AVANT-PROPOS
Je me proposais depuis quelque temps de refondre divers travaux sur la Banque d'Aiis^deterre, alin de retracer l'histoire et de décrire le mécanisme de cette g'rande institution financière. Quelque désir que j'aurais eu de donner à ma pensée une expression moins imparfaite, je me détermine à publier ces écrits dans leur forme première, sans modification aucune. Un de mes confrères de l'Académie des sciences morales et politiques a dirigé contre les fra,sj;ments mis au jour une attaque violente, de tout point injuste. Afin que chacun puisse prononcer, je reproduis ces travaux, si sévèrement appréciés, eu les faisant suivre des cri-
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tiques ardentes qu'ils ont provoquées. J'y réunis les documents indiqués par M. Michel Chevalier dans sa dernière lettre, alors qu'il avait été déjà prévenu de mon intention ; je les fais suivre des réponses adressées à V Avenir commercial, dont les arguments présentent un grand air de parenté avec ceux dont s'est servi M. Michel Chevalier, et de la correspondance échang-ée sur le même sujet avec mon honorable ami, M. Jules Duval, directeur de V Économiste français. Peut-être l'étude consacrée à la Banque d'Angleterre ne perdra-t-elle rien à se produire sous cette forme. Au lieu d'un ouvrage purement didactique, ce volume présente un exposé plus animé des principes, saisis dans leur application vivante. Aucun point essentiel ne se trouve omis, et les explications provoquées par la polémique ne laissent de côté rien de ce qu'il est utile de connaître pour apprécier le système de la Banque d'Angleterre, VAct de 1844 et la situation présente de la question des banques et du crédit au delà du détroit.
Les rapports entre la doctrine adoptée par nos
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voisins et les débats soulevés chez nous au sujet de la Banque de France, sont étudiés dans un chapitre distinct. Enlin j'ai examiné l'institution si féconde et i^énéralement si mal comprise des Banques d'Ecosse. J'espère que les documents, entièrement inédits, sui' lesquels je m'appuie, rectifieront certaines idées trop facilement acceptées en cette matière, et que l'on cessera d'attribuer au mécanisme admirable des banques d'Ecosse une signification erronée. Loin de fournir 'un argument à ceux qui prétendent trouver dans rémission libre la panacée du crédit , les banques d'Ecosse, sérieusement étudiées, montrent combien est fragile et restreinte l'action de cet instrument, en comparaison de la force qui découle de l'agglomération et de la distribution du capital.
Afin de contrôler mes appréciations, je n'ai pas voulu me contenter des travaux d'Adam Smith, de Macculloch, deGilbart, de Wilson, de James Stirling, de Macleod et des nombreux documents parlementaires; j'ai écrit au directeur d'une des plus anciennes et principales banques d'Edimbourg, en le priant de
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in'eiivoyer un bon ouvrage spécial sur la matière. Voici un passage de la réponse que m'a faite ce financier habile qui est en même temps un économiste distingué :
« Il n'existe aucun bon ouvrage sur les banques d'Ecosse, je le dis à regret ^ »
Les hommes d'affaires d'Angleterre et d'Ecosse agissent beaucoup, parlent peu et écrivent encore moins. Cela explique la lacune signalée et les renseignements imparfaits propagés au sujet des banques d'Ecosse. Si ce livre peut combler en partie une lacune aussi regrettable, les recherches qu'il m'a imposées rencontreront une suffisante récompense.
Je termine en ce moment un volume sur le change et la circulation : il ne tardera point à paraître. H sera le complément naturel du présent ouvrage.
L'influence dominante du change sur la question de l'unité ou de la multiplicité de l'émission, et l'examen des problèmes relatifs à la nature du billet de banque et à la circulation monétaire, formeront la ma-
' « There is no good \\oik on Scotch Banks. 1 ani sorrv to ^av. »