‹ La Banque d'Angleterre et les Banques d'ÉcosseChapitre 39 sur 75 · RÉPONSE \ M. L. WOLOWSKI · texte numérisé non relu

RÉPONSE \ M. L. WOLOWSKI

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SUR LA QUESTION DES BANQUES

Mon cher et honoré confrère,

Je ne veux pas éterniser la polémique qui s’est engagée entre nous au siqet dus banques d’émission ; je ue juiis

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pourtant pas laisser le début au point où vous l’avez mis par la lettre que vous m’avez adressée dans le Journal des Economistes du 15 niai's. (V. plus haut, p. 250.)

A'ous avez, dites-vous, une prétention, celle-là, vous t affichez hautement, c’est d'exprimer vos idées avec quelque clarté'. Votre clarté, mon cher confrère, ressemble beaucoup à ce que les peintres appellent le clair-obscur. Ce que vous venez d’écrire dans le Journal des Economistes, au lieu d’éclaircir le débat, tend à faire perdre de vue le but de la discussion et obscurcit la question à résoudre.

De quoi s’agit-il en effet? de déterminer le système le plus propre à mettre la France au même niveau que les autres grands peuples commerçants pour l'organisation des institutions de crédit et spécialement des banques d’émission. Alors quel’Écosse, avec 3,200,000 habitants, compte GOO banques mères ou succursales, la France, pour 38 millions, n’en a que 60, dix fois moins pour une population douze fois plus forte. Il y a évidemment là une lacune à combler, lacune qui, du reste, se présente chez beaucoup d’autres peuples. Or, par quel moyen faire franchir à la France, et aux autres pays qui de même qu’elle sont en arrière , l’énorme distance qui les sépare de l’Écossc, de l’Angleterre et d’autres contrées? Sera-ce par le monopole ou profit d’une banque unique d’émission , ou par la liberté des banques employée à dose plus ou moins forte ? C’est dans cette alternative qu’on est placé, entre ces deux solutions générales qu’il faut choisir. La question qui se débat entre nous est de savoir laquelle on adoptera. Sans doute, si l’on repousse le système du monopole, il restera à voir jusqu’à quel

* Uc sont les termes mêmes que s’applique M. Wolowski.

SUH LA QUESTION DES BANQUES

point il convient de pousser la liberté, si l’on se contentera de l’avoir très-restreiutc, ou si l’on s’engagera avec confiance dans les voies libérales, de manière à se porter d’emblée fort en avant ; mais c’est un débat qui ne so présente que sur le second plan. Le premier point à débattre est celui de savoir si dans chacun des grands États en général, et particulièrement en France, il est bon d’avoir ou non le monopole d’une banque unique. Tel est le vrai sujet de la polémique à laquelle nous prenons part, vous et moi, avec un grand nombre d'autres économistes.

Vous tenez, vous, mou cher et honoré confrère, pour le monopole de la banque unique. Vous savez trop bien l’économie politique pour ne pas sentir le vice et le désavantage de cette situation, car, dans le monde des économistes, le monopole est fort peu en faveur. Pour vous en retirer, vous appelez à votre aide cette clarté que vous affichez hautement la prétention de posséder, et vous vous en servez de telle manière qu’après vous avoir lu on croirait que nous débattons tout autre chose que ce qui est réellement en discussion. Suivant votre article du 15 mars, dans le Journal des Economistes, « la question fondamentale » serait « celle de la liberté absolue ' du billet de banque. » Ainsi , avec l’intention fort louable, dont je ne doute pas, d’apporter de la clarté dans la discussion, vous substituez au sujet qui s’agite un autre sujet fort différent. Vous vous créez un adversaire de fantaisie, sorte de mannequin que vous frappez d’estoc et de taille avec une vigueur sans pareille. Ce serait une écolo d’économistes passionnés pour la liberté absolue et illimitée des banques

' Journal de$ Économiitei du 15 mars, p. 391. Les nibls qui sont soulignés ici le sont par M. Wolowski. (V. plus haut, p. 256.)

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