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III. —— SYNTHÈSE DE LA BALANCE DES COMPTES

De 1914 à 1918, la balance des comptes de l’Aflemagne présente‘un solde débiteur de 2.500 millions de marks-or En effet la liquidation des capitaux allemands (environ 4.700 millions) ne suffit pas à combler le déficit qui résulte de l’excédent d’importations et des avances aux alliés, déficit pourtant atténué par les revenus des capitaux allemands à l’étranger (2.000 miliions de marks-or) et surtout par les gains de l’Aliemagne dans les pays occupés (6 milliards de marks-or).

Ce déficit a sans doute été comblé par les crédits à court terme que l'étranger a accordés à l’Allemagne

sous deux formes différentes : comptes-courants eu marks ouverts dans les banques allemandes aux créanciers étrangers, inscription des dettes des commerçants allemands dans les livres des commerçants ou des banques étrangères. |

De 1919 à 1923, les mouvements des créances et des dettes internationales de l'Allemagne ont été beaucoup plus complexes. D’une manière générale, on peut dire que c’est la baisse du mark qui a permis à l’Allemagne de régler le déficit de sa balance commerciale et les dettes à court terme qu’elle avait dû contracter de 1914 à 1918.

En effet le déficit de la balance commerciale a atteint environ 7.500 millions de marks-or de 1919 à 1923. Les divers chapitres invisibles, en dehors du mouvement des capitaux, présentent un solde créditeur de 3.225 millions de marks-or. Enfin les mouvements de capitaux ont été l’origine de crédits pour une valeur nette de 2.167 millions de marks-or. Ainsi la balance des comptes presente encore un solde débiteur de 2.108 millions auquel il faut ajouter le déficit de 1914 à 1918, c’est-àdire 2.500 millions. Le total débiteur serait donc resté de 4.600 millions, sans les bénéfices que la chute du mark a procurés à l’Allemagne. Ces bénéfices, qui ont été de 8.200 millions environ, ont largement dépassé le montant des dettes de l'Allemagne, de 3.600 millions environ. C’est qu’en effet, surtout à partir de 1921, on a pu constater en Allemagne une exportation des capitaux qui a pris rapidement des proportions énormes et qui a contribué, plus que toute autre cause, à la chute rapide

de la monnaie. Entre 1921 et 1923, le transfert de capitaux allemands à l'étranger doit avoir à peu près compensé le déséquilibre de la balance des comptes, c’est-àdire qu’il a dû atteindre un montant d'environ 3.600 millions de marks-or.

Nous avons insisté assez longuement sur le phénomène de l’exportation des cäpitaux en France pour pouvoir nous dispenser de plus longs dévéloppements ici. Notons seulement que l’exportation de capitaux allemands ét l'importation de capitaux étrangers, pendant la période de dépréciation du mark, a eu pour effet de faire supporter par les capitalistes étrangers la majeure partie du déficit de la balänce commerciale de l’Allemagne : aussi peut-on dire que lAllemagne a reconstitué son industrie, son outillage, avec les capitaux étrangers qu’elle a reçus, mais non restitués, tandis qu’elle mettait en sûreté à l’étranger ses propres capitaux.

Il est curieux de constater que cet abus manifeste qu’elle a fait de son crédit n’a pas découragé les prêteurs étrangers, puisque les capitaux étrangers sont venus en Allemagne en 1924 et en 1925 plus abondamment encore que par le passé.L’expérience montre donc que la faillite monétaire d’un Etat ne ruine que le crédit de l'Etat et non celui des entreprises particulières.

En 1924 en effet, la balance des comptes de l’Allemagne est fortement déficitaire. En face d’un excédent d’importations de marchandises et de métaux précieux qui dépasse 3 milliards de marks-or, les chapitres invisibles ne forment qu’un total de crédits de 643 millions de marks-or. Le déficit net est donc d'environ 2 milliards

400 millions de marks-or. Sans doute le retour des capitaux allemands exportés a dû compenser une partie de ce déficit, mais il est certain que l'importation de capitaux étrangers en a été la contre-partie essentielle. Il nous est malheureusement impossibl: d’évaluer avec quelque précision les prêts consentis à l’Allemagne par les banques étrangères, bien que des chiffres partiels aient été publiés à cet égard; mais on comprend aisément que les capitaux allemands placés dans les banques et les entreprises étrangères, particulièrement en Hollande, en Angleterre et aux Etats-Unis, ont facilité l’octroi de ces prêts.

Après une période aussi troublée, l'Allemagne paraît entrée depuis 1925 dans une ère plus calme, au milieu de conditions plus normaies : son budget est en équilibre, sa monnaie est stable et sa liberté commerciale est retrouvée; enfin le règlement de sa dette de réparations est maintenant déterminé. Nous pouvons donc envisager dans les conditions actuelles la balance des comptes de l'Allemagne dans l’avenir, après avoir établi la situation nouvelle de ses créances et de ses dettes internationales.

IV. — SITUATION ACTUELLE DES CRÉANCES ET DES DETTES INTERNATIONALES DE L’ALLEMAGNE

Nous avons déjà vu que la liquidation de son portefeuille de valeurs mobilières étrangères avait rapporté à lAllemagne 5.567 millions de marks-or de 1914 à 1923, mais ces ventes ont réduit le portefeuille de l’Allemagne de 7.500 millions environ, en raison de ia baisse

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