I.ES liANQEES D’ECOSSE
En dehors de la hamjue d’Ecosse, de la banque royale d’Ecosse et de la British Linen Company qui, munies d’une charte d'incorporation, sont placées sous un régime analogue à celui de nos sociétés anonymes , les autres banques d’Ecosse obéissent à la règle sévère de la solidarité absolue et de la responsabilité indéfinie des actionnaires. 11 faut quelles déposent, d(i 1" au 15 janvier de chaque année, la liste nominative de leurs associés. Eellc-ci est publiée le 1" mars suivant dans les journaux de chaque siège principal et des succursales. Les associés sont tous responsables sur leur fortune entière, et de tristes exemples, comme ceux de la banque ü Ayr et de la Western Bank, ont montré qu'il s’agissait là d’une responsabilité ell'cctive et non pas nominale !
h’émission des billets obtient, dans la solidarité des associés, une garantie considérable, tant sous le rapport de la gestion des all'aires que pour la limitation des engagements souscrits sous la forme de bank-notes, payables au porteur et à vue. La solidarité de l’engagement constitue, un trait essentiel des banques d’Ecosse, elle a singulièrement maintenu leur action régulière. Les petits capitalistes, repoussés comme sociétaires, ou inquiets d’une responsabilité menaçante, sont venus accroître le nombre des déposants, en augmentant le capital disponible des banques. Ils ont profité des facilités des deposit acçoimts et des deposit receipts, qui leur procurent un intérêt modeste, mais assuré, et qui conservent la disponibilité des fonds. Ces réserves, fruit du travail, sont employées par les banques aux crédits, ouverts avec la garantie de deux répondants solvables, sous forme de comptes do caisse {cash accounts), crédits si profitables au fermier, à l’artisan, au marchand, si commodes à
ET L’AGRICÜLTÜRE.
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mettre en œuvre, car ils admettent les remboursements fractionnés, en tenant compte de l’intérêt. — Les banques apportent une grande attention au versement d’à-comptes réguliers et fréquents : comme elles remplissent l’office de caissier pour tous les clients, elles peuvent les siir~ veiller de près, restnûndre ou retirer au besoin les crédits ouverts. Les répondants, d’ordinaire propriétaires fonciers, ont un droit d’inspection sur la situation des comptes do ceux qu’ils ont garantis. Ils ont la faculté do faire fermer ces comptes, en retirant leur caution. Ajoutez que la publicité des charges hypothécaires et la promptitude de l’expropriation augmentent singiilièremeut la sécurité des banques d'Ecosse ; celles-ci se font souvent délivrer des procurations à fin de vendre l’immeuble, faute de raccomplissement régulier des engagements.
La garantie sur laquelle repose la sécurité des banques est donc très-forte. Cependant elles se trouvent en outre soumises à des conditions sévères qui empêchent toute exubérance dans l’émission des billets. Elles ont su, sans attendre l’intervention de la loi, se plier à des règles fidèlement appliquées, qui n’ont cependant pas suffi pour écarter tout danger.
C’est ainsi que deux fois par semaine les banques d’Écossc échangent entre elles les billets qu’elles ont reçus, et acquittent le solde en bons de l’Échiquier, ou en traites sur la Banque d'Angleterre. De cette façon, la moyenne de la circulation des bank-notes écossaises se trouve réduite à une durée de peu de jours.
Leur remboursement en espèces est protégé par un encaisse métallique qui dépasse d’ordinaire la moitié de l’émission fiduciaire. Celle-ci ne constitue d’ailleurs, déduction faite de l’or et de l’argent conservés, qu’une faible fraction, moins du quart, du capital réuni.
I,ES BANQUES D’ÉCOSSE