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CHAPITRE IV

$ r. Nécessité et utilité du crédit agricole. — $ 2. Le crédit agricole n’est utile à l’agriculteur que si celui-ci possède une bonne instruction professionnelle.

$ 1. — Nécessité et utilité du crédit agricole.

Nous croyons avoir démontré que le crédit de l’agriculture n’a pas toute l'extension que justifieraient les immenses valeurs qu'elle possède. Ce serait, néanmoins, faire un marché de dupe que de confier des capitaux à l’industrie agricole, s’il était vrai que la productivité de l’agriculture ne fût pas suffisante pour offrir sur le marché des capitaux une rémunération au moins égale au taux courant de l'intérêt. Dans ce cas, l’organisation du crédit agricole n'aurait aucune chance d’aboutir, serait sans efficacité, sans utilité et deviendrait plutôt nuisible aux cultivateurs qu'elle a la prétention de secourir. Nous allons voir que ces craintes ne sont nullement justifiées et que la nécessité, l'utilité de

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l’organisation du crédit agricole se trouve amplement démontrée par les progrès incessants de l’agriculture.

Et d’abord, personne ne conteste la nécessité d'un crédit agricole. Elle est proclamée depuis longtemps, et les plaintes incessantes adressées actuellement par les agriculteurs aux pouvoirs publics en rendent la solution urgente.

En outre, les progrès continus de l’industrie agricole méritent une sanction et un encouragement. Ces progrès peuvent être constatés dans la marche ascendante du produit brut de l’industrie agricole.

De l’étude faite par Lavoisier, en 1790, pour établir l’assiette de l'impôt foncier, il ressortait que le produit brut de l’agriculture s'élevait alors à environ 2 milliards.

Une nouvelle évaluation faite en 1806-1808, sur les ordres de Chaptal, permit de constater un progrès énorme dans les résultats du produit brut qui montait alors à 3 milliards. A partir de 1815, notamment à partir de 1830, l’agriculture entre dans une phase nouvelle : les débouchés s’accroissent avec l'augmentation des voies de communication.

La création des canaux et des chemins de fer donne un large essor au commerce et à l’industrie, et l’agriculture, de son côté, suit un mouvement ascendant, car en 1850 le produit brut atteint 5 milliards.

Enfin, depuis 1850, le développement énorme

des voies de communication vient eucore ouvrir de nouveaux débouchés à l’agriculture, car tel est le débit, telle est la reproduction.

Une cause prédominante à surtout contribué aux progrès continus de l’agriculture : ce sont les découvertes scientifiques qui ont permis de rendre à la terre ses forces épuisées et qui ont doublé, triplé et parfois quintuplé son rendement. Aussi le produit brut de l’agriculture double-t-il dans l’espace de trente ans, pour atteindre en 1880, la somme de 10 milliards. Les divers éléments du produit brut actuel peuvent se décomposer ainsi (1) :

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