‹ La Banque d'Angleterre et les Banques d'ÉcosseChapitre 58 sur 75 · I.ES banques D’KCOSSF · texte numérisé non relu

I.ES banques D’KCOSSF

pntre la réserve métallique et les billets en circulation ne s'élevait donc pas à 48 millions do francs ; au 30 mars 1 867 cet écart n'était plus que de 39 millions de francs. A ces chiffres se borne le résultat réel obtenu par la faculté fiduciaire de créer des billets faisant office de monnaie. On voit combien la marge est étroite ; il importe de faire remarquer que c'est la force des choses, et non pas l'influence de Y Act de 1846, qui la restreint ainsi. La circulation autorisée est supérieure de 20 à 30 millions de francs la différence entre la réserve métallique et la différence effective. On n'éprouve jtoint en Écosse cette soif extrême de billets de banque dont on gratifie gratuitement celte contrée. Le crédit, qui s'y est développé sur une large échelle, puise à une autre source : il s'appuie sur la base large et solide des dépôts, non sur la base étroite et précaire des billets.

On s'imaginerait également à tort que Y Act de 1846 soit peu populaire, ou que Y Act de 1844, qui régit la Banque d’Angleterre, subisse une condamnation sévère en Écosse. Il ne faut pas s'attachcT à l'expression intermittente des vœux de la chambre de commerce de Glasgow. De tout temps il y a eu divergence d’opinion à cet égard entre cette ville, plus entreprenante, plus audacieuse, et la vieille cité d'Édimbourg, dans laquelle se conservent mieux les saines traditions.

On a pu remarquer, dans le tableau 495), que la circulation fiduciaire de l'Écosse se divise en billets de 6 livres (126 francs) et au-dessus, et en billets au-dessous de 6 livres. D’anciennes habitudes ont fait conserver celte dérogation à la règle enseignée par Adam Smith : celui-ci voulait que le billet de banque ne fût appelé à circuler qu’entre les commerçants, et non entre les commerçants et les consommateurs ; il attachait une grande

ET L’AGRICÜLTÜRE.

importance à ne pas chasser du pays une trop forte somme de métaux précieux, et à ne pas multiplier l’émission.

a II serait peut-être mieux, dit-il, que dans aucun endroit du royaume on ne laissât mettre en émission aucun billet de banque au-dessous de î» livres sterling (12ü fr.). »

C’est ce qui a. lieu aujourd’hui dans l’Angleterre proprement dite. La Banque d’Angleterre n’a fonctionné d’abord qu’avec dos billets de 20 livres au moins (500 fr.); elle a émis pour la première fois des billets de 10 livres (250 fr.) en 1759 ; ceux de 5 livres (125 fr.) datent de 1793, et les billets de 1 ou 2 livres (25 et .50 fr.) de mars 1797. — Les billets au-dessous de 5 livres furent retirés do la circulation après la reprise des payements en espèces : il ne restait plus, en décembre 1835, que 282,000 livres en billets de 1 livre, dont la plupart ont été perdus ou détruits.

L’avantage que trouvait Adam Smith à ne pas admettre de coupure inférieure à 5 livres (125 fr.) consiste en ce qu’il se conserve ainsi dans le pays une certaine abondance d’or et d’argent. On soutient à tort que la richesse publique éprouve un grave préjudice si le numéraire métallique condamne une partie du capital à un rôle prétendu improductif. C’est là une grave erreur, énergiquement relevée par Mac-Cullocb : « Il est évident, dit-il, que l’or et l’argent employés comme monnaie sont trèsproductifs, puisqu’ils facilitent les échanges et permettent à la division du travail d’être infiniment plus développée. » Nous croyons devoir ajouter que le rôle de mesure de ta valeur, que remplit le métal précieux, domine dans tous les rapports sociaux. La monnaie y rem. plit un grand rôle , comme véhicule des échanges et comme ramenant tous les produits, fractions de la richesse générale , au même dénominateur, le prix. Elle

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