à l’étranger.La chute du mark depuis 1919 jusqu’à une valeur infime a provoqué une perte sensible pour tous les détenteurs étrangers de marks. Comme la spéculation sur le mark a été très vive dans tous les pays, et particulièrement en Angleterre, aux Etats-Unis, en Hollande et dans tous les pays scandinaves, cette dépréciation des avoirs étrangers en Allemagne est très importante. Malgré les difficultés de l’évaluation, le II Comité des Experts a déterminé les gains qui étaient résultés pour l’Allemagne de cette spéculation. Son rapport indique d’ailleurs la méthode qu’il a employée pour obtenir ce résultat : ïi a d’abord invité les directeurs des principales banques allemandes à fournir des indications sur la valeur des marks détenus par des étrangers en comptes-courants, à diverses époques. En tenant compte des cours du mark à chacune de ces époques, on à pu mesurer la perte totale subie. A titre de vérification, on a relevé Les comptes de quelques étrangers qui s’étaient particulièrement engagés à la hausse du mark et on a converti ces marks en valeur-or au jour même des diverses transactions. Les résultats ont été équivalents à ceux obtenus par l’application de méthodes massives générales. Sans pouvoir indiquer des Chiffres annuels, le Comité

est arrivé à cette conclusion que les gains de l’Allemagne avaient atteint 7 ou 8 milliards de marks-or et que la vente des billets de banque n’avait pas rapporté moins de 7 à 800 millions de marks-or.

Mouvements des capitaux. — Ainsi l’occupation des pays envahis pendant la guerre et la chute du mark ont été pour l'Allemagne l’origine de créances importantes. Celles-ci ont été néanmoins insuffisantes pour combler le déficit de la balance des comptes et il a donc été nécessaire que des mouvements de capitaux viennent rétablir l'équilibre.

Nous avons déjà dit, à propos de la balance commerciale, que Allemagne avait dû consentir des avances à ses alliés : celles-ci se sont élevées à environ 4 milliards de marks-or, en raison de la mauvaise situation financière de l’Autriche, de la Bulgarie et de la Turquie, et il est certain que le remboursement de ces avances ne sera jamais fait à l’'AHemagne.

Le déficit de la balance des comptes de l'Allemagne a encore été accru par l'achat de monnaies étrangères qui ont été substituées au mark comme étalon des valeurs, pendant la fin de la période de dépréciation. Le De ed du ITe Comité évalue ces achats à 1.200 millions de marks-or. C’est la liquidation des capitaux allemands à l'étranger qui a permis de faire face à tous ces chapitres débiteurs.

Nous laisserons de côté pour l’instant la dépréciation des avoirs allemands à l’étranger du fait de la guerre et les mesures de séquestre et de liquidation dont ces avoirs ont été l’objet : ces modifications n’ont point en effet

affecté l’équilibre de la balance des paiements, puisqu’elles n’ont donné lieu à aucune contre-partie.

Au contraire, il nous faut connaître les transactions qui ont affecté les valeurs mobilières ou immobilières étrangères possédées par les Allemands et inversement celles qui ont porté sur des valeurs mobilières oui mmobilières allemandes acquises par des étrangers. lei encore, je rapport du ITe Comité des Experts fournit avec la plus grande précision les chiffres. indispensables dont nous nous contentons de présenter un résumé.

Le portefeuille des valeurs mobilières étrangères de l'Allemagne évalué à 20 milliards de marks or en 1914 a été réduit successivement par des exportations libres qui se sont élevées à 2 milliards de marks-or de 41914 à 1916, 1 milliard de 1916 à 1919 et 1 milliard encore de 1919 à 1923 ; les transactions effectuées par l’intermédiaire du Gouvernement allemand ont porté sur 132 millions de marks-or de 1916 à 1919 et 647 millions de 1919 à 1923.

Quant aux participations industrielles (5 milliards en 1914) et aux devises étrangères à court terme détenues par les Allemands (3.400 millions en 1914), il est probable, de l'avis du Comité, qu’elles ont subi une réduction analogue. Comme les valeurs appréciées devaient former les 2/5 environ de ces valeurs, soit 3.200 millions de marks-or, il est vraisemblable que la réduction résultant des ventes a été de 8 à 900 millions de marks-or (1).

4. Voir pour tous ces chapitres l’article de M. Von Glasenapp dans le Manchester Guardian et le livre de MM. Moulton et

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Malgré la difficulté que rencontraient les Sociétés ou entreprises allemandes dans le placement de leurs titres à l'étranger, le I1e Comité des Experts estime que pendant la période de guerre, l’étranger a acheté environ 4 milliard de marks-or de valeurs allemandes, et que de 1919 à 1923, ia vente de valeurs mobilières allemandes et de propriétés immobilières n’a pas fourni à l’Allemagne moins de 1.500 millions de marks-or.

Tels sont les principaux mouvements de capitaux . qu’il nous est possible d'évaluer. Il faudrait y ajouter les paiements que l’Allemagne a effectués en 1924, en application du plan Dawes, entre les mains de la Commission des Réparations, paiements qui se sont élevés à 330 millions de marks-or.

Enfin il est indispensable de constater que nous n'avons pu fournir aucune évaluation des capitaux étrangers qui sont venus très nombreux en Allemagne après le rétablissement d’une monnaie stable, en 1923 et en 1924,principalement sous forme de prêts consentis par les banques étrangères aux entreprises allemandes.

Mac Guire. Les chiffres qui y sont indiqués sont beaucoup plus élevés, mais l’évaluation du Comité des Experts nous à dispensé de les étudier particulièrement.

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